4/07/2012

LA PAQUE de PARSIFAL Joséphin PELADAN

 I
Depuis  le  jour béni   où Parsifal rapporta la. sainte lance,   la chevalerie  du Graal  prospérait.
La  protection céleste favorisait  les  entreprises,  même loin­taines  et hasardeuses   :   on ne  comptait  plus  par chevauchées mais par prouesses   (I).
Le  vieux Gurnemanz,   en mourant,   avait  emporté   jusqu'au sou­venir des  tristes   jours  où les  gardiens de l'insigne relique,  mor­nes  et  découragés,  vécurent  en anachorètes,   chacun  se nourrissant d'herbes  et  de  racines   qu'il  trouvait. On ne  prononça plus  le nom du terrible adversaire  qui,   dressant burg contre burg,  avait  por­té de  si   grands coups  à la milice  sacrée,
Des  chevaliers,   traversant la campagne vers  la zone des païens,   avaient vu,   de loin,   les  remparts  du château magique dé­mantelé t  Il leur était défendu d'approcher de ce  roc maudit où tant de leurs  prédécesseurs tombèrent aux maléfices des filles-fleurs .
(I)     On  sait  au moins  par le chef-d'oeuvre de Wagner, que Parsi­fal incarne le  plus haut idéal  du chevalier chrétien.  Si  l'oeuvre de Chrestien de  Troyes  avait  été  vulgarisée comme  celle de Théroulde, " Perceval le Gallois" l'emporterait  sur Roland dans notre imagination nationale :  car "  le  pur ingénu initié  par la charité  " est un  saint  en même temps  qu'un héros  et  l'or du nimbe sur  sa tête  se mêle à l'éclat du heaume.
Le  saint Graal  est  le calice  de la Sainte Cène, où Joseph d'Arimathie  recueillit  le  précieux  sang des   plaies  du Sauveur. Un ordre de  chevaliers moines  fut  fondé   pour garder et adorer l'insigne relique. Klingsor   homme impur tenta, à la façon d'Origène,   de  se  rendre digne d'entrer dans  la sainte milice ;  repous­sé  il  se voua au diable,   construisit un burg non loin de Montsalvat,   tendit des  embûches aux  chevaliers, et grâce aux filles-fleurs  en séduisit beaucoup.  Le  grand Maître du Graal, Amfortas, s'arma de la sainte lance  et attaqua Klingsor,  il  tomba aux bras de Kundry,  (type  de  l1éternel féminin aux multiples métamorphoses)   qui  fait le bien ou le mal  suivant  qu'elle subit l'ascendant du graal ou celui de Klingsor,
Seul, le  pur, qui  résisterait  à la séduction de Kundry et des filles-fleurs,   pouvait  reconquérir la sainte lance,   guérir la plaie d'Amfortas  et ramener la bénédiction céleste  sur Montsalvat.  Parsifal,  quoique chevalier et valeureux,  ne frappe  pas, comme un Roland, il  sauve, il  purifie  par le prodigieux effet de  sa pureté et  de sa charité ; il n'y a rien de  contraire à  sa figure toute  évangélique  à lui  attribuer le voeu de sauver même Klingsor.


Klingsor avait-il  rendu son âne  perverse à son maître Satan ou était-il  passé,   en païennie,  honteux de  sa défaite ?

Plus  rien n'attesta l'exigence du mage noir  pendant les  cin­quante années  glorieuses du nouveau règne.

Le  fils  d'Herzeleide,   au bout  de  ce temps, ressemblait à Titurel :  quoique  fort  et  actif,  sa longue barbe blanche  en fai­sait  un vieillard.  Une- inexplicable mélancolie marquait  son front; On le voyait  souvent  se  promener  seul, avec  des   gestes  découra­gés .

"Celui   qui  vit dans   la grâce  du Seigneur  peut-il  être triste  ?"   se  disaient  entre  eux:  les  chevaliers.

Un vendredi   saint,; le  cinquantième de son  pontificat,  Parsifal  sortit  du burg,   dès  l'aube.

A  cet  anniversaire de   sa vocation,  il allait à l'aventure, parlant  d'une  voix  douce aux  fleurs, aux  arbres  ;  et revenait  le visage  recueilli et  souriant, comme  si  la nature avait répondu à ses  paroles  d'amour.

Cette  fois,  il  s'attarda  jusqu'au crépuscule  et lorsqu'il rentra,  sa haute  taille redressée  exprimait la résolution.  Il  fit seller son  cheval.

-       " Où vas-tu,  maître?  " demanda l'écuyer.

-       " là ..où, seul  je dois aller  ".

-       "  Permets   que   quelques-uns  t'accompagnent  pour te faire hon­neur  et compagnie,   sinon  secours. "

Il  refusa d'un mouvement  des  paupières,   s'éleva en  selle avec une  vigueur  surprenante et  partit à franc  étrier,   du coté de la païennie.

Toute  la nuit il  chevaucha.

l'aurore lui montra burg maudit  perché  sur le roc, comme une  aire.   Son  cheval  harassé  monta au pas  la rampe  caillouteu­se-, A mesure  qu'il  approchait,   le  château magique  révélait  sa ruine,   l'herbe verdissait  le  créneau abandonné.

Le  pont-levis  était abaissé,  Parsifal  entra dans  la cour aux dalles brisées   :  il  chercha les  vestiges  du  jardin enchan­té  où les  filles-fleurs l'avaient  entraîné  dans  leur ronde.

A la place du bosquet où lui apparut Kundry l'inconscien­te, un énorme buisson projetait ses branches épineuses. Quel­ques serviteurs accourus contemplaient peureusement ce cheva­lier au manteau rouge qui semblait un roi. A un signe de l'in­connu, ils vinrent lui tenir l'étrier: d'un pas ferme, le grand maître du Graal se dirigea vers la .tour des Maléfices ; il  en monta les marches  et  poussa du pied, la lourde  porte.

Un grognement l'accueillit, un cri de bête  jaillit de l'om­bre  et,  stridente,  une voix cria   :

-   " Satan,  immonde fascinateur,   stupide  ennemi,   tu viens m'exaspérer sous des  traits  exécrés. Imposteur, impuissant, qui. n'a pas tenu tes promesses, tu réappa­rais sous la forme de Parsifal, pour m'irriter. Vraiment on t'ap­pelle le Malin,  tien à tort. Je croirais plutôt à la visite de la Vierge qu'à la présence de l'élu du Graal.,. Infernal comédien, reprends ton vrai visage.. n'usurpe pas plus longtemps la ressem­blance du héros qui t'a vaincu, avec moi, plus que moi !"

Parsifal commença à distinguer dans la pénombre, au milieu d'un amoncellement de manuscrits et d'instruments bizarres, une forme humaine lourde et lente  et qui s'agitait, comme un mons­trueux crapaud s'efforce à  sauter.

II passa le seuil : ses éperons l'argent rendirent un son clair. La voix d'eunuque glapit :

-   " Satan, tu m'exaspères !  Prends garde, je possède un fouet magique et qui te fera hurler..... Quand je brandis la sainte lance contre le pur fol, la lanière de cuir se détacha de la hampe et resta dans ma main,.. La voici et je te forcerai 0 reprendre ta forme de singe.

Roulant sur ses courtes jambes, il vint frapper Parsifal à l'épaule, sur la colombe éployée brodée en or ; et la broderie étincela au choc.

