6/26/2013

Le N° 2 de la nouvelle série de la revue L'INITIAITON vient de paraître en sa forme électronique



Déjà je signalais le 4 juin 2013,  l'heureuse initiative de Yves-Fred BOISSET et Michel LEGER, dans la poursuite de l'édition - maintenant sous forme électronique - de la revue de Papus "réveillée" par son fils Philippe ENCAUSSE.

Merci à Yves-Fred BOISSET et Michel LEGER de poursuivre cette publication dont je vous souhaite bonne lecture quant à ce N° 2 : http://www.linitiation.eu/

JPB

5/31/2013

A propos du cas posé par le Père Pascal VESIN



Pour faire suite à notre interpellation sur le bien fondé ou non de la sanction appliquée à un prêtre franc-maçon par Rome,
Un évêque réagit.

http://www.baptises.fr/?p=7470

Il est intéressant de constater que les questions posées par Mgr Charles THOMAS font écho à mon interpellation posée en son temps.

JPB

5/25/2013

Un prêtre franc-maçon démis de ses fonctions à la demande du Vatican



DROIT CANONIQUE ET EPIKEIA


Si le GODF n'est pas la manifestation de l'Ancienne Maçonnerie dite de Tradition et Chrétienne, il n'en demeure pas mois qu'il revient à l'Eglise d'être présente en tous les lieux de la Création et dans le cas présent dans tous les milieux notamment ceux qui méconnaîtraient le Christianisme.

L'Eglise s'est-elle interrogée sur les raisons de l'appartenance de ce prêtre à la FM ? Sait-elle si - parce qu'il ne reniait  pour autant  pas sa Foi - cet ecclésiastique n'accomplissait pas un Devoir, celui de rendre témoignage dans ce lieu de la Cité délaissé par l'Eglise.

L'Eglise Romaine continue - semble-t-il - à refuser d'être présente et apporter témoignage, en un lieu où les êtres aspirent pour l'essentiel d'entre eux, à découvrir une spiritualité, une voie, qui ne leur fut pas antérieurement montrée ou qui fut mal comprise.

Le Droit canonique doit être examiné au regard de l'épikeia ou équité, principe qui veut que cette situation particulière, pourrait permettre de considérer l'intérêt de la présence de ce prêtre au sein de la FM,  lieu de Mission; comme supérieur aux lois ou dispositions édictées par avance.

Dans le cas présent, les dites dispositions générales de la Discipline et du Code ne sauraient s'appliquer, sauf à être certain que cet ecclésiastique par son appartenance à la FM aurait déclaré s'opposer formellement à Rome, ou  que par ses actes, 'il serait devenu apostat, schismatique et hérétique.

En cela Rome a failli  à la Charité, en manquant volontairement à son  Devoir d'aller vers son prochain:

JPB

5/17/2013

LE BLOG DE PIERRE MOLLIER



Un site incontournable


Merci à l'excellent historien  Pierre MOLLIER de donner accès sur son blog à des articles fondamentaux;

Rassembler ce qui est épars « Le bloc notes de Pierre Mollier

pierremollier.wordpress.com/
Le bloc notes de Pierre Mollier. ... http://editionsletempsdespierres.fr/livre-les-loges-maconniques-lyonnaises-au-xviiie-siecle ..... Propulsé par WordPress.com.
                       
            http://pierremollier.wordpress.com/

           

4/23/2013

Le symbolisme de la Cène au degré de Chevalier R+C




ORDRE DE LYON


ORDRE MACONNIQUE RETABLI DE MEMPHIS ET MISRAIM

Souverain Sanctuaire Général Lyonnais

Souverain Sanctuaire de Béthanie

Chapitre Constant CHEVILLON
Vallée de Paris


                   Le symbolisme de la Cène au degré de Chevalier R+C  dans le cadre de l'Ancienne Maçonnerie, et son évolution dans le cadre de la révolution du pasteur ANDERSON.

Mes Bien Aimés Frères Chevaliers,

Ne l'oublions jamais, la Franc-Maçonnerie de Tradition ou Ancienne Maçonnerie est Chrétienne, et se trouve être plus précisément catholique.

Avant d'examiner l'évolution de la cérémonie de la Cène au degré de Chevalier R+C, qu'il me soit permis de  rappeler ces dispositions des Anciens Devoirs selon le Ms Regius : "Si le bon sens te manque, prie Dieu de t'en faire don car c'est le Christ qui nous l'enseigne : la sainte église est la maison de Dieu, elle n'est bâtie que pour y prier, comme il est dit... Quand tu entends sonner la cloche qui annonce le saint mystère, agenouillez-vous tous, jeunes et vieux, et levez au ciel vos deux mains et dites, à voix basse, et sans faire de bruit : « Seigneur Jésus, sois le bienvenu sous l'aspect du pain,  par ton saint nom protège-moi du péché, accorde-moi l'absolution de mes péchés avant que j'aille à la communion." " (1)
Et encore dans le même Manuscrit : "Si tu ne peux pas venir à l'église, en quelque endroit que tu travailles, quand tu entends sonner la messe,  prie Dieu, dans le silence de ton coeur, de te donner part à ce service, que l'on célèbre dans l'église." (2)


Le Ms REGIUS date de 1390, à cette époque, les Hauts Grades n'existent pas, le Protestantisme non plus dont l'influence modifiera le sens de la Cène qui alors était vécue dans le cadre du Mystère Eucharistique, Protestantisme réduisant cette cérémonie à un vague symbole invitant les Chevaliers à se souvenir  qu'ils sont frère. Cette dérive provoquée par la Maçonnerie moderne et Protestante, n'empêchera pas certaines Loges régulières essentiellement en France, tout au long du XVIII° siècle et donc après la diffusion des Constitutions de 1723, à faire célébrer et assister les Frères  à des Messes, notamment comme le souligne Jean BAYLOT : "Souvent la messe précède l'élection des Officiers afin que le Saint-Esprit éclaire de Ses lumières les choix qui seront faits."  (3), l'histoire montrant que les maçons français étant de tradition catholique, refuseront longtemps les réformes Protestantes qui- nous  le verrons - avaient pour vocation de déchristianiser la FM de Tradition.

