12/25/2010

Noël … Nouvel an 1943 à ESTERWEGEN

De l’Ill\ et R\L\ LIBERTE CHERIE





Noël … Nouvel an 1943 à ESTERWEGEN





Fernand Van Horen (Horn) raconte avec talent la veillée de Noel 1943 à Esterwegen (Google : Noel à Esterwegen).Il termine son récit : « Ceux qui ont la chance de pouvoir encore raconter leurs impressions à ce sujet, songeront avec émotions à cette nuit d’Esterwegen, nuit d’espérance, qui restera pour eux un de leurs plus beaux Noel ».



Soixante-cinq ans plus tard, j’ai cette chance mais pour moi ce Noël me rappelle des moments les plus pénibles d’une captivité « nacht und nebel » qui allait se poursuivre encore 17 mois.

Je gardais des séquelles des coups reçus lors des interrogatoires ''musclés'' subis à la Gestapo et, dans la seconde quinzaine de décembre 43, je commence à ressentir des douleurs dans l’oreille.



Le docteur Degueldre, notre compagnon de captivité à la baraque 6, diagnostique une otite Malheureusement, nous n’avons absolument rien pour soigner ou atténuer la douleur. Aussi, dans les jours qui suivent, je souffre de plus en plus et l’abcès se développe démesurément. Le médecin prévoit une méningite et en l’absence de tout traitement elle risque d’être rapidement mortelle. Il faut me transférer au « Revier Nord » où se trouvent les instruments chirurgicaux et percer l’abcès.



Comme nous sommes à deux jours de la Noël, je ne serai admis au « Revier » que le lundi 27 décembre. En attendant, je suis autorisé, à titre tout à fait exceptionnel, à rester au lit dans la journée ; ce qui est « strict verboten ».



Ecrasé de douleur je ne m’alimente plus et, à partir du 23 décembre, je gis sur une paillasse au milieu du dortoir plus ou moins dissimulé par les autres lits qui m’entourent.



Le lendemain et surlendemain l’on fête Noël à la 6, comme l’a si bien décrit Horn et, j’engage mes compagnons à se partager mes maigres rations alimentaires que je ne parviens plus à absorber.



Pratiquement inconscient, je reste dans le dortoir jusqu’au lundi 27, jour de mon admission au Revier Nord. J’y suis accueilli par le docteur Cappeliez qui se rallie à l’avis du docteur Degueldre et décide de percer l’abcès. Mais il faut obtenir l’autorisation du ‘’Fou’’(le gardien aspirant infirmier) qui a la haute main sur tout ce qui se passe dans la baraque et tient les instruments chirurgicaux sous clé.



Lorsque le docteur Cappeliez explique la situation et propose l’intervention, le Fou refuse avec mépris « Laisses-le, il va crever ! ».

Je suis donc installé sur le premier lit, juste à côté de la porte d’entrée. Sans doute pour être plus facilement évacué le moment venu… Sans aucun soin il semble évident que cela ne tardera pas…



Dans la baraque 9 transformée en « hôpital » les lits étaient disposés en deux doubles rangées de part et d’autre de l’allée centrale. A la tête du mien, le lit voisin était occupé par un résistant français très âgé et devenu tout à fait sénile. A côté de moi, séparé par un espace de 50 centimètres, un résistant ardennais vit ses derniers jours.



Pour moi, l’année s’achève en un lent crescendo de souffrance… La nuit du 31 décembre sera terrible. Mon voisin agonise et, assis sur un tabouret collé entre nos deux lits, l’Abbé Froidure prie à son chevet. Quelques heures après le couvre-feu, le silence s’installe peu à peu…



Tout à coup, dans l’obscurité totale, l’on entonne La Marseillaise à pleine voix. C’est mon autre voisin, le vieux résistant français, « au garde-à-vous » près de son lit, à deux mètre de moi. Si le gardien-chef du « Revier », (le Fou), est réveillé, il va le massacrer…Quelques camarades se précipitent, et réinstallent le malheureux dans son lit.

Des gémissements et manifestations des cauchemars troublent le silence relatif qui se rétabli peu à peu…



Une heure ou deux plus tard, nouveau branle-bas. Le vieux fermier récidive mais cette fois, il ne chante plus mais s’attaque à son voisin et tente de l’étrangler. L’on se précipite à nouveau pour le calmer et chacun essaye de surmonter ses douleurs pour retrouver le sommeil interrompu brutalement. Sur son tabouret collé à mon lit, l’abbé Froidure est toujours en prières au chevet de l’agonisant.



La nuit s’achève péniblement… A l’aube je suis réveillé par une douleur aigüe qui s’apaise tout à coup. L’abcès vient de percer tout seul, mon oreiller est plein de sang et de pus. Je suis soulagé et, tout au moins provisoirement sauvé…



A coté de moi je ne retrouve pas l’Abbé Froidure et mon voisin à disparu…

Je me lève et m’approche de l’évier pour me laver la figure. Je dois enjamber le cadavre qui gît complètement nu, à son orteil un bout de papier avec un numéro de 4 chiffres…

Nous sommes le 1ier. Janvier 1944, ce ‘’Jour de l’an’’ est aussi celui de mon 20ième anniversaire ……



Franz Bridoux (2009)





Liberté Chérie ?





Luc Somerhausen , principal artisan de la fondation de la loge 'LIBERTE CHERIE' à Esterwegen, n’a jamais révélé ce qui l’avait amené à choisir ce nom . Sans doute ce choix lui paraissait-il évident pour ceux qui subissaient une terrible captivité dans ce camp de la mort lente.



Die Moorsoldaten

Parmi les N.N. de la baraque 6 à Esterwegen quelques anciens scouts ou membres d’autres organisations de jeunesse évoquent avec nostalgie les veillées autour du feu de camp. Souvent, l’un ou l’autre commence à chanter suivi bientôt par ses compagnons auxquels d’autres viennent se joindre peu à peu. La chorale improvisée compte quelques participants très appréciés comme le Liégeois Henri Merland chanteur d’opéra, le jeune F.T.P. Français Pol Lavoine, ancien animateur accompagné à l’accordéon dans les bals de guinguettes du Nord-Pas-de-Calais ; mais aussi le docteur Degueldre qui a régulièrement son petit succès en interprétant « Le Chameau s’en fout » ou l’une de ses inénarrables blagues de carabins comme sa fameuse « Tirade du pet ».



Mais c’est tout de même Joseph Berman qui récolte tous les suffrages en lançant « Le Chant des Marais » qu’il connaît par sa participation antérieure aux mouvements de jeunesse Juifs. Il nous apprend la chanson et nous nous joignons à lui tandis que d’autres groupes de chanteurs se forment aux tables voisines.