Il y eu un silence, le sorcier cessa de respirer ;  c'était bien son ennemi et non le diable qui le visitait. Il se précipita vers la porte, en poussa les lourds verrous, malgré leur rouille, et éclata d1un rire strident, d'un rire d'enfer où les crépite­ments do la haine se confondaient avec le sifflement de l'asthme,

Le roi du Graal, très las, s'était assis sur un escabeau. Il promena un regard de pitié et de dégoût sur les vains outils do la magie et le puéril amas d'antiques parchemins, sans souci de Klingsor qui se tenait derrière lui, le poignard levé, calculant peur le bien frapper entre les épaules.

-   " Ecoute ! " dit l'élu, sans se retourner A ce dédain du péril, le sorcier se troubla, hésitant. Une curiosité irrésistible, plus forte que la rage, s'empara de lui. Pour que le roi du Graal vint a lui, il fallait, le prodige d'un intérêt plus grand que la terre, d'un intérêt engageant le ciel et l'enfer.

Coeur ulcéré et capable de tout le mal, Klingsor était un mé­ditatif et un savant : il pesa sa vengeance et le mystère de cette visite ; et il préféra la pénétration de ce mystère. Entre la mort du pur et sa parole, il opta pour celle-là, et jetant son arme, II regagna son fauteuil de cuir. Alors, le successeur d'Amfortas vit son adversaire en face. Il était hideux : sa monstrueuse obésité l'animalisait ; ses petits yeux, noyés dans une mauvaise graisse, brillaient seuls d'un éclat fébrile.

Il cria :

-        " Fol,   toujours  fol,  même  en ta vieillesse,   tu reviens ici ?  Ici où  je  t'attirai   par mes  enchantements  ; ici     je  te livrai  aux filles-fleurs  ; ici    j'ouvris  devant  toi  les  terribles  bras  de Kundry  ;  ici     je levai  sur  toi  l'arme  sacrée...   Tu reviens ici, ô  fol,   comment t'en iras-tu ?   "

-        "Ecoute ! "  répéta le  pur,   pour la seconde  fois. Mais  le magi­cien ne  pouvait  se taire,  il  écumait.

-        " Parsifal, tu commets, à cette heure, le plus lâche des péchés d'orgueil : tu contemples ta pureté dans le miroir de ma. détres­se : tu te repais des ruines de mon château, du désespoir de mon coeur : et tu sors ainsi de- la grâce... tu m'humilies mais tu te souilles.

-   " Ecoute " dit le pur, pour la troisième fois.

"Je suis vieux et je suis las, je touche au terme de ma vie et de ma mission. Il ne me reste qu'une chose à faire, une seule ; et puis- je serai prêt à  m'endormir dans la paix du Sauveur,

-     " Est-ce une confidence que tu vas me faire ? Attends-tu -un avis, ou un secoure de Klingsor, ô Parsifal. Avoue que tu as vou­lu te donner le spectacle de ma misère pour revivre les joies du triomphe.

-     " Tu es l'ombra de ma belle vie, Klingsor : je n'ai jamais" pu t'oublier : chaque année, au jour béni où Jésus répandit son sang pour effacer le péché du monde,  je pense à toi : tu m'obsèdes, comme un remords.                                                          

-     " Un remords ? Tu as un remords, toi le pur ?

-     " Longtemps j'ai éprouvé pour toi l'horreur que Judas dut inspi­rer aux disciples. La lumière du Graal, plus puissante que mon coeur, y a fait entrer la pitié. Je te plains, Klingsor, ou plutôt c'est le Saint Graal, dont je ne suis que le mandataire, qui t'apporte un message de commisération,"

Une respiration plus sifflante sortit dos lèvres du sorcier. Parsifal, continua.

-   " Tu es le plus grand des coupables, mais tu es si malheureux ! Les cinquante années -de paix et de sainte gloire que j'ai, vécues comme roi du Graal, tu les a passées dans les transes de la honte .et de la rage. L'enfer t'attend, au sortir d'une horrible vie : et la pour du feu éternel seule te rattache à la terre. Le suicide aurait terminé tes maux, si tu ne redoutais ceux plus épouvanta­bles de la tombe !

" Car, tu crois, Klingsor; tu as souhaité ardemment le service du Saint Graal, tu voulais devenir un saint et dans ton vertige tu demandas à un acte affreux d'abolir les passions, que tu no pouvais dompter,"

Le nécromant vociféra :

-     ,T Et Titurel me rejeta, malgré mon désir do la sainteté ... Vous autres, les purs, vous êtes implacables... Le  Maître ne s'est pas offert pour les saints : sa mort, il la dédia aux pécheurs. Celui qui efface le péché du monde, l'Agneau, vous en faites le loup dévorant, qui pousse aux peines sans fin les faibles, les éga­rés, les fragiles.

-     "Vous semez le désespoir ... Si une lueur m'avait été laissée, la plus faible, jamais je n'aurais déclaré la guerre à Montsalvat. En m'ôtant l'espoir, vous ne m'avez plus laissé que la folie des vengeances. J'ai cru que Satan me donnerait la victoire ' Et si j'avais conquis le Graal, je l'aurais servi fidèlement. Car j'en sais plus long que vous tous, mes maîtres : moi seul,- entends-tu moi seul, connais le mystère du Graal \

-       n  Pourquoi  l'as-tu combattu ?

-        Que m'importe une lumière qui ne me parvient pas, un salut sont je suis banni ?

.    Doucement Parsifal répondit :

Si tu voulais abattre cette forte muraille, joindrais-tu les mains en une ardente prière ? Tu saisirais un pic et tu frappe­rais. Tu as fait le contraire : le ciel te repoussait ; au lieu de lui tendre avec constance des mains suppliantes, tu lui as déclaré la guerre, tu, as demandé secours au démon.

-       n Je suis vaincu ! Es-tu venu pour  me l'apprendre ?

-       " Je viens payer ma dette  : tu. m'as donné la sainte lance.

-       " Je l'ai lancée sur toi,  comme un javelot mortel  ;  je te l'ai donnée, comme le chasseur donne l'épieu au sanglier.

-         J'oublie l'intention et ne vois que le fait. Je ne pouvais te reprendre l'arme autrement  :  ta colère et non ton zèle me l'of­frit,  comme la blessure d'Amfortas me révéla ma mission,  comme le baiser de Kundry m'apprit le secret de la douleur.  J'ai guéri Amfortas,  j'ai  purifié Kundry...

L'autre ricana.

-       n II ne te reste plus  qu'à sauver Klingsor,

-       ,! Oui ! ;  " dit  simplement le chef des purs.

-       " Fol,.tantôt d'une façon,  tantôt d'une autre,  tu n'as  jamais cessé d'être un fol   :  et aujourd'hui,  enivré d'une idée mystique, tu offres ce  qui n'est pas en ton pouvoir !... Prends garde !  Amfortas  se servit de [la] lance pour sa défense et il expia douloureu­sement cette témérité  ;  tu invoques le Graal,   pour l'épanouisse­ment de ton orgueil... prends  garde."

l'oeil du héros subitement s'adoucit.

-   -  Klingsor,' tu viens d'obéir à un mouvement de la grâce...  tu as cru que  je m'égarais  et tu m'as averti... Le Saint Graal te tiendra compte de ce noble mouvement.

Le goëte essaya de rire.

-       " Allons,  point d'enfantillage   ;  et dis-moi  enfin ce qui  t'amè­ne ?

-       " Ma souffrance   \              .

'-  "  Tu  possèdes  le Graal et  tu souffres ?

-       " Je souffre parce que. le Graal m'impose un difficile devoir et je crains de ne pas l'accomplir.

-       " Klingsor serait-il  élu à guérir Parsifal ?