I

Le Catholicisme des Rituels liés à l'Ancienne Maçonnerie

TSCOUDY ne se trompe pas quand il écrit en 1766 que le grade de R+C est catholique : "Je fais cependant un peu plus de cas du Rose Croix, non pas celui de la lampe inextinguible, mais le Rose Croix proprement dit, ou maçon d'Hérédon, quoiqu'à tout prendre, ce ne soit qu'une Maçonnerie renouvelée, ou le catholicisme mis en grade, je ne le crois pas à beaucoup près du calibre des autres."   (4)

Que l'on ne se méprenne pas ! Le Rituel de 1785 précise : "La fête du chapitre est le jeudi-saint."  (5)

Ce choix du jeudi-saint n'est pas fortuit, il est le Jour de la Cène de NSJ+C, où tout à la fois Jésus+Christ instituera le sacrement de l'Eucharistie, mais aussi ne fera communier qu'un disciple, notre Frère Judas, oui Frère et non mauvais compagnon, en ce que par le geste du Sauveur donnant la bouchée de pain à l'apôtre, ce dernier - récapitulant notre condition de Chute - permettra la mort et la résurrection, en l'occurrence la victoire sur la mort née du péché (6)

Nous le savons et partageons cette opposition des Francs Maçons du Royaume de France à l'égard de la Maçonnerie anglaise et Protestante.

Alors que les Constitutions que nous décrions du pasteur prétendent présenter la Nouvelle Maçonnerie ou Maçonnerie Moderne comme :"la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord", en réponse à ce qui ne peut se définir comme une religion, en 1735, Les Devoirs enjoints aux maçons libres précise :
"on a jugé plus à propos de n'exiger d'eux que la religion dont tout chrétien convient." (7)

Fidèle aux Anciens Devoirs, l'Ordre de Lyon; en son Rituel d'affiliation, rappelle ce même principe :

"Mon Frère (Ma Sœur), lorsque vous avez demandé à rejoindre notre Vénéré Rite, vous avez été averti que celui-ci ne pouvait être suivi que par un observateur fidèle des usages anciens. Je vais donc vous donner lecture d’un extrait des « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » l’Ordre de Lyon se référant à la version française la plus ancienne, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède :

« Un Franc-Maçon est obligé par son état de se conformer à la Morale et, s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion. Dans les siècles passés, les Francs-Maçons étaient obligés de professer la reli­gion catholique, mais depuis quelque temps, on n'examine pas sur cela leurs sentiments particu­liers, pourvu toutefois qu'ils soient chrétiens, fidèles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité. » (8)

Ces rattachements de la Franc Maçonnerie de Tradition au Christianisme, devaient être rappelés. Il nous échet de revenir plus précisément sur notre sujet, le sens de la Cène dans le cadre de la Tenue capitulaire des Chevaliers Rose+Croix.

Ce rapport, certes symbolique, au Saint Mystère ou Communion Eucharistique est affirmé dans le plus ancien Rituel de la Cène rattaché au degré de Chevalier R+C, où en 1765 il est précisé dans ce qui est considéré comme l'un sinon le plus ancien rituel : "Le Chapitre n'a de cérémonie de table que celle qui suit. Elle est indispensable  étant une commémoration de La Pasques et de l'apparition de J+C à ses disciples en Emmaüs."  (9)

Il est en effet un autre rituel à la même date que Paul NAUDON transcrit, et dans la prière du Très Sage un mot est changé qui est fondamental : alors que généralement il est dit "...béni la nourriture que nous allons prendre  et qu'elle soit à  ta plus grande gloire et à la satisfaction de tous les FF Chevaliers ..." (10), le mot "satisfaction" est remplacé explicitement par ces termes :
"Souverain Créateur de toutes choses, qui pourvoit aux besoins de tous, bénis la nourriture corporelle que nous allons prendre, qu'elle serve  à Ta gloire et à notre sanctification. Ainsi soit-il." (11)

Mes Bien Aimés Chevaliers R+C, prenons acte que la Cène primitive de notre illustre Degré ou Grade, s'inscrit dans la fidélité à l'unique Sacrifice accompli dans un Temps hoirs du Temps,  c'est à dire, que cette Cène s'inscrit symboliquement au Sacrifice propitiatoire renouvelé et se fondant dans l'unique sacrifice expiatoire de NSJ+C.

Entendons bien ce que rappellent  les plus anciens Rituels :

- la fête du Chapitre se déroule le Jeudi Saint où Jésus+Christ institua la Sainte Eucharistie,

- notre Cène repose sur une commémoration de la fête de Pâques et la reconnaissance par les disciples d'Emmaüs de la Résurrection du Sauveur par la fraction du pain,

- notre Cène peut être sinon prétexte du moins lieu de sanctification.

Nous n'avons certes pas encore abordé tous les aspects  sous tendus des Anciens Rituels, ni pris acte des volontaires déformations du sens spirituel de cet illustre Degré, posons toutefois deux points avant d'aller plus outre :

- Oui, il y a queste d'une sanctification, ainsi se comprend l'interrogation du Très Sage :
- "- Chev\ premier Grand Gardien, quel est le but du Chev\ R.+C. ?
1er Gr\Gard\    - Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit. - Proclamer sa Gloire par des actes." (12)

- C'st bien NSJ+C qui se trouve évoqué par les initiales INRI, que le protestantisme transformera dans ce que livrent les rituels modernes, ne nous y trompons pas, le Rituel de 1865 conservé à Paris précise dans le catéchisme :
"I.N.R.I. Ce qui signifie Jésus de Nazareth, Roi des Juifs."  (13) 

Oui, le Chapitre R+C  est chrétien et la Cène est bien une commémoration de la pâque et du repas eucharistique, ainsi que le rappelle  le rituel de 1785 :
"Le chapitre de Rose croix n’a de cérémonie de table que celle qui va être dite mais elle est indispensable étant en commémoration de la pâque et du repas que Jésus-Christ fit lorsqu’il se fit reconnaître à ses disciples après sa résurrection" (14)

"Le Chapitre n'a de cérémonie de table que celle qui suit. Elle est indispensable  étant une commémoration de La Pasques et de l'apparition de J+C à ses disciples en Emmaüs."  (9) a-t-il été rappelé en évoquant le Ms de 1765.