Nous avons remarqué deux interprétations différentes du quatrième couplet.



Tandis que nous chantons :

Mais un jour dans notre vie, le printemps refleurira

Liberté, LIBERTE CHERIE, je dirai tu es à moi.



L’autre groupe chante : Patrie, O ma patrie, je dirai tu es à moi.



Ce choix est significatif de l’engagement des deux grandes tendances de la résistance en Belgique : l’une menant surtout un combat national, l’autre donnant la priorité à la lutte contre les ‘’Nazis’’.,



Nous sommes tous des résistants et nous nous apprécions comme tels mais nous aimons à clamer notre aspiration première en haussant la voix et en scandant plus notre chant lorsque nous arrivons à ce passage de la chanson.



C’est une sorte de « jeu-défit » auquel participent nos voisins de tables les Frères Paul Hanson-Luc Somerhausen-Franz Rochat-Jean Sugg-Guy Hannecart-Joseph Degueldre et Amédée Miclotte.



Sans doute les fondateurs de l’Illustre et Respectable Loge LIBERTE CHERIE n’ont-ils pas cherché plus loin pour lui trouver un nom…



Franz Bridoux.





Le Chant des Marais

1 Loin dans l'infini s'étendent

De grands prés marécageux

Oh ! Terre de détresse

Pas un seul oiseau ne chante

Où nous devons sans cesse

Sur les arbres secs et creux



Refrain

Piocher, piocher.



2 Dans ce camp morne et sauvage

Entouré d'un mur de fer

Oh ! Terre enfin libre

Il nous semble vivre en cage

Où nous pourrons revivre

Au milieu d'un grand désert



Dernier refrain

Aimer, Aimer



3 Bruit des pas et bruit des armes

Sentinelles jours et nuits

Et du sang, des cris, des larmes

La mort pour celui qui fuit





4 Mais un jour dans notre vie

Le printemps refleurira

Liberté, Liberté Chérie

Je dirai tu es à moi



Franz BRIDOUX - franzbridoux@skynet.be

12/06/2010

Les Francs Jardiniers : expression d'une Fran Maçonnerie Chrétienne ?


LES FRANCS JARDINIERS

Expression d’une Franc- Maçonnerie Chrétienne ?


Dans la mesure où sur ce support ; il n’est pas possible de déposer les éléments trop volumineux  trouvés sur Internet en langue anglaise et traduits par Google, je vous propose d’accéder à cette vaste étude en vous rendant sur le site du groupe théologique :

où dans l’espace « Fichiers » il convient de rechercher le dossier « Courants et contre-courants ».

Si ce sujet peu connu en France, après lecture retenait votre attention, mon travail de compilation n’aura pas alors été inutile.

 Attention :
Pour ceux qui ne seraient pas déjà membre du Groupe Théologique, lors de leur inscription sur Yahoo, il échet de créer une adresse de courriel Yahoo. Si celle-ci ne se trouvait pas être votre adresse pour recevoir des courriels, précisez bien comme adresse principale celle que vous utilisez quotidiennement.

12/03/2010

Ouverture d'une Loge de recherche sur les Rites Egyptiens



ORDRE DE LYON



ORDRE MACONNIQUE RETABLI DE MEMPHIS MISRAIM

Souverain Sanctuaire Général Lyonnais
Souverain Sanctuaire de Bethanie


R :. L :. LA SAGESSE TRIOMPHANTE

Loge de recherche sur les Rites Egyptiens


Ma Sœur, Mon Frère,

L’Ordre de Lyon qui représente - avec deux autres Loges indépendantes dans le monde -, la maintenance de la filiation des Très Illustres Frères J. BRICAUD et C. CHEVILLON, s’honore d’être fidèle à l’esprit de ses illustres prédécesseurs et notamment du T. Ill F. Constant CHEVILLON, a le plaisir de vous informer qu’une Loge de recherche sur Paris :
LA SAGESSE TRIOMPHANTE tiendra des tenues régulières le dernier lundi de chaque mois dans le grand temple de la Grande Loge Française de Misraïm sis 21 rue Cugnot 75018.

La première tenue qui aura pour vocation principalement  d’expliquer l’esprit de l’Ordre et le programme des travaux de la Loge de recherche, se tiendra le 27 décembre 2010 à 20 heures.

Les membres fondateurs de la R :. L :. LA SAGESSE TRIOMPHANTE seraient honorés de votre présence.

Attendu qu’il s’agit d’une Loge de recherche et face au travail qui portera sur la pratique et l’essence des Rituels Egyptiens, les Maîtres qui ne demanderaient pas leur affiliation ne seront admis comme visiteurs que trois fois seulement.

Dans l’attente du plaisir de vous retrouver sur les colonnes,

Fraternellement,
Pour l’Ordre de Lyon



9/12/2010

8/26/2010

Défense du rite de Misraïm - VERNHES (1822)

Défense du rite de Misraïm (1822)