-       " Oui !  n fit simplement' le chevalier.

-       " Foi;   " murmura le  pervers,

-       " Je te parus fol autrefois  et  je ne l'étais  pas.

n  Tant  que tu luttais contre Dieu,  tu étais un ennemi. Voilà bien longtemps  que désarmé  tu renonces à faire le mal. Satan t'a menti,et tu le méprises.  Tu ne crois  plus  au secours  d'en bas, tu n'espères nulle grâce d'en haut :  ton malheur me pèse.

-       " Eh bien ! Eh bien !  Qui   donc peut  quelque chose  pour Klingsor ?

-        Celui-là seul auquel Klingsor fit du bien   : Parsifal.

-       " Je  fus  la pierre d'achoppement.

-   "Tu fus  le degré  qui m'éleva à la plus haute  fortune  de ce mon­de  :  toi  1'obstacle, toi  1'embûche,  toi   l'adversaire.

-  " L'oeuvre  de  Dieu, Klingsor,   s'opère malgré  l'homme  ; il  suit ses   passions  et  le  Tout-Puissant  les  utilise,  même les   plus  bas­ses,   pour des  desseins  éternels  ; il tire  le  pur  do  l'impur et  ré­tablit   sans  cesse  l'harmonie   que nous   troublons.  Vois,   le   soleil, chaque matin,   dissipe les  ombres  : c'est  l'image de la grâce  sur­montant. nos   erreurs.  Après  le forfait, .comme après  la nuit,   une vertu,  une aurore  se  lève  :  et   je  suis,   ô Klingsor,   l'aurore de ta nuit.  Ma pureté   succéda à ton  péché ; un  lien  secret  unit  le digne  et  l'indigne  d'un même voeu."

Le  Goëte ne  répondit   plus.  Ces idées   eue le  pur tirait  de  son coeur,   il  les  connaissait,   il  aurait   pu  citer  les   pages   qui   les contenaient  :  et  cela 1'étonna que le roi  du Graal les  proférât.

-     " Comment   suis-je  arrivé  à cette vision ?  Je  l'attribue  à la miséricorde divine  qui   projette  quelque miracle  éclatant  où nous serons mêlés,   comme nous  le fûmes  autrefois ; j'ai  reçu de  toi  : il  faut  que   je  te rende, selon l'équité,   par  quelque  échange.  Or, le   salut seul  équivaut  à  la conquête  de  la lance,

-     "  Le Graal  t'envoie,  Parsifal ?

-     " Sans  doute. Tu es le dernier dos hommes  pour qui j'aurais sen­ti de la pitié ."  Tu viens  donc, malgré toi.

-     " Malgré moi,  on effet. J'accomplis un devoir, pour lequel nul autre  ne vaudrait. .Ce   que tu ne recevras pas de moi, ne l'attends de personne.

-     "   Sais-tu que j'ai été  tout à l'heure  si prêt  de te frapper, que  je m'étonne  encore  de ne  pas  l'avoir  fait !

-          Qu'importe!

-      " Je puis encore essayer do te blesser : mes armes sont empoi­sonnées et il suffit que j'entame ta peau, pour que tu meures."

Le héros eut le mouvement d'épaule de celui qui entend des propos oiseux ; et la colombe brodée brilla.

-      " Klingsor ; le temps presse, je ne puis m'attarder à entendre des paroles vaines.

-      " Comment I Tu ne t'indignes pas\   Tu m'apportes le salut, au moins tu le prétends, et je lève un- poignard sur toi...

-      " 'Tu as dit, tout à l'heure, que tu entendais, mieux que moi, le mystère du Graal ? Je suis ici, en son nom; ce serait une im­piété de craindre.

-      " En son nom... on son nom ... As-tu bien la conscience entière de ce que tu dis... En son nom... Que me proposes-tu donc, en son nom ?

-      "'De sauter à cheval et do te trouver demain, pour la Pâque, à Montsalvat,"

Le nigromant frappa, sur la table et des piles de volumes s ' écroulèrent. .Il jura, soudainement furieux, 'bégayant.-

-   , Je comprends, je comprends...  Ah. ! hypocrite  !. Ah ! scélérat !

Tu as rêvé  de donner à tes frères  le spectacle de  ma détresse. Comme ces saints qu'on représente suivis  du monstre qu'ils ont dompté, tu veux paraître, on  tenant Klingsor en laisse ; le vain­cu ornera ton triomphe, roi du Graal... Saint Georges demande au dragon de vouloir bien  figurer dans les cérémonies  ! "

Il suffoquait, pris d'une toux convulsive,

-   " Pauvre âme; ! fit le pur. " Nul no sort sans effort de l'endur­cissement. Je partirai sans t'avoir convaincu ? Quand tu te retrou­veras seul, brise ces instruments du mal comme j 'rai brisé mon arc et mes flèches, à la remontrance de Gurnemanz.

" Tu as aimé le Graal, tes crimes naquirent de ton dépit. Cela éclaire et obscurcit en même temps ta destinée. Damné certes, mille fois damné par le poids effrayant do tes actes, tu as aimé, cependant, tu as désiré Dieu.

Le naître de la -sainte milice tint un moment la tête dans ses mains.

Tu as aimé... et le Graal m'envoie... Pèse,  rapproche ces doux idées... l'amour est la lumière des âmes et la lumière ne se perd pas. Ainsi, je suis envoyé pour raviver la clarté pure qui brilla en ton coeur ; peux-tu te repentir ?

-     " Mon pacte avec le démon m'engage,  

-     " Le démon a-t-il tenu ses promesses ?

          "  Eh ! Eh!  Ne me  livre-t-il pas, aujourd'hui, mon. ennemi ?

-     " Un seul est ton ennemi. Devant  toi, se trouve un débiteur ...

Oui, j'ai conquis la lance, sur toi. Maintenant je. veux  reconqué­rir ton âme, sur lui \

-   " lion âme; Tu la connais peu pour la tant estimer! il n'y a vraiment que toi, Parsifal, pour la mettre à  si haut prix ?

Le héros comprit  qu'il fallait panser la plaie  d'orgueil  trop saignante,

-   " Ecoute encore, Klingsor.

" Lorsque, pour la première fois, j'élevai le Saint -Graal dans mes tremblantes mains, des voix célestes firent entendre ces mots que je pris longtemps pour un salut et dont je comprends aujourd'hui le commandement : " Rédemption au Rédempteur! " Chacun -sera jugé selon les grâces qu'il reçut. Comblé des faveurs d' En Haut, je devrai un compte rigoureux. Toi !. Klingsor, qui m' as donné la lance, je te prie de me donner encore ta pénitence, pour assurer ma gloire.,

-     " Eh ! Eh! Ne  suffit-il pas que tu m'aies vaincu ?

-     " Le Christ t'a vaincu : mais la victoire qu'il agrée, l'âme seu­le la fournit. Désarmé, tu n'as pas reconnu la justice de la défai­te.                                                       .

-     " Ah !. tu ne compatis pas à ma douleur, tu refuses le fleuron que fermerait ma couronne ! "

Le sorcier, adouci malgré lui et rêveur, murmura :

-     " Fol, toujours  fol  !

-     " Que le pur fol sauve le fol pervers ! Avoue le néant do tes oeuvres. L'araignée tisse sa toile, sur ces rayons que tu no visites plus ; la poussière s'épaissit corme un sable d'oubli sur ton arsenal ma­gique.   Tu ne regardes même  plus en bas,

En haut, que verrai-je ? Un juge implacable !