Plus affirmé  s'il était besoin, le 22° Degré du Rite Ecossais primitif, appelé aussi Rite primitif de Namur, relate  quant au Banquet mystique que la table recouverte d'une nappe blanche, comprend outre les trois bougies blanches, le pain  et une coupe remplie de vin, "un christ", en l'espèce, un crucifix.
Le Très Sage après une prière "fait une génuflexion au Christ (devant le crucifix comprenons-nous) prend le pain, le lève vers le ciel, et en rompt un morceau qu'il mange, après avoir dit : "Il prit le pain, le bénit, le rompit et le mangea."
Il prend ensuite la coupe, la lève vers le ciel, et boit après avoir dit ;"Il prit le vin, le bénit et le but." Il fait ensuite une génuflexion au Christ." (15)

Outre l'évocation des paroles de l'Institution fortement actualisées d'une certaine façon, est tout aussi unique dans ce Rituel la présence d'un crucifix, Le Christ sur la croix, c'est la victoire sur la mort née du péché, en l'occurrence la condition pour notre rédemption, de première part l'Apôtre le déclare :
"Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a atteint tous les hommes : d'ailleurs tous ont péché..." (Romains V, 12), de seconde part :
"Si en effet, quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, à plus forte raison, réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie." (Romains V, 10)

Cette croix, ce crucifix, n'est pas l'expression de Dieu souffrant, la Passion fut vécue à Gethsémani, et le moyen choisi par Dieu pour permettre notre Rédemption et par voie conséquence notre Réconciliation, ce que certains théosophes chrétiens nomment la Réintégration des êtres dans leur état originel.

La Cène des Chevaliers Rose+Croix, - avant qu'elle ne soit plus tard déchristianisée par une maçonnerie a-dogmatique née d'un Protestantisme opposé au Catholicisme, ainsi que  les Rituels Andersoniens  que nous étudierons en la seconde partie de notre réflexion le monteront -,  s'inscrit bien dans l'attente du Huitième Jour dont Notre Seigneur Jésus+Christ précise : "Je vous le déclare : je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le Royaume de mon Père. " (Matthieu XXVI, 29)

A l'issue de cette communion des Chevaliers, que nous disent les Rituels ?

Tous les rituels que nous évoquons se terminent par cette parole du Très Sage adressée aux Chevaliers :

1° -  "La paix soit avec vous."
- Dans le Rituel  du 22° Grade du Rite primitif de Namur (15)
- Dans le Rituel de 1765 (16)
- Dans le Rituel du Grade du Chr de l'aigle souverain prince de Rose Croix (17)
Dans le Rituel de 1785 (18)
Une variante, attendu que c'est le Surveillant qui répond  au Très Sage et en latin

2° -  "Pax  vobis."
Dans le Recueil précieux de la maçonnerie adonhiramite (19)
La Paix soit avec vous.

Mes Bien Aimés Chevaliers,

Les disciples d'Emmaüs "partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons,  qui leur dirent : " C'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon. "  Et eux racontèrent ce qui s'était passé sur la route et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.  Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d'eux et il leur dit : " La paix soit avec vous. "  (Luc XXIV, 33-37)

Au soir de la résurrection, " alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit : " La paix soit avec vous. "(Jean XX, 19)

Cette paix, La Paix, que NSJ+C donne aux disciples, est liée à La Résurrection et ne se trouve pas offerte par le Christ, avant l'accomplissement par le Sauveur de notre Rédemption permise par le Sacrifice du Calvaire.

il est un autre, troisième et dernier passage, sinon le premier dans les Ecritures où cette paix est évoquée, cela peut sembler anodin, en Genèse XLIII, 23 :
" L'intendant répondit: Que la paix soit avec vous! Ne craignez rien. C'est votre Dieu, le Dieu de votre père, qui vous a donné un trésor dans vos sacs."

Quel est ce trésor lié à la Paix ? " Car où est ton trésor, là aussi sera ton coeur."(Matthieu VI, 21), et si " " Le Royaume des cieux est comparable à un trésor qui était caché dans un champ." (Matthieu XIII, 44), ce trésor caché ne nous renvoie-t-il pas à la Parole perdue à retrouver : I. N. R. I. ...

Quel autre sens est-il à réserver à ces quatre lettres, sinon les attribuant au Christ Jésus, dans une totale humilité, dire qu'ils sont le résumé d'un Mystère, du Mystère de la Gloire de Dieu, ayant accepté par l'Incarnation d'être le plus humble, afin qu'il nous soit permis un jour de contempler Sa Gloire, car ainsi que le souligne l'apôtre " Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui jadis étiez loin, vous avez été rendus proches par le sang du Christ."  (Ephésiens II, 13)

Ce sang de NSJ+C, est explicitement rappelé dans les Rituels évoqués, mais peut-être de manière à n'être entendu que par les Chevaliers qui se reconnaissent comme Amis du Sauveur, lorsque tous les Rituels étudiés et rappelés énoncent cette phrase : "... il se passe un dérangement sur la surface de la terre, le voile du temple s'est déchiré, les Ténèbres se répandent sur la terre, la lumière s'est obscurcie, l'Etoile flamboyante est disparue, la pierre cubique a sué sang et eau, et la Parole est perdue."  (20)

Ainsi que l'on ne saurait le contester selon l'esprit des Rituels de l'Ancienne Maçonnerie, les initiales INRI sont bien  reliés à l'instant où les ténèbres s'obscurcirent, où le voile de ce qui ne pouvait n'être que le Temple de l'Ancienne Alliance, se déchirait, alliance révolue par le Sacrifice du Sauveur, où à la question du Très Sage demandant aux Surveillant comment retrouver la Parole, il lui est répondu  dans le Ms de 1785: "Embrasser la nouvelle loi" (21)

Oui, la Pierre est bien le Christ.

Notre Seigneur a sué sang et eau, d'une part à Gethsémani, alors que les disciples dormaient comme le relate Luc XXII, 44 : " il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient à terre.", le Sauveur étant mort dans la condition de notre vie terrestre, " un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau."  (Jean  XIX, 34)

L'apôtre nous le rappelle : " Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire" (Ephésiens  II;20)

La Pierre a sué sang et eau, il échet de constater que tous les rituels usent du passé composé. Ce choix grammatical qui n'est ni l'imparfait quant à un fait révolu, ni le présent quant à un fait obligatoirement actuel, pose que cette sueur si j'ose dire de sang et d'eau, expression de la Passion morale, cette Passion morale n'est pas rompue par le présent ni par un passé révolu : ne nous revient-il pas Chevaliers Rose+Croix de prendre ce soir conscience que nous sommes susceptibles  - parce que nous sommes es hommes et donc des pécheurs - que nous sommes susceptibles de  maintenir cette Douleur ressentie par Notre Seigneur à Gethsémani, alors qu'il nous revient d'être un jour trouvés fidèles selon le dialogue du Fils à Son Père que relate le Chapitre XVII de Jean.

Si les apôtres sont endormis, et qu'il nous est demandé de veiller, cette veille ne signifie pas d'user de n'importe quels propos, elle suppose parfois le silence et non d'articuler des formules vides d'un quelconque sens spirituel.