GLOIRE AU TOUT-PUISSANT. SALUT SUR TOUS LES POINTS DU TRIANGLE, RESPECT A L'ORDRE. A tous les Maçons de tous tes rites. « Depuis longtemps la calomnie s'est déchainée contre L'ordre de Misraïm ; des discours virulents ont été prononcés dans le Grand-Orient, des circulaires ont été lancées par lui. Si rien n'a été répondu, jusqu'à ce jour, à toutes ces diatribes, c'est que, forts de leur conscience et de leur dévouement au gouvernement, les enfants de Misraïm dédaignaient ces odieuses diffamations, dont tout le blâme devait retomber sur ceux qui en faisaient retentir les voûtes des temples maçonniques. Mais les calomniateurs, enhardis par le silence des Misraïmites, sont parvenus à inspirer des soupçons à l'autorité civile. La saisie des archives a eu lieu sur plusieurs « points de nos vallées, et le public, instruit de ce fait par les journaux, a pu croire un moment que les maçons Misraïmites étaient des ennemis de l'État de vrais conspirateurs. Or, comme il appartient à un enfant de défendre l'honneur de sa famille et d'empêcher qu'aucun doute ne s'élève sur les intentions de ses membres, nous avons pensé que le meilleur moyen d'y parvenir était de faire imprimer une réponse au discours de l'orateur du Grand-Orient, afin de rendre tous les maçons juges de la conduite de leurs FF, les Misraïmites et de celle des Grands Orientistes. TT ILL, Ecl et PP FF Pour répondre victorieusement et en peu de mots au discours du F. *. Richard, il suffirait de transcrire ici, et en regard des divers paragraphes qui le composent, les définitions des vertus maçonniques ; les voici : elles y formeront un bien singulier contraste. - La première de ces vertus est la tolérance - La deuxième, la vérité - La troisième, l'humanité - La quatrième, la bienfaisance - La cinquième, la fraternité. Or, rien n'est moins tolérant que les principes contenus dans 1e discours du F.*. Richard. Rien n'est moins vrai que les faits qu'il y avance. Rien de moins humain que ses vagues et mensongères accusations. Rien de moins bienfaisant que sa fausse bienveillance. Rien de moins fraternel que ses perfides délations. Mais entrons dans quelques détails qui feront encore mieux ressortir l'absurdité des divagations du F. -. Richard. La maçonnerie, dit-il, est seulement tolérée en France ; donc le Grand-Orient est la seule autorité maçonnique légitime. C'est un bien grand abus du mot si respectable de légitimité, que de l'appliquer à une seule autorité maçonnique ; mais passons sur cet excès d'inconvenance. En raisonnant d'une manière tout opposée à celle du F Richard, nous sommes « sûrs de raisonner juste. Or, il est bien évident que dès que le gouvernement ne fait que tolérer la maçonnerie, toute autorité maçonnique qui n'est pas spécialement défendue par le gouvernement, est aussi légitime que le Grand-Orient. Les réunions qu'il tient sous sa dépendance, ajoute-t-il, les Loges qui se con forment à son rit sont tes seules dont il veuille être responsable. Mais cette responsabilité n'est elle pas purement morale et les diverses puissances maçonniques des autres rites n'offrent-elles pas à l'autorité civile une semblable garantie pour toutes les Loges et Conseils qui dépendent d'elles? D'ailleurs, pourquoi toutes ces vaines distinctions, ces subtilités insidieuses? Tous les ordres maçonniques ont un but commun, « tous doivent avoir pour base la tolérance, cette vertu sublime qui est le guide de tous les maçons : voilà leur vrai centre, leur point d'union. C'est à ce principe qu'ils doivent se rallier, et non à une seule et unique puissance qui, de son autorité privée, veut faire courber tous les maçons sous son joug, et qui, semblables à ces faux dévots qui crient au blasphème et lancent l'anathème contre ceux qui n'adorent pas Dieu à leur manière, voudrait voir crouler tous les temples à l'édification desquels elle n'a pas contribué. La maçonnerie est une, quel que soit d'ailleurs le rit que l'on y professe. Les mystères diffèrent entre eux ; mais le fond, le but, les effets sont tout-à-fait les mêmes. Tous les maçons reconnaissent une suprême intelligence, respectent le gouvernement et se sou mettent aux lois de leur pays ; et si quelque Maçon s'est écarté de ces principes, ce n'est pas dans l’ordre de Misraïm qu'on peut le trouver. Le discours du F Richard est plus qu'intolérant, il est délateur ; car il cherche à déverser le blâme sur tous les rites étrangers au Grand-Orient, à exciter la haine contre eux, à appeler plus particulièrement l'attention du gouvernement sur celui de Misraïm, qu'il se plaît à dénigrer et à dénoncer. Lui dénoncer Misraïm, lui F Richard qui, pour être élevé au 81e degré dans ce même ordre, a, malgré ses hauts grades dans le Grand- Orient, prêté serment de fidélité en ces termes : « Je, Jean-Marie Richard, âgé de 59ans, natif de Coucy-le-Château, Souverain Grand-Prince du 77° degré du rit maçonnique de Misraïm, jure, promets et m'engage, sur la foi de mes précédentes obligations, sur mon honneur, sur le livre sacré de la loi et entre les mains du Supérieur Grand-Conservateur de l’ordre maçonnique de Misraïm et de ses quatre séries pour la France, des Souv Grands Princes ici présents, de ne jamais communiquer à aucun maçon des degrés inférieurs, ou appartenant à un autre rit, les mystères de la 4e série qui me seront communiques, dût-il m'en coûter ma fortune et ma vie : promettant en outre la fidélité la plus absolue au rit de Misraïm, que je n'abandonnerai en aucun temps, même dans le cas où cette condition me serait imposée par tout autre rit dans lequel je suis ou pourrais être agrégé, m'obligeant à renoncer plutôt au rit qui me prescrirait de me séparer de celui de Misraïm, auquel je jure à jamais le plus inviolable attachement et obéissance à ses statuts « généraux, me soumettant, en cas d'infraction, à la honte et au déshonneur que mérite le parjure. Fait et signé, sur mon honneur et conscience, à la Vallée du Monde, sous un point fixe de l'étoile polaire, répondant au 48° D. \ 50 m. \ 14 S. Lat. \ septent. \ À « L’O.de Paris, le 14e jour du 1er mois, anno lucis5816 (14 mars 1816). « Signé, RICHARD. » Ceci n'est point de la calomnie, F.'. Richard ! C’est une vérité palpable, c'est une pièce existante, écrite en entier de votre main, consentie de votre libre volonté, signée de vous, et déposée dans les archives de la puissance suprême de Misraïm ; et, si vous osiez la démentir, on pourrait en faire imprimer le fac-similé, et renvoyer à tous les At. maçonniques. Et c'est vous, F Richard, vous qui, en 1816, avez sollicité la faveur d'être promu au sublime grade du 81° degré, c'est vous, F Richard, qui trahissez aujourd'hui tous vos serments, et devenez le dénonciateur de l'ordre de Misraïm !! C'est vous qui le calomniez et le dénoncez comme troublant le repos des magistrats! Vous lancez les anathèmes contre un rit qui vous a accueilli fraternellement et qui vous avait assigné une place distinguée et honorable parmi ses membres ! Pour confondre toutes vos calomnies et répondre à tous vos mensonges, F Richard, il suffira de faire connaître à tous les maçons ce que vous-même feignez d'ignorer, en prétendant que Misraïm s'est réuni aux débris des deux sociétés écossaises. Depuis longtemps l'ordre de Misraïm était connu en France, et il existait même des Misraïmites, parmi les fiers disciples du Grand Orient. C'est en 1803, que, sous la protection des lois, ces FF, se constituèrent en France, et quoique ce ne soit qu'en 1813, que les travaux du 70 degré aient été régularisés, ce Souv Conseil, dans lequel vous avez, par la suite, prêté votre premier serment, existait bien longtemps avant qu'il fît la brillante acquisition du F Richard, et heureusement, la destinée de Misraïm ne dépend pas de l'absence ou de la présence de ce F. Bientôt, et peu à peu, divers temples se sont élevés, non sur de mobiles pyramides égyptiennes, mais sur des colonnes vraiment maçonniques. Les bases en sont inébranlables, impérissables, car ce sont les vertus elles mêmes. Vous ne savez plus quel nom donner à une société, de laquelle vous ayez désiré faire partie, et à laquelle vous avez prêté serment! Quelle inconséquence de votre part, ou bien quelle mauvaise foi!!! Quel est donc votre aveuglement, F Richard, et comment tant de fiel entre-t-il dans l'âme... d'un maçon, orateur du Grand-Orient? Mais tâchons de vous remettre sur la voie : « En 1816, divers membres du Grand-Orient, aux nombre desquels vous étiez, F Richard, sollicitèrent la faveur d'être initiés à nos mystères, et c'est ensuite qu'ils proposèrent individuellement une réunion au Grand-Orient. Mais les membres de la Puissance suprême connaissaient le concordat passé, en 1804, entre le Grand-Orient et le suprême Conseil « écossais, et surtout la manière indécente avec laquelle il avait été rompu en 1805, époque à laquelle les membres du Grand-Orient, au mépris des devoirs les plus sacrés, violèrent le serment solennel qu'ils avaient prêté. Ce fait est malheureusement trop fameux dans les annales maçonniques. Lorsque vous prétendez l'ignorer, F Richard, vous en imposez à votre propre conscience, et si votre « mémoire oublie les faits, comme votre cœur oublie vos serments, vous pourrez du moins réparer le tort de celle-là, en consultant la « brochure intitulée : Extrait du cinquième « cahier de l'Encyclopédie maçonnique, etc., « par le F Chemin-de-Pontes, page 358 et suivantes. La connaissance de ce fait fut suffisante pour éclairer les vrais Misraïmites sur les vues ambitieuses du Grand-Orient. Les propositions verbales qui furent faites à quelques uns d'entre eux furent repoussées avec indignation, et Misraïm resta dans toute sa pureté. Nous pouvons vous porter le défi, F Richard, de produire ou même de citer une seule démarche officielle faite par la Puissance suprême, auprès du Grand-Orient, pour qu'une « semblable fusion s'opérât, à moins que cette démarche ne fût l'œuvre de quelques parjures ou transfuges de votre espèce qui, sans aucune instruction, sans aucun pouvoir, se seraient arrogés cette mission. C'est dès lors que vous et les vôtres n'avez cessé d'attiser les brandons de la discorde, et d'exciter à la guerre les paisibles maçons ; mais vos efforts ont été vains: la Puissance suprême est restée calme, et ses enfants, ralliés autour de l'autel sacré, ont adressé leurs vœux au Tout-Puissant pour qu'il dissipât vos erreurs, et fit cesser votre aveuglement. Mais, dites-vous, le 27° jour, 10e mois 5811, le Grand-Orient a prie un arrêté en 7 articles par lequel, etc. Et de quel droit, s'il vous plaît, le Grand- Orient a-t-il agité la question d'adopter un rit qui ne lui a pas été offert? D'où émanent ses pouvoirs? Quels sont ses titres pour se déclarer ainsi le chef suprême de toute la maçonnerie en France? S'il eût été bon père de famille, ii n'aurait pas été abandonné par ses propres enfants, il ne chercherait pas à ravir ceux des autres.