-   " Une victime innocente qui s'est offerte pour Klingsor l'impur !"

Par la fenêtre en ogive, le soleil filtrait à travers les verres de couleur ternis. Parsifal se leva, il parut d'une taille démesurée ;.d'un geste lent il détacha son manteau et le posa sur l'escabeau.

Le hasard des plis découvrit la colombe aux ailes déployées. Les petits yeux brillants du sorcier suivaient les [mouvements] du héros :

-     " ru laisses ton manteau ? » interrogea-t-il,

-     " Pour que tu pénètres à Montsalvat, librement ".

Un amer sourire plissa la. face bouffie du renégat.

-     " Même si ma volonté pliait ; mon vieux corps  malade et difforme ne supporterait pas ce long trajet.

-     " Quand on a devant soi l'enfer éternel, on trouve la force de le fuir : je ne refuserais pas te prendre en croupe parce que tu es impur, mais le Graal veut que tu viennes, de toi môme. Pour te décider, tu as a peine une heure.

Parsifal, je te .le redis : tu oses engager la vertu du Graal dans ton voeu : prends garde ! Tu obéis peut-être à un mouvement généreux.

-   " Penses-tu donc que Jésus ait moins de coeur pour sa créature que moi pour un seul ennemi.

" " Si les bons payent pour les méchants, il n'y a plus de damna­tion ? "

Le héros leva les yeux comme pour demander l'avis du ciel ; i il hésita et dit :

-   " Je payerai".pour toi !

- "  Orgueilleux ! Tu n'as donc pas besoin de tes mérites   pour  toi-même  ?

-       "  Oh!   dit Parsifal humblement, " je suis indigne  de ma fortune : j'aurais du venir plus  tôt.

-       " Eh ! Eh !  Voilà  que  tu ne me parais  plus  disposé  à payer ma ran­çon.

-       "   Tu te  trompes,  Klingsor ;  Ce   que   je  te  donnerai  ne m'appauvri­ra pas.  L'aumône Dieu me  la rendra or  pour cuivre.

-       "  J'accepte  ta visite   qui  a rompu l'ennui  de ma  retraite.  Va donc et  sois  sauf,  Parsifal.

-       "  A demain, Klingsor'.   n  dit  lentement  le  pur,

Le mage noir regarda sortir le héros,  il  se  pencha à une meurtrière  pour l'apercevoir  plus  longtemps. Puis, il alla vers son fauteuil De travail et tressaillit ; la colombe, "brodée sur le manteau du roi, brillait d'une façon ir­réelle .

Il considéra ce morceau d'étoffe qui blasonnait le voeu, le seul voeu de son coeur,.

Qu'avait-il demandé  au ciel et  puis  à l'enfer,   sinon le droit do  porter ce manteau :et il le voyait à  portée do  ses mains.  Il n'osa pas le toucher,   des  convoitises nerveuses  agitai­ent  ses  doigts.  Le revêtir,   c'était  se repentir,   faire amende honorable !

Il s'étonna d'avoir tant changé en si peu de minutes, sans
que Satan ne se manifestât d'aucune sorte, pour affermir sa ré­sistance.  .

Il appela le mauvais maître,  il le  conjura par les  impérieu­ses  formules,   sans effet.  Il  s'aperçut alors   qu'il  tenait  encore dons  sa main le cuir do  la lance  sacrée.

L'impuissance  du démon  s'avouait tello,   qu'il  eut  pitié  do lui-même ;  'affirmation de Parsifal dominait.  Un moment il tour­na dans  la tour,   comme une bête,  marmottant  des mots.,   frappant les objets  avec la lanière.   Tout à coup,   pris  d'une résolution  fougueuse,   il battit le briquet,   alluma une torche  et  sans  hésiter la lança sur l'amas d'objets.  Puis il  s'enveloppa du manteau et  sor­tit  en criant.

-  " Un cheval!  un cheval !

II

Dons le plus saint des moustiers, une anxiété indescriptible agitait les coeurs,

Au son joyeux dos cloches, chevaliers, écuyers et servants avaient pris place dans l'église.

Les  pages  se  tenaient  aux  quatre côtés  de  l'autel, et  les chants  s'élevaient,  selon le rituel ; mais  l'absence du grand Maître  troublait  les  coeurs ?  Quel autre motif retenait le roi de  Graal !  loin de Montsalvat,  au saint  jour de Pâques ?

Lui   seul .pouvait  officier. La sainte milice,   en  ce  jour solennel  serait  privée  du réconfort  sacré.

Soudain Parsifal parut sans manteau, poussiéreux, .et si las qu'à sa démarche on le crut blessé. Péniblement il monta à l'au­tel et,  agenouillé,  il  s'abîma dans une interminable  prière,

L'assistance  attendit, silencieuse  et recueillie, la fin de cette  oraison : les minutes  se  succéderont  sans  que le  grand Maître  se relevât. Une impatience nerveuse  passa comme un  fris­son et une nouvelle angoisse inquiéta les  esprits. Pourquoi Parsifal n'ordonnait-il  pas  d'ouvrir la chasse ?  Une heure  en­tière,  qui parut insupportable à chacun, s'écoula,

.Tout à coup le  grand Maître  se leva et fit un signe- :

Le voile  de  pourpre  qui   enveloppait la. châsse d'or tomba et le Saint Graal apparut.

Pendant  que le pontife  prenait la coupe incomparable  et  la posait  devant  lui, quelqu'un était  entré,  sans être vu.  Quoiqu'il portât le manteau des  chevaliers,  il  se tapit au coin le  plus  som­bre, près de la porte.

l'ombre  envahit le saint lieu,   comme il arrivait à chaque exposition de  la relique. Cette fois  l'ombre resta ; le  Graal re­fusait  de  se manifester ;  depuis un demi-siècle  ce refus  d'en haut ne  s'était  pas  produit. Une rumeur,  où il y  avait  do la plainte, du reproche, de  l'amour et de la rébellion,  s'éleva, comme une ré­ponse,   à la fois suppliante et séditieuse.

A cette manifestation  céleste,  Parsifal, déjà harassé  par l'effort  physique, chancela : l'audace de  son action l'épeura. Une seule  présence  offusquait le  précieux  sang. Il n'avait   qu'à dire une  parole  pour  que  le miracle  eût  lieu, à la sainte  joie de tous ; cette  parole  eût  été  l'arrêt  éternel  do Klingsor  ; cette  parole précipitait le  plus noir dos  pécheurs  à la géhenne  et il ne la dit pas.  Il   pleura,  il  pleura comme un enfant, comme  un fou  : et  les chevaliers,   en  entendant  de  tels  sanglots  et ne  sachant  pas  leur cause,   s'émurent  ;  et  par une  contagion  soudaine qu'expliquait la crispation do la longue attente, un immense  sanglot monta frapper les voûtes.

Soudain, un trait lumineux, mince .comme celui que trace un imagier, partit du calice et toucha le coin sombre où une forme épaissie  était tapie,

La forme  se déroba,  le mince  rayon la suivit.

Pendant un moment, le  trait se déplaça, comme s'il fouillait le  bas   do  l'église  et y   poursuivait quelqu'un,

Malgré leur  piété, les  assistants  s'aperçurent  do l'étrange  ef­fet   ;  et leurs  regards, quittant l'autel, suivirent le  filet  lumi­neux,

Un chevalier  que nul ne  connaissait,   ou du moins un homme. couvert  du manteau do  l'ordre, fuyait  en vain la flèche  de lumière, Criblé   de  ses  coups,  il  s'affalait,   tournant,   tombant et se rele­vant,   comme  si   chaque  contact  de la divine lueur l'eut brûlé.