Ainsi, tous les Rituels évoqués lors de la Cène font expressément garder le silence aux Chevaliers R+C partageant le Pain et le Vin (23)

Benoît, le Patriarche des moines d'occident expose que : "l'observance du silence  favorise grandement l'esprit de prière." (24)

Le mystère du silence s'inscrit dans l'éducation de l'ouïe qui conduit à l'éveil de la vue, de la vision, de la vision béatifique :"Ecoute ma fille, vois et prête l'oreille" dit le Psalmiste  (Ps. XLV, 11).

Si l'Apprenti doit garder le silence dans le cadre de ce premier cycle de son éducation maçonnique, après avoir franchi les degrés attachés à ce que l'on pourrait dénommer l'Ancienne Alliance,  par distinction et opposition d'une certaine manière à cette Ancienne Alliance, le maçon admis au Chapitre des Chevaliers R+C, embrasse la Nouvelle Loi, cette Nouvelle Alliance et là redevient un Apprenti dont le devoir de silence n'aura plus les mêmes motifs : alors qu'antérieurement il s'agissait pour  lui de canaliser et dompter ses pensées et réactions immédiates, une indiscipline pouvant le conduire à ne pas maîtriser ses passions, le silence du Chevalier R+C  a pour vocation de le conduire vers la contemplation de la Gloire de Dieu, silence ne signifiant surdité mais  écoute de cet invisible car à l'école de Bernard de Clairvaux il est rappelé
"le Saint-Esprit même observe cet ordre dans l'avancement spirituel de l'âme, et qu'il forme .l'ouïe avant de réjouir la vue."(25)
Ainsi, le spirituel précisait-il : "Pendant que la vue n'est pas encore préparée, que l'ouïe s'excite donc, qu'elle s'exerce  et reçoive la vérité." (26)
Pour en finir, certes trop hâtivement avec Bernard, citons ce dernier passage :
"Quelle merveille que l'oreille entende la vérité puisque la foi vient par l'ouïe (Rom. X, 17), que l'ouïe se forme, par la parole de Dieu, et que la parole de Dieu est la vérité? (27)

Aux vociférations du grand prêtre, "Jésus gardait le silence" (Matthieu XXVI, 63). Quand finalement et après ce silence le Christ répond : "je vous le déclare, désormais vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. " (Matthieu XXVI, 64)

Après cette étape du silence qui nous est demandé lors de la Cène,  ainsi que le signalent les plus anciens Rituels, afin de comprendre le sens de notre engagement en qualité de Chevalier R+C. qu'il nous échet de rappeler :
"Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit. - Proclamer sa Gloire par des actes." (12)

Après ce silence choisi par le Sauveur, Le Christ  nous dit : " vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. " (Matthieu XXVI, 64)

En l'occurrence, dès lors que notre silence s'anéantit dans notre tension que nous pouvons appeler Prière et proclame la Gloire de Dieu, il nous sera peut-être permis  sinon de Communier à la Présence, déjà d'accéder à la conscience de ce qui est le Mystère des Mystères.

Si nous gardons consciemment  le Silence lors de la Cène, parce que ce repas est un rappel respectueux du partage du pain avec les disciples d'Emmaüs, et non  le prétexte sinon l'occasion de proférer des mots vides de sens dans la transmission du pain puis du vin au Chevalier à qui nous tendons ensuite des éléments, alors,

- nous ne nous  trompons pas sur le sens de cette Coupe que nous partageons.

- nous ne nous trompons pas sur le sens de ce Pain que nous partageons.

Certes, il serait possible de gloser longtemps encore sur les Rituel de cette Ancienne Maçonnerie qui perdure malgré la révolution Andersonienne.

Il nous échet  d'évoquer les Rituels modernes, occasion sans doute de distinguer les différences volontairement posées par une Maçonnerie a-dogmatique et libérale.

II

Le Protestantisme des Rituels liés à la Maçonnerie moderne et libérale

Si pour notre part, nous estimons que la déchristianisation du Degré de Chevalier R+C émane des conséquences de la révolution Protestante du pasteur Anderson s'opposant explicitement à Rome et par ce fait au Mystère Eucharistique, le dit réformateur d'une Maçonnerie Moderne a-dogmatique  et libérale (24), il est vrai que cette idée gêne bien des maçons, bien des historiens, fussent-ils parmi les meilleurs, comme Pierre MOLLIER qui dans son importante étude n'évoquera pas Anderson (25)

Toutefois, il échet de reconnaître la grande valeur des travaux historiques de Pierre MOLLIER et,  pour notre part, meilleur connaisseur de l'Ancienne Maçonnerie cette Maçonnerie de Tradition est parfaitement défendue par cet autre excellent historien Patrick NEGRIER.

 Pour cette partie moderne, nous conseillerons  de prendre connaissance des leçons de Pierre MOLLIER (25)
Notre réflexion concerne maintenant le XIX° siècle et, en 1806, Antoine-Guillaume CHEREAU écrit en son  Explication de la croix philosophique : "Les quatre lettres du mot des chevaliers R+C, INRI, n'ont pas toujours  été prises pour l'emblème de Jésus+Christ : Ces quatre lettres mystérieuses étaient connues longtemps avant sa naissance, par les anciens philosophes païens qui avaient arraché les grands secrets à la nature. En pénétrant jusqu'au sanctuaire, ils avaient  appris qu'elle se renouvelait à son propre foyer. (le travail de son organisation dépendant continuellement du grand Jehova, âme et matière universelles." (28)

La nature se renouvelle à son propre foyer. Pierre MOLLIER a raison de voir dans cette formule de CHEREAU, sinon de suggérer l'origine de la phrase : Igne Natura Renovatur Integra, cette formule toute païenne C'est par le feu que la nature se renouvelle, remplacera pour le Rituel de 1765 : Jésus de Nazareth Roi des Juifs et pour les autres rituels préalablement  étudiés : Emmanuel assimilé à l'explication des initiales INRI (29)

Nous sommes bien dans une déchristianisation du Rite !