On doit cependant vous savoir quelque gré, F.*. Richard, de la grande faveur que vous nous faites en convenant que le rit de Misraïm ne présente à la vérité rien de répréhensible, et qu'il renferme des principes de morale et de philosophie. Mais comment allier cette charité, cette apparente douceur, dont vous faites tant d'ostentation, avec les injures et les outrages dont vous blessez sans cesse vos propres FF. Votre fausse bienveillance n'est donc que de l'hypocrisie, et celle-ci vient tout naturellement au secours de la calomnie. Vous accusez les membres de la puissance suprême de ne pas connaître ce qu'ils prétendent enseigner? Mais vous, F. \ Richard, savez-vous bien ce que vous vous mêlez de professer? Êtes-vous aussi bon maître d'école dans le monde profane, que vous êtes bon rhéteur en maçonnerie? Professez-vous la logique, F Richard? Ah ! Dieu garde vos élèves de faire des progrès sous votre direction. Vous fausseriez leur judiciaire, vous n'en feriez que des pédants, des cuistres et des dénonciateurs. Et, en effet, ne dénoncez-vous pas vos FF Misraïmites comme éveillant les soupçons des magistrats, et se faisant emprisonner journellement? Sommé de fournir les preuves d'un tel fait, pourriez-vous les administrer? Et ne tremblez-vous pas d'être honteusement démenti par ceux qui peuvent vous prouver qu'au lieu d'être incarcérés, tous les maçons Misraïmites ont été reçus partout de la manière la plus fraternelle? Si du moins, vous étiez conséquent dans vos inventions, vous ne retomberiez pas sans cesse dans des contradictions manifestes, vous n'auriez pas affirmé avec tant d'assurance que les cahiers du premier rit de Misraïm n'existaient pas, pour déclarer ensuite effrontément qu'ils étaient en votre possession, que nous n'en avions que des copies. Le contraire serait bien plus vrai, F Richard? Et avouez même, que si vous en avez des copies, le moyen par lequel vous les avez eues n'est pas trop licite, et que cette manière de s'instruire n'est pas celle d'un franc-maçon. C'est avec la même impudeur que vous niez l'existence de nos 90 degrés, tandis que votre Grand-Orient, qui, pour vous, doit être l'oracle suprême, a proclamé par sa circulaire du 27e j.\ 10e mois 5817, que de ces 90 degrés, il en possédait au moins 68. Vous désignez les délégués Misraïmites comme des êtres rapaces qui vendent à tous prix ces 90 degrés; vous prétendez qu'ils recrutent leurs adeptes dans les lieux publics; vous comparez leur style emphatique à celui de Cagliostro; enfin, vous cherchez par tous les moyens possibles à ridiculiser une association maçonnique dont vous fîtes partie, et peut-être par cela seul que vous n'êtes plus digne d'y figurer. Mais répondez franchement à cette question (si toutefois cela vous est possible) : Comment le Grand-Orient fait-il pour payer son local, et solder ses secrétaires ? Les meneurs de sa HAUTE PUISSANCE fouillent sans doute dans leur poche, et, par une suite de cette même générosité, toutes les loges et tous les maçons de leur dépendance, reçoivent gratis les lettres constitutives, diplômes, instructions, etc., etc. Qu'en dites-vous, F Richard? Malheureusement on sait le contraire, et l'on pourrait citer des LL qui se plaignent d'avoir envoyé des fonds, et de n'avoir jamais reçu du Grand-Orient les objets qu'ils avaient demandés. Beaucoup plus francs que vous, nous vous dirons : que nos chargés de pouvoir, qui, par une double ironie bien déplacée, sont qualifiés par vous de missionnaires, ont créé sur les divers points du triangle des loges et des conseils, composés en grande partie de maçons très éclairés que l'intolérance du Grand-Orient a éloignés de son sein ; que les néophytes admis par eux à nos mystères ont toujours été choisis parmi des hommes dont la morale et la probité étaient à toute épreuve ; que tous ces FF ont payé le juste tribut administratif de l'ordre ; mais qu'en échange, la Puissance Suprême a accompli envers eux tous ses engagements, et que chaque jour, ces FF se félicitent de leurs relations maçonniques avec elle. A quoi tendent donc, F Richard, toutes ces vagues diffamations? Auriez-vous cru, par hasard, qu'en nous désignant pour victimes, vous échapperiez au sacrifice? C'est là le rôle du délateur, vous en seriez-vous chargé ? Et comment n'avez-vous pas senti qu'en voulant renverser les temples de Misraim, vous ébranliez vous-même les colonnes de votre Orient. Le gouvernement est trop juste pour ne pas protéger ou frapper également. Si tel a été votre aveuglement, F Richard, si dominé par le fatal esprit de secte, vous avez espéré susciter contre nous une persécution spéciale, votre but a été rempli en partie et vous devez avoir éprouvé une certaine satisfaction, en voyant que vos calomnies et vos diffamations ont en effet éveillé l'attention de l'autorité civile et lui ont inspiré des soupçons contre nous; mais votre joie ne sera qu'éphémère ; modérez-en les transports ; ne vous enorgueillissez pas du succès. Nouveau Jupiter-Scapin, vous croyez peut-être avoir foudroyé Misraïm, et vous avez, au contraire, préparé son grand triomphe. C'est dans le temple de la justice que l'on compulse les papiers nombreux qui appartiennent à notre ordre, leur examen prouvera la pureté de nos actions, l'antiquité de notre institution, la régularité de nos travaux, la tolérance qui accompagne toutes nos actions, notre dévouement aux lois et au gouvernement paternel qui nous régit. Croyez cependant que, rentrés en possession de ces mêmes papiers, et rendus au libre exercice de leurs mystères, les Misraïmites n'en seront ni plus vains ni moins tolérants. Si même, les membres du Grand-Orient, revenus de leurs erreurs, renoncent à leur système oppressif et tyrannique, les enfants de Misraïm, qui ne les ont jamais exclus de leurs temples, les verront avec plaisir se rapprocher d'eux et dans leurs épanchements mutuels, renoueront avec une douce satisfaction la chaîne d'union qu'ils n'ont jamais rompue, et qui doit resserrer les liens de la fraternité maçonnique. Voilà nos vœux ; puissent-ils se réaliser ! Puissions-nous voir les maçons de tous les rites, éclairés du flambeau de la vérité, prospérer sous les lois de la tolérance et de la charité fraternelle, et adresser des concerts de louanges au Tout-Puissant, pour qu'il répande ses bénédictions sur nos travaux, qui n'ont pour but, que la gloire de son nom, la pratique des vertus, et le bien de l'humanité.