L'obscurité  cachait la. laideur du personnage.  On ne voyait qu'une masse  en  détresse  qui   se  convulsait  sous une volée de traits ardents.  Un  cri s'éleva, d'une angoisse indicible  et l'ombre  s'affaissa, et demeura inerte.  Alors  le rayon  s'élargit, se  colora, s'échauffa ; et d'une  lumière  croissante il baigna, le manteau,  il l'inonda de clarté .

-       n Hosannah ! " entonna Parsifal, avec un accent de joie qu'il fit sauter les coeurs dans les poitrines. Telle était l'entière commu­nion de ces élus de la foi qu'ils frémirent à l'allégresse de leur chef sans   en  savoir la cause,

-    " Hosannah !   ",   crièrent  chevaliers,   écuyers,   pages.

Du manteau,  un  être  affreux sortit, crapaud monstrueux,   lamen­table, et  comme l'animal  auquel il  ressemblait,  cet  être  se traîna, dans le rayon  étincelant,   qui  l'attirait  comme une  puissante  et invisible main.  Quel  temps  fallut-il au  pécheur pour ramper de la porte   jusqu'à l'autel.  Son affreux visage  souriait  sous une  pluie de larmes  et  ses hoquets montaient  dans  le silence  plein  de  stu­peur,   déchirant,  à croire  qu'il allait mourir.

Douloureuse limace, qui laissait la bave do son repentir sur la dalle, il atteignit l'autel. Là, il essaya de se lever, battit l'air de  ses  bras  courts,   en  oiseau  fou.

Il voulait  parler. -Cette voix,   qui   avait appelé  le diable si  souvent,  ne  devait  pas  résonner dans  ce lieu ; et le  Saint Graal 1'éblouit  d'un  tel  coup de lumière  qu'il  tomba.

Le  céleste  rayonnement  s'attarda sur le misérable  avec une ineffable  prédilection de  charité  ;  puis,   la clarté  divine  se  ré­pandit  sur tous,  épanouissant les nobles  consciences.

Après la cérémonie,  Parsifal  ordonna que Klingsor fût  enter­ré  au bas  de  sa  propre tombe,   à ses   pieds,  afin de  témoigner de la miséricorde  de Dieu et  de  la vertu du Saint Garai.

Joséphin PELADAN

(Extrait  de " AKADEMOS",   revue mensuelle d'Art libre et  de  critique,   15  avril   1909).

Il a été tenu compte des corrections manuscrites de Péladan  selon l'épreuve consultée. Des erreurs peuvent demeurer de notre fait,  merci pour votre indulgence.

3/06/2012

L'INJUSTICE ET LA GRACE S'OPPOSENT-ELLES ?

A LA GLORE DU GRAND ARCHITECTE DE TOUS LES MONDES

Mes Frères, Chevaliers Rose+Croix.
L'INJUSTICE ET LA GRACE S'OPPOSENT-ELLES ?

" Éternel! que ta grâce soit sur nous"  demande le Psalmiste (Ps. XXXIII, 22)

La Grâce vient de Dieu ! Comment dès lors pouvons-nous envisager une injustice venant de Dieu, l'explication sinon l'excuse serait alors notre négation de QUI EST DIEU, l'être présumant  CONNAITRE et CONTROLER le monde, la Création, se substituer à Dieu, dans une vision nécessairement égoïste, puisque ne prenant pas en compte l'autre, les autres, ne cherchant pas alors à réfléchir sur les raisons d'un événement que nous refuserions, tout devant être comme nous le pensons : ceci manifeste une ABSENCE de toute conscience du principe d' ECONOMIE que le Christianisme nomme COMMUNION DES SAINTS, et  par ailleurs un manque d'humilité.

Ainsi le 6° Canon du 2° Concile d'Orange, tenu en 529 expose :

" Si quelqu'un dit que la miséricorde nous est donnée par Dieu lorsque, sans la grâce, nous croyons, nous voulons, nous désirons, nous faisons des efforts, nous travaillons, nous prions, nous veillons, nous étudions, nous demandons, nous cherchons, nous frappons à la porte et qu'il ne confesse pas que notre foi, notre volonté et notre capacité d'accomplir ces actes comme il le faut se font en nous par l'infusion et l'inspiration du Saint- Esprit ; s'il subordonne l'aide de la grâce à l'humilité ou à l'obéissance de l'homme et s'il n'admet pas que c'est le don de la grâce elle-même qui nous permet d'être obéissants et humbles, il résiste à l'Apôtre qui dit : " Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? " I Cor. IV,7 et : " C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis "  I Cor. XV,10."  (1)

I - LOI JUSTICE INJUSTICE ET GRACE

l'Apôtre déclare énigmatiquement peut-être bien :

" La loi, elle, est intervenue pour que prolifère la faute, mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé"  (Romains V, 20)

Si des Pères éminents comme Jean Chrysostome ou Augustin se gardent bien de commenter cette phrase de Paul, pour sa part Thomas d'Aquin, en son Commentaire de la lettre de St Paul aux Romains , ne manque pas de reconnaître une difficulté.

Préalablement le Docteur angélique rappelle :

" Si la Loi commande, elle ne donne pas la grâce d’accomplir, comme l’enseigne saint Paul (II Cor., III, 6): "La lettre tue, mais l’esprit vivifie," parce qu’il aide intérieurement notre faiblesse, comme le même apôtre l’enseigne au ch. VIII de cette épître. b) Lorsqu’il dit (verset 15): "où n’est pas la Loi," il montre de quelle manière cette Loi produit la colère, en disant: "Là où n’est pas la Loi, il n’y a pas de prévarication," parce que, si l’on peut sans la Loi pécher en agissant contre ce qui est naturellement juste, on ne peut appeler quelqu’un prévaricateur qu’autant qu’il transgresse une loi (Psaume CXVIII, 158): "J’ai vu les prévaricateurs de votre Loi, et je séchais de douleur."  (2)

Et de poursuivre :

" La seconde difficulté porte sur ce que dit S. Paul (verset 20): "Que la Loi est survenue pour que le péché abondât," d'où il suit que la Loi est mauvaise, parce que l’institution dont la fin est mauvaise est elle-même mauvaise, conclusion qui est en contradiction avec ce mot de S. Paul (I Tim., I, 8): "Quant à la Loi, nous savons qu('elle)  est bonne." ajoutant : " Quant à sa multiplicité. La Loi, en effet, tout en donnant la connaissance du péché, ne détruisait pas cependant la convoitise d’où sort le péché". (3)

" Il faut répondre qu’autre est le but de la loi humaine, autre celui de la loi divine. La loi humaine, en effet, se rapporte au jugement humain, qui a pour objet les actes extérieurs; mais la loi divine se rapporte au jugement de Dieu, qui prononce sur les mouvements intérieurs du coeur (I Rois, XVI, 7): "L’homme voit ce qui parait, mais le Seigneur voit le coeur." (3)

Ainsi que le rappelle l'Apôtre : " nul ne sera justifié devant lui par les oeuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché" (Rom III,20)

"La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu?" interroge ;l'Apôtre et de répondre aux Galates : "Loin de là! S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ." (Galates III, 21,22).