Afin de ne pas conséquemment augmenter le temps de votre écoute et compte tenu que vous avez en main un ou des rituels de Chevalier R+C, que fort des observations émises, il vous sera aisé de percevoir la révolution organisée dans l'évolution du Rituel du Chevalier R+C à compter du XIX° siècle, qu'il me soit permis deux remarques quant à ces derniers :

RAGON en son Rituel remplacera les réponses à INRI par celles-ci : D. Mon F:. D'où avez-vous tiré le plus de connaissance ? - R. De l'Inde. - D. Qui vous a le mieux guidé ? - R. La Nature. - D. Qu'a-t-elle produit en vous ? - R. La Régénération. D. Qu'avez-vous eu à combattre ? R. Mon Ignorance." (30)

Obligé de suivre certaines lignes du Rituel RAGON, déformera toutefois le sens de ce dernier autant que faire se pourra, aux 33 ans de NSJ+C s'étant Incarné et dont le sens est suggéré par les anciens Rituel, il préférera prétendre que cet âge représente
"deux 3 {qui]indiquent deux triangles ou les deux hémisphères."  (31)

Alors que toujours est suggéré le Christ, RAGON préfère à cette question répondre en évoquant la Loge : "D. Qui vous a reçu ? - R. Le plus modeste de  tous. D.  Qu'entendez-vous par ces paroles ? - R. Que dans nos réunions, on ne se distingue que par les talents, et le plus instruit voit qu'il ne sait rien en comparant ce qui lui reste à apprendre." (32)

Par ailleurs, il est donc des rituels disant lors de la Cène : "Donnez à manger à celui qui a faim"  et aussi  "Donnez à boire à celui qui a soif."

Déjà que l'actuel Benedicite dans sa formule dite Latine ou Romaine, suggère ce qui relève d'une fausse charité car dans les faits, quel Chevalier ira donner à manger ou à boire après ou avant la Cène à celui qui  faim et qui a soif.

Sous l'extrême réserve de s'appliquer cette discipline : "j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire." (Matthieu 25, 35), ne proférons pas des paroles qui exposent un engagement que nous ne saurions tenir.

Si nous devions vraiment parler; il sera préféré cette formule traditionnelle : " Que la main de Jésus-Christ nous bénisse, nous et la nourriture que nous allons prendre. Ainsi soit-il." (32)

Car c'est Dieu qui pourvoit et non l'homme, fuit-ce par la main de l'homme,  ainsi cette prière avant le repas :
" Les regards de toutes les créatures se lèvent vers Toi, Seigneur, Tu leur accordes la nourriture en temps opportun; Tu ouvres ta main généreuse et Tu combles tout ce qui vit des dons de ta sollicitude."  (33)

Il nous revient de conclure. Certes bien des points furent abordés et j'ose espérer ne vous avoir pas trop importuné.

S'il nous échet de ne pas oublier notre Devoir : "Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit. - Proclamer sa Gloire par des actes." (12),  alors comprendrons-nous au travers de la Cène, ce rappel de l'apôtre : " Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu." (I Cor. X, 31)

Que l'occasion de cette Cène, de ce partage silencieux, soit un instant privilégié pour nous rappeler nos Devoirs, quand bien même il ne s'agit pas au travers de cette cérémonie d'actualiser le Dernier Repas de Notre Seigneur pris avec ses apôtres, du moins pour rendre gloire à Dieu, ne nous trouvons nous pas aidés par cette Présence spirituelle promise par le Sauveur : " là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. " (Matthieu 18, 20)

Cette communion la partageons-nous ? Il nous échet par nos actes de rendre témoignage, alors nous n'aurons pas failli à notre devoir de Fraternité envers tous les êtres qui, en ce Grade se décline selon les trois Vertus théologales, trésor  de la FM Universelle, car ainsi que le rappelle l'apôtre :
" Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien."  (I Corinthiens XIII, 2)

J'ai dit.

----------------- Notes

1 - Ms REGIUS, vers  585 à 591 puis 637 à 648. Nous suons par commodité d'une édition Internet, toutefois pour une version imprimée : La franc-maçonnerie : documents fondateurs, Cahiers N° 62, L'Herne Ed, pages 59 et 61.

2 - Id. vers 687 à 693, op. cité page 63  

3 - Jean BAYLOT : Dossier français de la FM régulière, Paris, Ed VITANO, 1965, page 79.

4 - Théodore de TSCOUDY : L'Etoile flamboyante, tome 1, page 149, éditions numérisées disponibles sur Internet, notamment : http://www.masoniclib.com/

5 - Rituel : Chevalier de l'Aigle Souverain Rose Croix Ms 3080  Avignon, Musée Calvet, pages 64 et 75 selon transcription sur Internet : 1785 TROISIEME POINT DU ROSE CROIX

6 - J-P BONNEROT : Judas ou les conditions de la rédemption, Cahiers d'Etudes Cathares Ed, 1984, N° 104. Parmi les accès via Internet : http://misraim3.free.fr/gnosticisme/JUDAS.PDF

7 - Anonyme : Les Devoirs enjoints aux Maçons libres 1735-1736 Bnf, Ms N° FM4 -146, texte donné intégralement par Alec MELLOR : La charte inconnue de la franc-maçonnerie chrétienne. Mame Ed, 1965 page 11, Cf., par ailleurs le chapitre 2 "La religion dont tout chrétien convient." pages 49 et ss.

8 - Ordre de Lyon : Rituel d'affiliation, pages 2 et 3 extraits.

9 - Anonyme : Un rituel du grade de Rose+Croix daté de 1765. Bibliothèque historique de la ville de Paris, Ms 23191, transcrit in Renaissance Traditionnelle, Numéros 5, 6 et 7, janvier, avril et juillet 1971, présentement N° 7, page 241.
A propos d'Emmaüs : ... "Et eux racontèrent ce qui s'était passé sur la route et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.  Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d'eux et il leur dit : " La paix soit avec vous. " (Luc XXIV, 35-37)

10 - Id, page 242, Le Ms Kloss  XXXIV-2 (non paginé) offre une prière pratiquement similaire
Ce rituel fut donné en son temps sur le site du groupe Martiniste  Yahoo Maitre Inconnu. Certains furent placés sur le site de l'ODL, il est envisagé de placer d'autres Ms Kloss.

11 - Paul NAUDON : Histoire et rituels des hauts grades maçonniques. Dervy Ed, 1972, page 259.

12 - Ordre de Lyon : Rituel de Chevalier R+C,  ouverture, clôture, célébration de la Cène, page 15.

13 - Anonyme : Un rituel du grade de Rose+Croix daté de 1765, op. cité, page 246.

14 - Rituel : Chevalier de l'Aigle Souverain Rose Croix Ms 3080  Avignon, op. cité, pages 63 et 75 de l'édition Internet utilisée.