VERNHES, 87°

8/05/2010

Sur une prétendue Eglise Gnostique dirigée conjointement par un Français et un Américain

Sur une prétendue Eglise Gnostique dirigée conjointement par un Français et un Américain

Sur Facebook, apparaît le signalement de cette organisation qui revendiquerait l’héritage de René CHAMBELLANT, tout en mélangeant Ordre du Graal, Frères Aînés de la R+C, Chevaliers de la Colombe, et j’en passe.

Il est eact que René CHAMBELLANT avec l’Ordinaire pour la France de l’Eglsie Vieille Catholique Mariavite, réveilla non pas en 1980 (ces personnes ne faisant pas partie de cette Eglise) mais le 30 mai 1982 fête de la Pentecôte, l’Eglise Gnostique selon la filiation de Mgr BRICAUD .

Sur le site de l’Ordre de Lyon figurent les actes relatifs à la filiation apostolique et le réveil canonique de cette Eglise.

Cette Eglise fut déclarée comme association à la Préfecture de Police de Paris le 2à mai 1983, et signalée par une insertion au Journal Officiel le 23 juin 1983.

Suite à ce signalement, l’Eglise Gnostique Apostolique, prévient qu’elle ne saurait en rien reconnaître comme membres de son Eglise, ceux qui n’en furent donc jamais membres.

Pour insertion et à la demande de l’EGA,

JPB

Eglise Gnostique Apostolique

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Infos générales

Nom: Gnostique Apostolique Eglise

Catégorie: Organismes - Organisation religieuse

Description:

L'original gnostique Eglise et les Français gnostique Tradition re-fondée en 1880 comme l'Eglise Gnostique de Jules Doinel (T. Valentin II), alors que l'Eglise Gnostique Universelle par Jean Bricaud (T. Jean II), en intégrant la mission de New de Vintras, l'Eglise de Dieu de Fabre-Palaprat, et les successions de Vilatte et l'abbé Julio. Après le martyre de Constant Chevillon, l'élu patriarche dûment, René Chambellant devint le protecteur de l'église et dans les années 1980 a enregistré l'église avec le gouvernement français que l'Eglise Gnostique Apostolique. Aujourd'hui, l'église est dirigée par T. et T. Gilbertus Johannes en France et T. Vincent II en Amérique du Nord, les organismes reconnus seulement de l'Eglise dans l'existence continue avec autorisation. L'Eglise Gnostique exige clergé à Martinistes et francs-maçons et a des connexions avec divers ordres pour cela.D'autres associations qui accompagnent notre Tradition gnostique français comprennent ordres de chevalerie, comme l'Ordre du Graal, les Chevaliers de la Colombe faydits du Paraclet, et les Frères Aînés de la Rose + Croix. (moins de lires)

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Catégorie : Organismes - Organisation religieuse

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The original Gnostic Church and the French Gnostic Tradition re-founded in 1880 as l'Eglise Gnostique by Jules Doinel (T. Valentin II), then as l'Eglise Gnostique Universelle by Jean Bricaud (T. Jean II), incorporating the New Mission of Vintras, the Church of God of Fabré-Palaprat,and the successions of Vilatte and Abbé Julio. Following the martyrdom of Constant Chevillon, the duly elected patriarch, René Chambellant became the protector of the church and in the 1980's registered the church... (lire la suite)

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7/25/2010

Pour faire suite aux éléments livrés en 2005, relativement à Robert AMBELAIN :