Les conceptions que nous pourrions avoir  sur la justice et l'injustice, dépendent de l'établissement et du respect d'une Loi sinon de la Loi à l'égard de laquelle  l'éminent kabbaliste et Frère dans la Foi en Dieu, Emmanuel LEVYNE explique que la Loi est transitoire et disparaîtra à la venue du Messie (pour les Chrétiens lors de Sa seconde venue ou Parousie) en son texte fondamental que nous rappelons souvent : Lettre d'un kabbaliste à un rabbin - Loi et Création (4). Emmanuel LEVYNE rappelle en ses notes justifiant sa lettre :

- que le règne de la Tora est transitoire (Zohar I, 27b - 28a)

- que la loi s'est imposée à la suite du péché du veau d'or (Zohar I, 26b)

- que la loi disparaîtra à la venue du Messie (Zohar III, 124b)

La Loi est bien transitoire et insuffisante pour obtenir la Grâce, l'Apôtre rappelant quant à NSJ+C  : "Il nous a sauvés, non à cause des oeuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde."  (Tite, III, 5)

Si la Justice  de la Loi est indépendante de la Grâce, à plus forte raison l'injustice que nous croyons percevoir, face à la Grâce, ne saurait avoir de sens.

II - LA GRACE ET LE LIBRE ARBITRE

Si donc la justice et ce que par voie de conséquence nous qualifions humainement d'injustice, est indépendant de la Grâce, qu'en est-il du salut ?

La sotériologie trouve sa raison dans le principe d'une Chute dite adamique, qui appelle deux réflexions :

- 1° La Chute comme universelle à tous les êtres

- 2° La Chute dans un temps précis par nos premiers parents

A propos de la Chute qui constitue celle de tous les êtres, Origène, le Père des Pères, précise en son Contre Celse : ... ainsi pour Adam et sa faute, on trouvera l'explication en sachant que, traduit en grec, le mot Adam signifie homme, et que, dans ce qui paraît concerner Adam, Moïse traite de la nature de l'homme. C'est que, dit l'Écriture, “ en Adam tous meurent ”, et ils ont été condamnés “ pour une transgression semblable à celle d'Adam ” (5)

A propos de la Chute accomplie dans un temps précis, son scénario et ses conséquences immédiates, le sujet fut maintes fois rappelé par nos soins (6)

Athanase d'Alexandrie, en son traité Sur l'incarnation du Verbe quant aux conséquences de la Chute déclare : "l'homme raisonnable, créé selon l'Image, disparaissait et l'oeuvre, suscitée par Dieu se détruisait." (7)

Cette disparition, cette destruction, ne sont pas pour autant des situations définitives : il s'agit d'une dynamique qui ne conduit pas à un jugement rendu en dernier ressort, mais expose un constat qui s'inscrit dans le temps, à la fin duquel il n'est pas dit que l'Image aura disparu et que la Création se trouvera détruite.

"Remets-nous nos dettes. Dans la pensée qu'Adam vit en nous en effet, chacun pour notre part nous tous, les hommes". (8)

Grégoire de Nysse explique : "En vérité, les dettes de nos frères envers nous, comparées à nos offenses envers Dieu, ne font que quelques oboles de rien, bien faciles à compter, en regard de talents innombrables." (9)

Remettre les dettes ! le Père s'écrie : "Mais cette parole demeure sans effets, elle ne parvient pas jusqu'aux oreilles divines, à moins que notre conscience n'y joigne sa voix et ne dise qu'il est beau de faire miséricorde. Qui juge en effet la clémence digne de Dieu, ferait bien de confirmer son jugement de valeur par ses propres actes. de peur d'entende le juste Juge lui dire : Médecin, guéris-toi toi-même ! Tu m'invites à la clémence, et à ton prochain, toi, tu ne l'as pas accordée ! Tu demandes la remise de tes dettes ? Comment peux-tu donc,  toi, étrangler ton débiteur ? Tu pries qu'on annule ton obligation, toi qui conserves avec soin les reçus dettes obligés ? Tu sollicites l'abolition de tes dettes, toi qui nourris d'intérêts ton avoir ? Ton débiteur est en prison, et toi en oraison! Lui gémit de ce qu'il doit, et toi, tu réclames qu'on t'enlève ta dette ? Ta prière, on ne l'entend pas, elle est couverte par le bruit de ses gémissements."  (10)



Les Pères de l'Orient Chrétien posent face à la Chute et ses conséquences le principe d'une interdépendance entre tous les êtes, alors que l'Occident Chrétien  perçoit dans la faute Adamique le principe d'une hérédité de la Chute pou chacun d'entre nous.

Augustin interprétera en effet la parole de l' apôtre : "C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché" (Romains, V, 12), non pas à partir du grec mais de la version latine très différente en déclarant :  "Or, c'est bien là cependant ce que l'Apôtre a dit de nous par rapport au premier homme: « En lui tous ont péché ». Comment dès lors contester la transmission du péché par propagation?" (11).

La distinction entre "en lui' et "par qui" constitue une controverse très importante car donnant vie à deux conceptions très différentes des conséquences de la Chute. Si donc la version utilisée par les Pères Latins servira à justifier la doctrine du péché hérité d'Adam et s'étendant sur ses descendants, l'éminent théologien Jean MEYENDORFF ne manque pas de préciser au regard de l'exacte sens et traduction de ce passage :  " La mort qui fut "le salaire du péché"(Rom. VI, 23) pour Adam, est aussi le châtiment qui frappe tous ceux qui pèchent comme lui.  Elle pose que le péché d'Adam a une signification cosmique, mais elle ne dit pas que les descendants du premier homme sont "coupables" comme lui, à moins qu'eux aussi pèchent comme lui a péché." (12)

La signification cosmique du péché d'Adam l'est d'autant plus que la mission d'Adam  était de garder et cultiver le Jardin d'Eden, ce champ de la création qu'il entraîna dans sa Chute (13).

Il ne convient d'adopter le pessimisme d'Augustin qui déclare : "Quel bien en effet pourrait accomplir avant d'avoir été arraché à sa misère celui qui s'est perdu? Serait-ce par un libre effort de sa volonté ? Non, sans doute : car, en abusant de la liberté, l'homme a perdu ce privilège et s'est perdu lui-même; il s'est suicidé." (14), l'homme  n'a pas perdu le libre arbitre !

Non, l'homme n'a pas perdu sa liberté et là réside l'une des grandes différences entre l'Orient et l'Occident au niveau des théologies, lorsque Cyrille de Jérusalem précise et récuse : "Sache aussi que tu as une âme libre, chef-d'oeuvre de Dieu, à l'image de son auteur, immortelle par la grâce de Dieu qui l'a faite immortelle. C'est un être vivant, raisonnable et incorruptible, par la grâce de celui qui lui a conféré ces prérogatives, doué de la faculté de faire ce qu'il veut." (15)

III - LA GRACE ET LE SALUT

Parce que l'homme, malgré la Chute, est libre, qu'il lui est possible d'agir, de choisir le Bien, il lui revient de coopérer à la rédemption de cette création qu'il entraîna dans sa Chute, non pas lui, celui qui me lit qui l'entraînait, mais Adam, duquel nous héritons des Devoir qui lui incombaient, raison pour laquelle à Gethsémani, le Christ ne prie pas pour le monde mais pour les hommes... afin qu'à leur tour, ils sauvent le monde (Jean XVII, 9), qu'ils sauvent ce monde qui est dans les douleurs de l'enfantement (Romains VIII, 19-22). Aussi, ne soyons pas surpris que nul ne connaisse l'heure ni les anges ni le Fils  (Mat. XXIV, 36), et pour cause puisque par ses bonnes actions et par ses prières, l'homme peut hâter le Jour de Dieu (II Pierre, III, 11, 12).