15 - Rit Ecoss:. primitif, R:.+, 22e GRAD:.; CAHIER DU T:. SAGE. sOUV:. Chap:. de la Bonne Amitié, Val:. de Namur, Ms non paginé,  aimablement transmis par un Frère. Sauf erreur, Ms Kloss VL4

16 - Anonyme : Un rituel du grade de Rose+Croix daté de 1765. Bibliothèque historique de la ville de Paris, Ms 23191, op. cité, page 244

17 - Ms Kloss XXXIV-2, déjà cité en note 10, sans pagination originelle

18 - Rituel : Chevalier de l'Aigle Souverain Rose Croix Ms 3080  Avignon, Musée Calvet,
op. cité, pages 63 et 75

19 - Anonyme : Recueil précieux de la Maçonnerie Adonhiramite (tome2), 7° Grade, 1786, page 133. Pour un accès Internet via Google par exemple.

20 - Rituel de 1865, op. cité, page 158 ; Rituel de 1785, op. cité, page 57 et 69 ;
Rite primitif de Namur, non paginé ; Ms Kloss, op. cité, non paginé ; Recueil précieux, oP; cité, tome 2, page 122 ; Rite Français, Ms 1786, Travaux du Souverain Chapitre en ses Quatre Ordres, A L'ORIENT Ed, 2002, page 125.
>>> Il sera signalé qu'en dehors du Ms de 1765, les autres textes ajoutent  que les outils et/ou les colonnes de la Loge sont brisés.

22 - Travaux du Souverain Chapitre en ses Quatre Ordre, op. cité, page 131

23 - Rituel de 1865, op. cité, pages 242, 243 ; Rituel de 1785, op. cité, page 63 et 6( ; Rite primitif de Namur, non paginé ; Ms Kloss, op. cité, non paginé ; Recueil précieux, op; cité, tome 2, page 133 ; Rite Français, Ms 1786, Travaux du Souverain Chapitre en ses Quatre Ordres, op. cité, page 153.
>>> Il sera signalé une légère variante dans le Recueil précieux où le Très Sage en donnant la coupe au 1er Surveillant, dit : Emmanuel, et le 1er Surveillant lui répond  Pax vobis.

24 - Daniel LIGOU : Constitutions d'Anderson, Ed maçonniques de France, page 187 : "article 6 De la conduite à tenir  [relativement à ce qui touche le devoir de ne pas évoquer la religion, la Nation, la politique de l‘Etat, Anderson termine le §2 ainsi] : « Cette obligation de toujours a été strictement enjointe et observée, mais particulièrement depuis la Réforme en Grande Bretagne vu la séparation et la sécession de ces Nations de la communion de Rome. »

25 - Pierre MOLLIER : Le grade maçonnique de Rose-Croix  et le christianisme : enjeux et pouvoir des symboles, L'Age d'Homme Ed, collection POLITICA HERMETICA, N° 11, 1997, pages 85 à 114

24 - Règle de notre père saint Benoît, traduction de Philibert SCHIMITZ, Ed BREBOLS,  chapitre 19, article 63, page 46.

25 - St BERNARD : Sermons sur le cantique des cantiques, in œuvres mystiques, sermon 28, 7, Ed du Seuil, page 342.  Pour un accès Internet :
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/ 
Nous utilisons, par commodité, de  l'édition Internet pour les citations.

26, id. 28,6. page 341

27 - id. 28, 7, page 343

28 - Antoine-Guillaume CHEREAU : Explication de la croix philosophique, Gutenberg reprint, page 11
Il échet de signaler l'imprécision de  Pierre MOLLIER en sa note N° 44, page 111,  l'éminent historien cite la page 11 dudit texte, sans distinguer qu'une même  pagination existe  pour un autre texte inséré sur l'"Explication de la pierre cubique,
d'autant que le titre donné comprend les deux opuscules, mais leur pagination ne se suit pas.

29 - A titre d'exemple, tous les rituels principalement étudiés sauf celui de 1765, exposent : D. INRI -R. Il est juste Très Sage Maître - D. Ne vous a-t-on rien donné de plus ? - R. Très Sage on m'a donné le mot de passage qui est  Emmanuel.

30 - J-M RAGON : Ordre Chapitral nouveau GRADE DE ROSE-CROIX, fac-similé, Ed du Prieuré,  page 69

31 - Id. page 73

31 - Id. page 75

32 - http://hcrouzablanque.free.fr/parties/prieres.htm#benedicites

33 - http://calendrier.egliseorthodoxe.com/pages/prieres/midi.html

4/06/2013

La nouvelle version de la revue L'INITIATION



   Alors que la nouvelle série de la revue L'initiation voyait le jour en 1953, fin  2012 cette version arrêtait - après soixante années -, de paraître sous la forme d'une revue imprimée.

   Remercions les responsables de poursuivre leur action désintéressée avec l'aide d'informaticiens sans qui la nouvelle version numérique n'aurait pu voir le jour.

   Pour une lecture déjà du premier numéro de 2013, dont le rédacteur en chef Yves Fred BOISSET nous précise en son éditorial que ladite version est gratuite, voici le lien : 

                    http://www.linitiation.eu/

   A mon tour, je ne puis que vous souhaiter une bonne lecture et vous inviter à remercier le rédacteur en chef et le directeur de la revue pour l'heureuse initiative prise, la maintenance d'une revue fondée au XIX° siècle par Gérard ENCAUSSE.

   JPB

2/26/2013

Comment pouvons-nous comprendre l'allégorie de la Colombe dans le Rituel de Cagliostro ?



ORDRE DE LYON


ORDRE MACONNIQUE RETABLI DE MEMPHIS ET MISRAIM

Souverain Sanctuaire de Béthanie

R :.  L:.  LA SAGESSE TRIOMPHANTE
Loge de recherche sur les Rites Egyptiens

A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE TOUS LES MONDES,
Mes Frères en vos Degrés, Grades et Qualités,

Comment pouvons-nous comprendre l'allégorie de la Colombe dans le Rituel de Cagliostro ?

Comme déjà cela fut évoqué dans une méditation antérieure tentant de répondre à l'interrogation de CAGLIOSTRO : A quels indices reconnaîtrais-je un
véritable maître dans l'art primitif ?, nous fumes amené à comprendre que, similairement à la littérature alchimique, emplie d'éléments inutiles ou farceurs
CAGLIOSTRO a pu égrener dans son catéchisme appelé volontairement et faussement Rituel, des suggestions qu'il ne convient pas  de prendre à la lettre, sauf à risquer de s'engager vers des voies qui ne mènent nulle part, du moins hors du Chemin proposé par le fondateur des Rites Egyptiens.