ROBERT AMBELAIN FUT-IL LE SUCCESSEUR DE LAGREZE AU TITRE DE SON RITE EGYPTIEN ? I En 2005, sur le pré »sent blog était publié un ensemble de documents quant à Robert AMBLEAIN, montrant : - que s’il fut reçu par LAGREZE dans les hauts grades des Rites Egyptiens, cette prétendue transmission était sans valeur au motif que préalablement LAGREZE avait par CHEVILLON perdu tout droit à transmettre un quelconque degré maçonnique - qu’il ne disposa au titre de l’Eglise Gnostique que de la filiation dite spirite venant de DOINEL, au motif que le prétendu certificat de MEANARD daté du 15 juin 1946 portait comme date d’enregistrement le 3/10/1943 - une lettre du 27 mai 1986 adressée au TRM Marie LALLMENT évoquant qu’Edmond FIESCHI (successeur d’AMBELAIN en cette prétendue Eglise apostolique) (…) avait rédigé un rituel tantrique d’envoûtement de mort : la relation des faits semblant ne poser aucun problème de conscience. II Il est ajouté à ce dossier une Charte signée de LAGREZE nommant pour sept ans à la date du 21 juin 19’( ? COMME Grand Maître de l’Ordre Ancien et Primitif de Memphis, PTOBST-BIRABEN. Il échet de préciser que PROBST-BIRABEN fut reçu 95° par BRICAUD en 1927. Or, comment Robert AMBELAIN peut-il se déclarer le successeur de LAGREZE ? Il fut chargé comme le souligne Robert AMADOU, page 8 du livre de Serge CAILLET « La FM égyptienne de Memphis-Misraïm » édité chez Dervy, « de constituer une loge qui maintînt, sous la terreur, la tradition du rite. » ROBERT AMBELAIN FUT-IL LE SUCCESSEUR DE LAGREZE AU TITRE DE SON RITE EGYPTIEN ? I En 2005, sur le pré »sent blog était publié un ensemble de documents quant à Robert AMBLEAIN, montrant : - que s’il fut reçu par LAGREZE dans les hauts grades des Rites Egyptiens, cette prétendue transmission était sans valeur au motif que préalablement LAGREZE avait par CHEVILLON perdu tout droit à transmettre un quelconque degré maçonnique - qu’il ne disposa au titre de l’Eglise Gnostique que de la filiation dite spirite venant de DOINEL, au motif que le prétendu certificat de MEANARD daté du 15 juin 1946 portait comme date d’enregistrement le 3/10/1943 - une lettre du 27 mai 1986 adressée au TRM Marie LALLMENT évoquant qu’Edmond FIESCHI (successeur d’AMBELAIN en cette prétendue Eglise apostolique) (…) avait rédigé un rituel tantrique d’envoûtement de mort : la relation des faits semblant ne poser aucun problème de conscience. II Il est ajouté à ce dossier une Charte signée de LAGREZE nommant pour sept ans à la date du 21 juin 19’( ? COMME Grand Maître de l’Ordre Ancien et Primitif de Memphis, PTOBST-BIRABEN. Il échet de préciser que PROBST-BIRABEN fut reçu 95° par BRICAUD en 1927. Or, comment Robert AMBELAIN peut-il se déclarer le successeur de LAGREZE ? Il fut chargé comme le souligne Robert AMADOU, page 8 du livre de Serge CAILLET « La FM égyptienne de Memphis-Misraïm » édité chez Dervy, « de constituer une loge qui maintînt, sous la terreur, la tradition du rite. » JPB JPB