Nos éventuelles interrogations sur la Justice, l'injustice (je pense à la situation de Toy Davis par exemple) trouvent une réponse non pas dans la valeur des Lois humaines, mais dans l'Economie qui s'articule selon deux plans :

- le plan de Dieu qui sera toujours un Mystère

le plan humain qui doit alors être porté par le principe de la Réparation (16)

Jésus+Christ nous a sauvé, mais n'oublions pas ce témoignage de Péladan lors de sa venue en Terre du Christ : " Me voici seul, à minuit, au mont des Oliviers entre la grotte de l'Agonie et le jardin de Gethsémani ; la lune tantôt étincelante, tantôt barrée de nuages, illumine par instants le sinistre paysage. L'heure approche, l'heure où l'humanité fut déshonorée et sauvée, car la mort de Jésus, c'est à la fois la plus grande accusation contre l'homme et le coup suprême de la miséricorde... C'est comme complice de l'assassinat du Calvaire que je viens, plein du remords de ce que j'aurais pu faire contre mon Dieu, réfléchir et peser ce mot de Pilate : Qu'est-ce que la vérité ?... Je cherche ma complicité dans la mort du Sauveur, je ne la trouve pas mais elle existe. Je ne suis ni Judas, ni Caïphe, bi Pilate ; je suis cependant un bourreau du Christ, puisque je suis un homme !" (17).

Contrairement à la formule souvent évoquée : "Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu" et faussement attribuée à Irénée de Lyon, ce Père précisant plus exactement : "le Verbe s'est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l'homme : c'est pour que l'homme, en se mélangeant au Verbe et en recevant ainsi la filiation adoptive, devienne fils de Dieu" (18)

Ainsi, l'homme entre dans le principe de participation qui ne saurait le concerner lui seul mais touche l'ensemble des êtres devant dire oui à ce salut, c'est ce que le monde Latin nomme Communion des Saints.

Il serait possible d'analyser plus avant notre ou nos Devoirs , des notes renvoient à ces derniers où si l'homme est déjà sauvé, il lui revient :

-d'une part d'accepter son salut en disant  OUI  à l'appel de Dieu

d'autre part d'agir en faveur de ceux qui pourraient n'avoir pas dit OUI à cet appel,

- enfin d'agir pour la Création qui fut entraînée dans la Chute malgré elle

Cela, par les bonnes actions et par les prières ainsi que le rappelait Pierre.

Aussi, comprendrons-nous cette remarque livrée par le RP TURINCEV : " Un saint moine du Mont Athos, un storetz qui fut pres­que notre contemporain, écrit ce qui suit, en s'adressant à chaque chrétien : « Quand le Seigneur t'aura sauvé avec toute la multitude de tes frères, et quand il ne res­terait qu'un seul des ennemis du Christ et de l'Eglise dans les ténèbres extérieures, ne te mettras-tu pas avec tous les autres à implorer le Seigneur afin que soit sauvé cet unique frère non repenti ? Si tu ne le supplies pas jour et nuit, alors ton cœur est de fer, — mais on n'a pas besoin de fer au paradis. » (19)

J'ai dit.

------------------- Notes

1 - Concile d’ORANGE II (529) In  Les canons des conciles mérovingiens(IV+ VII° siècles)  Pais Cerf Ed, coll. SC, page 159.

Les canons 5 et 6 de ce Concile sont les seuls semble-t-il à traiter dans l'histoire des conciles "occidentaux" de la Grâce.

Nous utilisons par commodité,  l’édition Internet certes incomplète face à l’éditions du Cerf,  mais utile, des Symboles et définitions de la Foi Catholique de DENZINGER :  http://catho.org/9.php?d=g0

Pour l’accès aux canons cités : http://catho.org/9.php?d=bv5#crg
2 - Thomas d'Aquin : Commentaire de la lettre de St Paul aux Romains, commentaire Rom. IV, 11-15.
Pour un accès aisé : http://www.documentacatholicaomnia.eu/03d/1225-1274,_Thomas_Aquinas,_Biblica._Super_Epistulam_ad_Romanos,_FR.pdf
3 - Thomas d'Aquin : op cité, commentaire Rom. V, 20 & 21
4 - Emmanuel LEVYNE : Lettre d'un kabbaliste à un rabbin, Paris, TSEDEK Ed, 1978.  Pour un accès Internet :
http://www.kabbale.eu/lettre-d-un-kabbaliste-a-un-rabbin/
http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/2011/08/lettre-dun-kabbaliste-un-rabbin.html
Pour les références au Zohar, la traduction à choisir est celle de Jean de Pauly, en l'espèce, Paris,  Ed Maisonneuve et  Larose, 1975 :1° tome 1 pages 174 et 175 ; 2° tome I, page 167 ; 3° tome V, page 322.  Le 2° lien donne les textes en la 2° Partie.
5 - ORIGENE : Contre Celse, IV, 40, SC N° 136, Paris Cerf Ed, 1968, page 289. Pour la présente transcription, est utilisé le CD VERBUM DOMINI : Le texte est présentement strictement identique.
6 - J-P BONNEROT  : Sathan  Lucifer le Prince de ce monde et les démons dans la tradition chrétienne et l'exégèse scripturaire Cahiers d'Etudes Cathares N° 96, hiver 1982, pages 8 & 9 notamment.
Pour un accès via Internet en ce cas pages 6 à 8 selon le lien :
http://misraim3.free.fr/divers2/SATAN.PDF           
7 - Athanase d'Alexandrie : Sur l'Incarnation du Verbe 6,1. SC N° 199, Paris Cerf Ed, 1973, page 283. Nous n'avons pas trouvé d'édition électronique sur Internet.
8 - Grégoire de Nysse : La Prière du Seigneur homélie V, 4, DDB Ed, 1981, page 91
9 - Id, IX, page 96
10 - Id, VII, page 95 Nous n'avons pas trouvé d'édition électronique sur Internet.
11 - AUGUSTIN : Controverse avec les Pélagiens - Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants I, 10, 11
Pour un accès aisé via Internet :
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/polemiques/pelage/pelage1.htm#_Toc29824268

12 - Jean MEYNEDORFF : Initiation à la théologie Byzantine Paris, Cerf Ed, 1975, pages 194 & 195. Signalons la réédition de ce livre fondamental aux Ed du Cerf;
13 - Cette question fut plusieurs fois examinée, nous renvoyons à nos précédents travaux :
http://ordre-de-lyon.blogspot.com/2011/11/ma-croyance-dans-dieu-dans-les.html
http://ordre-de-lyon.blogspot.com/2011/06/les-francs-jardiniers.html
14 - AUGUSTIN : Traité de la Foi, de l'Espérance et de la Charité. ch. 30.  Je conseille l'acquisition du CD relatif aux oeuvres de nombreux Pères, près l'abbaye St Benoît de Port- Valais. Pour un accès déjà sur Internet :
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/foi/index.htm
15 - Cyrille de Jérusalem : Catéchèses, 4° Catéchèse, § 18, Namur, Ed du soleil levant, 1961, pages 93 & 94.Pour un accès via Internet aux oeuvres complètes : http://www.archive.org/details/opensource
16 - J-P BONNEROT : Approche d'une explication de la doctrine de la Réparation Revue VIRGO FIDELIS N° 197, juillet 2003, pages 9 ss, Pour un accès Internet : http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/2005/10/4-approche-dune-explication-de-la.html
17 - J. PELADAN : La Terre du Christ Paris, Flammarion Ed, 19O1, pages 283, 284 et 288 (extraits)
18 - Irénée de Lyon : Contre les hérésies III, 19,1; Paris Ed du Cerf, 1984, page 368.Nous utilisons l'édition n'offrant que la traduction française, reprenant l'édition des Sources Chrétiennes. Pour un accès aisé via Internet : http://remacle.org/index2.htm
19 - RP Alexandre TURINCEV : L'Eschatologie Orthodoxe Revue CONTACTS N° 54,  1966, page 103.