L'allégorie de la Colombe figure parmi les exemples typiques de ce qu'il ne convient pas de prendre à la lettre, mais d'entendre selon l'esprit, nous cesserons jamais assez de le répéter non seulement CAGLIOTRO est Chrétien, mais le Rite Egyptien dans sa forme originelle et ses continuations le sont tout autant, si l'on excepte à juste titre des déformations, malheureusement trop souvent suivies, de prétendus continuateurs de cette illustre Tradition.
A la question : Quel est l'emploi ou quels sont les travaux de la colombe ?
Le catéchisme de CAGLIOSTRO répond : À servir d'intermédiaire entre l'ange du Seigneur et les élus, à faire connaître à ces derniers la volonté divine et enfin à les convaincre évidemment de l'existence et de la grande puissance de Dieu.

Le Rituel de réception SELON L'ORDRE DU GRAND COPTE POUR LE GRADE DE MAÎTRE DE L'INTÉRIEUR DE LA LOGE ÉGYPTIENNE  commence par cette prière :
" À l'ordre, mes frères. Au nom du Grand Copte, notre fondateur, cherchons à agir et à travailler pour la gloire de Dieu, de qui nous tenons la sagesse, la force et le pouvoir et tâchons d'obtenir sa protection et sa miséricorde, pour nous, pour les souverains et pour notre prochain. Joignez vos prières aux miennes pour implorer en ma faveur son secours et les lumières qui me sont nécessaires."

Conscient que l'homme n'et rien sans le secours de la Grâce et que parmi les moyens offerts pour se rapprocher, autant que faire se peut, de La Présence Divine, CAGLIOSTRO propose d'invoquer les sept anges qui environnent le Trône de Dieu :
"ô Grand Dieu, Être suprême et souverain, nous vous supplions du plus profond de notre cœur, en vertu du pouvoir qu'il vous a plu d'accorder au G.C., notre maître, de nous permettre de faire usage et de jouir de la portion des grâces que nous a données le G. C, en invoquant les sept anges qui environnent votre trône et de les faire opérer et travailler sans enfreindre vos ordres ni blesser votre innocence."

INVOQUER, N'EST PAS EVOQUER ! Il n'est aucune pratique magique chez CAGLIOSTRO qui ne cesse d'inviter ses Frères à pratiquer le bien et à prier Dieu, ainsi que cela fut maintes fois rappelé en nos travaux antérieurs.

Les rapporteurs de la cérémonie touchant l'exaltation à la maîtrise, déclarent que la colombe serait un enfant : il n'est aucun passage du Rituel de CAGLIOSTRO, par nous relu, qui donne une quelconque précision sur qui serait ou devrait être la personne désignée sous cette appellation.

Qu'il nous soit permis un rapprochement entre l'idée d'un enfant en rapport avec le monde angélique tel que pensé généralement en ce qui touche la cérémonie de la colombe, avec ce rappel : "Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, aux cieux leurs anges se tiennent sans cesse en présence de mon Père qui est aux cieux." (Mathieu XVIII, 10)

Ne méprisons donc pas cette cérémonie de la colombe telle que décrite, et tentons plutôt d'en  comprendre le sens.

D'autant qu'en réplique à l'évangéliste, CAGLIOSTRO en son catéchisme ne manque pas de rappeler par cette interrogation :

"D. Qu'avez-vous observé dans l'intérieur de ce temple ?
R. Une colombe très chérie et très favorisée de Dieu."






I
La cérémonie se déroule selon les temps suivants :

- le Vénérable souffle trois fois sur la colombe
- le Vénérable place la colombe à l'intérieur d'un tabernacle
- la colombe est chargée de communiquer avec l'ange afin de savoir si le compagnon est digne de devenir Maître

Le sens en est donné dans le catéchisme livré à la suite de la réception :
"D.  Quel est l'emploi ou quels sont les travaux de la colombe ?
R. À servir d'intermédiaire entre l'ange du Seigneur et les élus, à faire connaître à ces derniers la volonté divine et enfin à les convaincre évidemment de l'existence et de la grande puissance de Dieu."

Que nul ne s'égare ou ne cultive les erreurs sans cesse réitérées : il n'est point de magie, point d'évocation, la voie proposée par CAGLIOSTRO est une voie de PRIERE et d'ACTON n'ayant qu'un seul but, faire La volonté de Dieu.

II

Le Vénérable souffle trois fois sur la colombe
1° - Le souffle de l'Esprit.

Avant l'œuvre des Six Jours, " le souffle de Dieu planait à la surface des eaux"
(Genèse I, 2). Le maintien primordial se fait par l'Esprit qui rend possible l'ordre
de  la création par le Verbe, l'abbé ALTA sera peut-être le seul à distinguer Logos et Verbe en sa belle traduction de Jean : "Dans le Principe était le Logos, en Dieu était le Verbe, Et c'est Dieu qui était Verbe."  (1) et, pour revenir à l'Esprit, Il parfait la création comme le souligne Saint BASILE : "Il s'ensuit que c'est par la volonté du Père que les esprits serviteurs subsistent, par l'acte du Fils qu'ils arrivent à l'être, par la présence de l'Esprit qu'ils reçoivent leur perfection." (2)

Toutefois, pour les Pères et notamment  pour BASILE, la perfection de l'homme, de la nature, n'est possible qu'en communion avec Dieu.

Ce souffle manifesté sur la colombe voudrait rappeler symboliquement le retour de l'Esprit qui avait quitté le monde à suite de la Chute, monde d'avant la Chute où l'home était en pleine communion avec Dieu et Sa Création manifestée à compter du Troisième Jour, en dessous de l'étendue séparant les eaux supérieures et les eaux inférieures au soir du Deuxième Jour. (         Genèse I, 7-11)

Ce souffle du Vénérable est un symbole, il est évident que CAGLIOSTRO ne se compare pas, ni ne fait comparer le Vénérable Maître à NSJ+C qui, au soir de la résurrection, souffla sur les apôtres, cette Pentecôte Johannique si oubliée :

"Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit : " La paix soit avec vous. " Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : " La paix soit avec vous. Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie. "
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " (Jean, XX, 19-24)

Ne l'oublions pas, la perfection de la relation de l'homme à Dieu le Père se fait sous réserve de la Présence de l'Esprit.
Attendu que le Maître au sein de notre illustre Tradition fidèle aux Anciens Devoirs et à la Franc-Maçonnerie Universelle est censé être parvenu ou disposer tout du moins des moyens pour tendre vers une certaine perfection par l'application des Devoirs qui sont liés à la Fraternité, expression de la Bienfaisance comprise comme manifestation de la Charité envers tous les êtres, ce souffle donné par le Vénérable Maître n'est-il pas le rappel symbolique de l'état de perfection  auquel doit tendre le Maître Maçon ?