6/08/2010

Discours de réception à la Maîtrise

Discours de réception à la Maîtrise Vénérable Maître, Vénérables dignitaires qui décorez l’Orient, Mes Sœurs, Mes Frères, en vos degrés, grades et qualités, Ma Bien Aimée Sœur, Mon Bien Aimé Frère, LES CHOSES SAINTES AUX SAINTS Proclame le Célébrant avant de communier aux Saints Mystères 0 Hiram est pleuré, tombé sous les coups de trois mauvais compagnons. Il vous fut dit que ces trois mauvais compagnons représentaient l’ERREUR, le FANATISME, l’ORGUEIL ! Ces trois mauvais compagnons ne représentent-ils pas l’humanité qui refusa l’édification du vrai Temple qu’il revenait à chaque homme, à chaque femme, de construire en son cœur, de telle sorte que ces temples intérieurs, se joignent les uns aux autres par la vraie fraternité que l’Ancienne Maçonnerie Chrétienne nomme Communion des Saints. « L’ espérance nous reste » précise le Rituel que vous venez de vivre, mais de quelle espérance s’agit-il sinon celle de savoir que nous sommes appelés à connaître une autre vie fondée sur les œuvres qui priment sur la Foi, parce que la Franc Maçonnerie du moins non athée parce qu’ayant refusée la révolution Andersonienne, croit au moins, en l’immortalité de l’âme et l’idée d’une Intelligence supérieure que certains nomment Dieu, et cette adhésion à ces deux principes rappelés, nous oblige à prendre conscience que le Franc Maçon se doit d’agir au travers de la cité terrestre, à l’édification de son temple intérieur, pierre, qui participera à l’édification de la Nouvelle Jérusalem. Ma Sœur, mon Frère, il ne vous appartient pas de pleurer un être de chair mort à la terre, - la Franc Maçonnerie ne saurait connaître le deuil, le désespoir -, mais d’entendre ces mots mystérieux : « La chair quitte les os. » « La chair quitte les os », cette exclamation fut prononcée lorsque vous ayant retiré le bandeau qui voilait alors votre vision imparfaite ou incomplète du Mystère maçonnique, il vous fut donné de voir un cadavre qui revenait à la vie, HIRAM, tel OSIRIS : ainsi il vous fut dit par notre Vénérable Maître : « Les prêtres de l'antique Égypte, dans certaines processions portaient une Arche sainte d'où sortait un Acacia. Et sur les flancs de cette Arche, on pouvait lire cette inscription : «Osiris s'élance de nouveau». C'était donc là la représentation de l'éternelle vie, symbolisée par la graine, mourant en terre pour mieux renaître et portant en elle toute la gloire et toute la puissance de l'Arbre futur. » Cette Arche sainte portée par les prêtres de l’ancienne Egypte, n’était autre qu’un Naos portatif, en lequel se trouvait l’image ou le symbole divin : verticalité entre Dieu et le Temple, venant se joindre à l’horizontalité manifestée par l’édification de chacun de nos temples intérieurs, qui nous préparent à l’espérance de voir, reconnaître, et entrer dans le Royaume ; Ce Royaume dont Jésus+Christ nous rappelle qu’il est comparable à une graine mise en terre, qui pousse et donnant un arbre, ce sont les oiseaux du ciel qui font leurs nids dans ses branches (Luc XIII, 18-20). « L’espérance nous reste » rappelle le Rituel, n’est-elle pas celle de contempler un jour « la gloire et toute la puissance de l'Arbre futur », Arbre écrit avec un A majuscule, Arbre de Vie auquel il sera donné au vainqueur de le manduquer selon que le déclare le voyant de Pathmos (Apoc. II, 7) : oui, l’Espérance nous reste, Ma Sœur, Mon Frère. « La chair quitte les os », OSIRIS connaîtra le démembrement de son corps que pourrait représenter la désintégration de ce qu’il pouvait être, mourant à lui-même, le rassemblement ultérieur de ses membres épars conférera à OSIRIS un corps régénéré, que nous pourrions nommer la Réintégration : le TEXTE DES PYRAMIDES ne dit-il pas : Ses os sont d’argent Ses chairs d’or Ses cheveux de lapis lazuli Corps putrescible, il devient Corps Glorieux S’initier ce n’est donc pas apprendre à mourir comme il est dit si hâtivement à l’occasion de l’initiation maçonnique sans chercher les conséquences de cette formulation qui, en ces termes seuls, prête à confusion : Il ne s’agit pas de rester dans l’obscurité du tombeau après avoir connu la mort, mais d’apprendre à « Sortir au jour », selon que le rappelle le livre faussement intitulé Livre des morts alors qu’il a pour nom « LE LIVRE DE SORTIR AU JOUR » Au vieil homme, débarrassé des ses oripeaux, de ce corps empli des conséquences de la Chute, il lui revient de renaître, Homme Nouveau. S’initier ce n’est pas non plus la simple participation à un Rituel, le vrai et le seul secret maçonnique, dépend de chacun de nous, car il est ce que l’on fera de ce que l’on aura reçu, telle est la vraie initiation. Aussi, Ma Sœur, Mon Frère, souvenez-vous de ce qu’Hiram découvert sous un tertre d’où émergeait une branche d’acacia, fut relevé de sa condition, qu’Osiris, ressuscité par Isis, s’élance de nouveau, c’est vers cet élan à transformer sans cesse votre vie, que je vous appelle. Si vous êtes fidèles à ce Devoir, Ma Sœur, Mon Frère, si chaque jour votre Désir est de Servir non pas seulement celle ou celui que vous aurez reconnu comme membre de notre auguste société, mais votre prochain qui est si près de nous, à chaque anniversaire de ce jour, vous constaterez vous être rapprochés plus près encore de cette Intelligence Supérieure, que certains nomment Dieu, c’est en ce lieu, cette conscience de ce qui deviendra Présence, que se manifeste le vrai Mystère, le secret de toute initiation. 0 Qu’avez- vous acquis Ma Sœur ? Mon Frère ? Mon Maître en Maçonnerie, qui devrait être notre Maître à tous dès lors que nous acceptons de nous reconnaître comme de permanents Apprentis, Constant Chevillon, dissociait trois phases dans le devenir du Maçon : - l’éducation de la sensibilité - l’éducation de l’entendement - l’éducation de la conscience >>> Apprenti, il vous fallut vous taire, apprendre à éduquer vos instincts, vos passions, vos sentiments. >>> Compagnon, il vous vous fallut voyager, rencontrer l’autre et les autres, raisonner dans le choix de vos arguments de façon à maintenir, malgré vos différences, la fraternité qui est la base de la Franc- Maçonnerie. >>> Maître, vous pensez avoir acquis la conscience de celui que vous pensez être, mais l’orgueil nous induit dans l’erreur et c’est pourquoi il vous revient de comprendre que la Maîtrise de vous –même, n’étant pas achevée sans doute, il vous revient d’éveiller votre conscience d’une part face à vous-même, d’autre part face à l’autre, aux autres, que la FM nomme Fraternité et le Christianisme Charité. Votre travail dans le monde commence, ma Sœur, mon Frère, il vous fut sans doute souhaité bonne route lors de votre précédent passage, cette nouvelle étape m’invite à vous dire Bon courage dans la poursuite de votre cheminement. A ce titre et au nom de la Franc- Maçonnerie Universelle, Ma Sœur, Mon Frère, je vous souhaite la bienvenue dans la chambre du milieu où il vous échera de participer au travail de réflexion touchant l’intérêt de votre Loge et par voie de conséquence le bien de l’Ordre auquel vous appartenez, vous découvrirez alors que ce microcosme ordonné en ce lieu clos où vous serez alors, servira la Franc- Maçonnerie toute entière, c'est-à-dire par l’application de la Fraternité, le bonheur de tous les êtres. Au nom de la Franc- Maçonnerie Universelle, C’est à ce Devoir Ma Sœur, Mon Frère, que je vous appelle. J’ai dit VM.