3/04/2012

FM et LIBRE PENSEE : Une vision de la FM moderne.

http://pangolia.com/blog/?p=997

Cette approche  est assez exacte si l'on évoque la FM moderne, mais celle-ci s'est opposée à l'Ancienne Franc- Maçonnerie Chrétienne, dont il reste dans le monde quelques Ordres fidèles à celle-ci et à ses Anciens Devoirs.

 Les raisons sont à rechercher dans l'opposition du Protestantisme à l'Eglise Romaine,  et c'est à partir des Constitutions du pasteur Anderson (qui ne cache pas son hostilité à Rome) que l'Eglise réagira en condamnant la FM... moderne.

 JPB

2/05/2012

L'ESPRIT DES CHOSES Nouvelle série


Cette revue dont la première série en version papier se trouvant épuisée fit l'objet d'un DVD, si elle est très inégale dans la qualité et l'intérêt des articles, mérite toutefois un détour quant à certains textes que l'honnête chercheur doit posséder quand bien même il pourrait s'abstenir de conserver  des commentaires proposés parfois.  

Les quatre premiers numéros de la  nouvelle série,  mis en ligne sur un site Internet, sont présentement livrés pour information, lorsque pour notre part, nous ne partageons pas les approches de Monsieur Denis LABOURE quant à CAGLIOSTRO, dont le Rituel nous semble ne relever que du champ de la pure Mystique Chrétienne.

Pour accéder à ces numéros  :

http://incoerismo.wordpress.com/

JPB

2/03/2012

de nouveaxu fichiers importants sur le site de l'Ordre

 
J'ai le plaisir de vous signaler la mise ne ligne sur le site de l'Ordre de Lyon

 www.ordre-de-lyon.com  de quatre fichiers :


- la revue ARCANA du Grand Orient Egyptien, avec l'aimable autorisation de Pierre MOLLIER (N° 1&2 - 3&4)

 - les études de Mr Léon M de MOULIN-PEULLET :

                Les rois d'Araucanie et la Franc- Maçonnerie

                La succession royale d'Araucanie et l'Ordre Maçonnique de Memphis       et Misraïm  (Cahiers de l'Académie des Hautes Etudes         Araucanienne, N° 6, 1962 et N° 9, 1963)
 
Tout extrait de la revue ARCANA devra être obligatoirement accompagné de l'indication et de la source et de l'autorisation donnée par Monsieur Pierre MOLLIER.



JPB

12/07/2011

A propos de la GLNF...


le 6 décembre 2011 15H46 | par

François Koch

Une nouvelle vidéo diffusée par Youtube sur un format long (6’41″) montre comment le Grand Maître de la GLNF François Stifani a été mis en grandes difficultés au cours de la Tenue de Grande Loge qui s’est déroulé le 3 décembre 2011 à Levallois-Perret.

Alors des participants crient « Démission ! Démission !« , François Stifani commence par : « Calmez-vous ! Mon mandat se termine en décembre [2012] » « Pourquoi autant de violence, d’attaques, de calomnies et de remises en cause ? Je n’ai jamais voulu penser que j’étais dans le vrai et les autres dans le faux, que j’étais le Bien et les autres le Mal. J’ai sûrement commis des erreurs, j’en suis absolument convaincu (…). J’ai sûrement heurté certains esprits en initiant une communication mal maîtrisée. »

François Stifani évoque aussi sa démission de la présidence du Conseil d’administration de la GLNF et de la nomination d’un mandataire ad hoc en concluant, sur les comptes de l’obédience : « Les soupçons propagés étaient totalement infondés et diffamatoires. Les audits ont conclu qu’il n’y avait aucune anomalie« . Il n’en reste pas moins que la veille, les opposants, qui ont obtenu l’annulation de l’AG du 16 octobre 2010 et la mise sous administration judiciaire de l’obédience, ont saisi en référé la justice pour obtenir la communication du Grand Livre de Comptes 2010-2011.

Annonce d’une nouvelle Tenue de Grande Loge : « Le monde entier a les yeux tournés vers nous. »

Le Grand Conseil de la GLNF a diffusé un communiqué aujourd’hui où il revient sur cette Tenue de Grande Loge mouvementée. Les incidents sont attribués à une centaine de profanateurs, de « hooligans », sur 2000 participants. Selon la gouvernance de la GNLF, ces « hooligans » « ont vociféré, insulté, raillé, tout et tous. Obéissant au doigt et à l’œil de quelques meneurs qui les dirigeaient, ils n’ont eu de cesse de profaner la cérémonie sacrée. Les interventions, exhortations, ouverture de la Bible, chant national, ont été accompagnés d’invectives grossières, d’ignominies. On a vu des saluts nazis. »

« L’illusion de respectabilité que certains de ces « opposants » prétendait détenir, à céder devant la réalité de ce qu’ils sont véritablement : des individus haineux et violents, dont la seule finalité est de déstabiliser la GLNF pour la détruire. Une prochaine Tenue de Grande Loge va être convoquée très prochainement. Elle aura lieu dans des conditions qui assureront à nos Frères qu’elle ne sera pas troublée par des éléments incontrôlés dont nous savons qu’ils n’étaient pas tous des Frères, mais sans doute des « professionnels » de ce type de manipulation de groupes.« Et de conclure : « Nous sommes à un moment de vérité, la Franc-maçonnerie du monde entier a les yeux tournés vers nous.«

Voir ici le communiqué complet : GC GLNF 06.12.2011

 

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"Ils n'ont eu de cesse De profaner cette cérémonie sacrée" dixit l'actuel GM de cette Obédience. Force est de constater que ce type de "Tenue" ne relève pas du Sacré, lorsqu'il convient de rappeler une fois encore que conformément à la position de la GLUA, de semblable façon, les membres de la GLNF doivent au mieux croire dans l'existence d'une sorte d'  « Etre suprême » (indéfini) et non, - comme les Anciens et ceux fidèles aux Anciens Devoirs -, en Dieu ! Dès lors tout ne devient-il pas là aussi, symbole, syncrétisme, etc ? Mais ce n'est plus la Maçonnerie de Tradition !

JPB


12/03/2011

Ce que la FM ne devrait pas être


La FM fidèle aux Anciens Devoirs, croit en Dieu, refuse la révolution d’ANDERSON,  n’ayant pour recherche que l’amélioration de ses membres au plan spirituel, existe encore parfois. Cette Maçonnerie de Tradition ne saurait être assimilée aux courants a-dogmatiques, libéraux et affairistes dans lesquels bien des membres de cette Organisation initialement Chrétienne sinon Catholique, se retrouvent aujourd’hui en ayant dénaturé l’idéal maçonnique, tel que porté par exemple par Constant CHEVILLON :



Ce que la FM ne devrait pas être ; tableau d’un état de fait.

Zapping sur la franc maçonnerie!!!
La Franc-Maçonnerie Sociétés Secrètes Informations Mondiales.
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12/01/2011

EDITIONS IVOIRE-CLAIR


Pour les historiens et les curieux,  notamment pour qui  s’intéresse à la Franc-Maçonnerie, il convient de signaler cette information reçue de cet excellent éditeur.

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Editions Ivoire-Clair
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