Alors qu'il ne s'agira pas pour le Maître Maçon et la Loge de prétendre s'identifier à la Très Sainte Trinité dans Son essence ou Sa Création, on comprendra que le Christianisme de CAGLIOSTRO s'opposant à la révolution Andersonienne, fasse référence au symbole de l'Esprit par le souffle, lorsqu'avec les autres Pères, Athanase d'Alexandrie nous rappel cette nécessité de la Présence de l'Esprit lorsqu'il déclare : "En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l'Esprit, et c'est ainsi que l'unité de la Sainte Trinité est sauvegardée, ainsi que dans l'Eglise est annoncé un seul Dieu, qui est au dessus de tous et agit par tous et est en tous." (3)

Avant d'accéder à la Maîtrise, l'unité de la Loge des Maîtres Maçons est de surcroît exposée aux oreilles qui ne refusent pas la Réforme Chrétienne  de Lyon celle de CAGLIOSTO, il s'entendait bien entendu.






Le Vénérable place la colombe à l'intérieur d'un tabernacle
2° - Le tabernacle comme symbole de la Présence du Christ.

Le tabernacle n'est pas celui de l'Ancienne Alliance puisque Chrétien, CAGLIOSTRO n'ignore pas ce que rappelle l'Apôtre : " Tout grand prêtre est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; d'où la nécessité pour lui aussi d'avoir quelque chose à offrir. Si le Christ était sur la terre, il ne serait pas même prêtre, la place étant prise par ceux qui offrent les dons conformément à la loi ; mais leur culte, ils le rendent à une image, à une esquisse des réalités célestes, selon l'avertissement divin reçu par Moïse pour construire la tente : Vois, lui est-il dit, tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne. En réalité, c'est un ministère bien supérieur qui lui revient, car il est médiateur d'une bien meilleure alliance, dont la constitution repose sur de meilleures promesses." (Hébreux VIII, 3-7)

Ce tabernacle de l'Ancienne Alliance construit tel une tente de tissus divers, est obsolète depuis l'Incarnation puisque c'est Jésus+Christ qui est maintenant manifestation permanente de La Présence   devant notre Foi, l'Apôtre déclarant :
" Elle est pour nous comme une ancre de l'âme, bien fermement fixée, qui pénètre au-delà du voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu grand prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédeq." (Hébreux VI, 19,20)

Le tabernacle que suggère CAGLIOSTRO est une fois encore un symbole utilisé pour, non pas enfermer la colombe dans ce lieu clos, mais expliquer que l'être ainsi dénommé Colombe, représentant de surcroît la Loge des Maîtres Maçons, se trouve en pleine communion avec NSJ+C, présent non seulement dans le tabernacle mais en fait dans tout le champ de la Création notamment par cette Présence spirituelle " Car, là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. " (Matthieu XVIII, 20)

Cette union  par la prière fut déjà évoquée dans notre méditation sur le catéchisme qui nous occupe, CAGLIOSTRO expliquant notamment :
"D. Quel moyen faut-il employer pour obtenir cette grâce de Dieu?
R. En l'adorant, en respectant son souverain et surtout en se consacrant au bonheur et au soulagement de son prochain, la charité étant le premier devoir d'un philosophe et l'œuvre la plus agréable à la Divinité. À cette conduite, il faut y joindre des prières ferventes pour obtenir de sa bonté qu'il incite un de ses élus à vous dévoiler les arcanes de la nature."






La colombe est chargée de communiquer avec l'ange afin de savoir si le compagnon est digne de devenir Maître
3° La relation avec les messagers de Dieu

Comme nous avons pu déjà l'évoquer en d'autres méditations, les anges n'apparaissent  pour la première fois, que lorsque le couple originel est chassé du Jardin d'Eden (Genèse III, 24), ils se manifesteront à l'homme comme envoyés de Dieu, livrant généralement un message.

L'ange qui n'a pas chuté et qui peut-être bien appartient au champ de la Création qu'il ne nous est pas permis de connaître et sur laquelle l'Œuvre des six Jours se tait, à savoir le sort des eaux supérieures à l'étendue créée le Deuxième Jour (Genèse I, 6-8), peut encore être messager de Dieu, en l'espèce, s'il est très certain que dans les faits, jamais CAGLIOSTRO ne procéda à la cérémonie telle que décrite, la symbolique suggérée de la relation à l'ange ou à des anges, en l'occurrence ceux des sept planètes, nous invite à comprendre que CAGLIOTRO suggère que l'interrogation posée, ne porte ni sur les qualités d'un instant, d'un lieu, d'un état, mais doivent être en communion avec la Création universelle symbolisée par les sept planètes.

Sept planètes, expression de la récapitulation selon l'Apocalypse de Jean, et le voyant de Pathmos de déclarer : "Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m'adressa la parole, en disant: Viens, je te montrerai l'épouse, la femme de l'agneau." (Apoc. XXI, 9)

L'Epouse c'est l'Eglise, cette ecclesia faite de tous les êtres qui hier, aujourd'hui ou demain, viendront ou reviendront à Dieu, dont le plus grand des commandements rappelé par NSJ+C est d'aimer son prochain, qu'est-il demandé à celui qui entend devenir un Maître Maçon, sinon de pratiquer la Fraternité, quelle est cette fraternité, elle n'est pas réservée aux seuls membres de notre auguste société, elle doit être pratiquée envers tous les êtres sans aucune distinction, tel est de le premier Devoir du Maître Maçon, tel est le sens de cette cérémonie qui n'a pour vocation que de rappeler ce que nous dit l'Apôtre :
" Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,"(I Cor. XIII, 1-5)

N'est-ce pas sur le Devoir de Charité que le Maître Maçon doit être sondé ?

En proposant l'allégorie de la colombe, CAGLIOSTRO se garde bien de prétendre qu'il nous appartient de juger notre Frère, car seul Dieu sonde les reins et les cœurs. (Apoc. II, 23)

J'ai  dit.

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1 - Saint Jean, traduit et commenté par ALTA, Paris, Henri Durville Ed, 1919, PAGE 25.

2 - BASILE DE CESAREE : Sur le Saint Esprit XVI, 38, Paris, Ed du Cerf, Coll S.C. N° 17 bis, page 379.

3 - ATHANASE D'ALEXANDRIE : Lettres à Sérapion  I, 28, Paris, Ed du Cerf, Coll S.C. N°15, page 134.