6/29/2009

Planche du F. F. BRIDOUX - la R.L. LIBERTE CHERIE

De l’Illustre et Respectable Loge LIBERTE CHERIE Travail de mémoire En hommage aux FF.*. fondateurs au camp de concentration ‘’Nacht und Nebel’’ d’ ESTERWEGEN Nuit et Brouillard « Liberté Chérie », une Loge Maçonnique au camp de concentration d’ESTERWEGEN =============================================== V M et vous mes FF, en vos grades et qualités, Je vous remercie de m’accueillir aujourd’hui pour vous parler de l’extraordinaire création d’une Loge Maçonnique dans un camp de concentration nazi et des quelques F Maç qui en ont été les artisans. Mes FF, mon récit risque de vous paraître bien long et peut-être même fastidieux car je vous dois d’être complet et précis. Il sera de surcroît émaillé de dates malheureusement indispensables à la bonne compréhension des faits. J’en appellerai donc à votre indulgence. Mes FF, c’est un honneur de rendre hommage à l’action de nos FF qui ont œuvrés et se sont sacrifiés à la recherche de la Liberté. Pour moi c’est aussi une épreuve car je vais évoquer le souvenir de moments de souffrance vécus avec eux à Esterwegen à Egalité. Enfin, c’est un devoir de mémoire de sortir de la « Nuit et du Brouillard » pour les mettre en pleine lumière, les conditions et circonstances réelles de la création de la Loge Liberté Chérie. C’est un devoir de Fraternité. Mes FF, à la recherche d’une vérité que nos mémoires défaillantes estompent de plus en plus, je voudrais rendre hommage à quelques FF que j’ai connus dans des circonstances très … particulières et, transmettre le message qu’ils n’auraient pas manqué de buriner sans cesse face à ‘’l’égoïsme exacerbé’’, l’incivisme croissant de nos contemporains devenus, peu à peu des’’ hitler connait pas’’. La présentation de faits vécus, trop souvent déformés par manque d’information, contribue, j’ose l’espérer, au travail de mémoire que nous devons assumer. Nous maintiendrons ainsi cette vigilance indispensable pour ‘’continuer le combat, afin que plus jamais ne renaisse la bête immonde’’  Pendant près d’un demi-siècle, la plupart des prisonniers politiques se sont montrés très discrets. Volontairement sobres dans leurs récits, ils n’ont donné que relativement peu d’informations sur les conditions de vie qu’ils ont subies dans les camps de concentration. Les raisons de cette consigne du silence sont multiples : sorte de pudeur, d’humilité, de modestie, mais aussi, crainte de ne pas être compris, d’être taxés de complaisance, de mentalité d' ’’anciens combattants’’. Les survivants de la L Liberté Chérie rentrés d’Allemagne à la fin de la guerre, partagent ce souci de discrétion et ne donnent que relativement peu de détails sur les conditions de vie et le sort des prisonniers. De même ils n’insistent guère à nous préciser comment ‘’Liberté Chérie’’ a pu être créée et fonctionner à Esterwegen. A la fin du 20e siècle, les derniers prisonniers politiques survivants ont compris qu’ils ne pouvaient plus se taire car bientôt plus personne ne pourra transmettre les informations qu’ils restent seuls à connaître vraiment. Soixante ans après les évènements que nous allons évoquer ce soir, il reste de moins en moins de témoins. Nous sommes passés à plus de 150 à la baraque 6 au camp d’Esterwegen entre mai 1943 et mai 1944. Seuls les plus jeunes survivent, nous avions alors moins de 20 ans, aujourd’hui nous sommes des octogénaires. En 2009, nous ne sommes plus que 5 : Emile Fournier, un Franc-Tireur Partisan Français d’Arras, René Deprez de Durbuy, ancien de l’Armée Belge des Partisans et 3 anciens membres de la section jeunes du Front de l’Indépendance - le Rassemblement National de la Jeunesse - : Marius Cauvain de Boussu, son frère Marcel Cauvain de St. Ghislain et moi-même. Mais le plus jeune à 83 ans ! ! ! En 1990, avec trois de mes anciens compagnons de la résistance et de captivité nous avons décidé de rechercher des informations complémentaires afin de faire revivre dans nos souvenirs les détails que le temps avait peu à peu effacés. Plus tard, je me suis efforcé de retracer de manière plus précise, les conditions de création et de fonctionnement de la L LIBERTE CHERIE. Mes visites à différents services des archives comme ceux du Ministère de la Santé Publique m’ont permis de rassembler les éléments nécessaires à la reconstitution de la chronologie des évènements. Dès 1933, directement après leur prise de pouvoir, les Nazis créent sur le territoire allemand un réseau serré de centaines de centres de détention de toutes sortes. Réseau qu'ils étendront à tous les pays occupés !!! En 1933, les Nazis installent des camps de redressement ou de rééducation dans l’Emsland, une sinistre région de marais et de tourbières. La petite ville de Papenburg en est le centre administratif. Des 15 camps créés, les 2 plus connus sont : le n°1 Börgermoor et le 7 Esterwegen. Carte des camps de l'Emsland C’est à Börgermoor qu’un prisonnier crée « Le Chant des Marais » qui deviendra plus tard le véritable hymne de la déportation. D’abord appelé le « Börgermoorlied », après une première modification dans les paroles en 1934 à Esterwegen, sa renommée se fera sous le titre « Die Moorsoldaten » - « Les Soldats de la Tourbe ». Les détenus antifascistes allemands l’ont alors répandu dans tous les camps. Dès 1936, il est connu internationalement sous le nom de « Chant des Marais » et chanté notamment dans les milieux populaires et dans les groupes scouts ainsi que par les combattants des Brigades Internationales en Espagne. Dans la version que nous chantions à Esterwegen avec le Frère Luc Somerhausen, la 3ème ligne du dernier couplet devient Liberté, liberté chérie. Ecoutons le Chant des Marais Une longue plainte monte des marais, continue en cris de colère et de rage et s’achève en un chant d’espoir et d’amour…. ESTERWEGEN, c’est le camp n°7 de l’Emsland Il est situé à 20 km, de la frontière hollandaise à hauteur de Gröningen et d’Oldenburg. La gestion de ces camps est d’abord confiée aux S.A., les «Sturmabteilungen » les ‘’chemises brunes’’ qui ont littéralement porté Hitler dans sa conquête du pouvoir. Lors de la « Nuit des Longs Couteaux » le 30 juin 1934, les principaux leaders des S.A. sont assassinés par les S.S.. Dès lors, la police secrète d’Etat, la « Geheim-Staatpolizei » ou « GESTAPO » et les S.S. vont mettre la main sur les camps. En 1939, au début de la guerre, la plupart des S.S. des camps de l’Emsland sont affectés à des troupes en campagne. Quelques officiers S.S. gardent la haute autorité et font des inspections plus ou moins fréquentes pour imposer leurs consignes les plus sévères. La gestion journalière est alors assurée par de simples gardiens de prison qui vont s’occuper des prisonniers allemands maintenus dans les camps et, plus tard, des prisonniers politiques Belges et Français du Nord-Pas de Calais. Il va de soi qu’une telle mission ne sera confiée qu’à des nazis convaincus et particulièrement zélés. Ce zèle excessif leur vaudra, en 1947, un jugement pour crimes de guerre et la condamnation à mort pour deux d’entre eux, 7 autres s’en tirent avec 5 à 15 ans de prisons. Le décret « NACHT UND NEBEL » En 1941, dans les pays occupés, les organisations de résistance se sont développées et leurs membres sont de plus en plus actifs. La lutte contre les forces de police et les « collaborateurs » s’intensifie, la gestapo et les autres polices mènent une répression terrible. Elles multiplient les arrestations de résistants. Les prisonniers subissent des interrogatoires ‘’musclés’’ notamment au siège de la Gestapo, 347 avenue Louise à Bruxelles. Ils vont séjourner ensuite quelques semaines ou quelques mois à Breendonck ou dans les prisons belges en attendant que soit prise la décision d’un jugement en Belgique ou du transfert en Allemagne. Fin 1941, Hitler fait promulguer le décret «Nacht und Nebel » « Nuit et Brouillard ». Il vise à intimider les populations des pays occupés par les mesures les plus rigoureuses prises à l’encontre des auteurs d’actes anti-allemands. Dans les territoires occupés, la peine de mort est à appliquer pour les délits commis par des civils contre le Reich ou le pouvoir d’occupation. Les conseils de guerre en pays occupés ne jugeront ces actes que s’il apparaît probable que la peine de mort sera prononcée et exécutée très rapidement. En application du décret N.N., ceux pour qui les juridictions militaires, débordées, ne sont pas en mesure de prononcer une condamnation à mort immédiate, seront transférés en Allemagne « dans la nuit et le brouillard ». Sur les bordereaux de transfert, à côté des noms des prisonniers politiques N.N. figure la mention : « les conditions en vue d’un jugement dans les territoires occupés ne sont pas données ». Ils seront mis au secret, complètement isolés du monde extérieur : pas de visite, pas de lettre, pas de colis. On ne peut rien laisser savoir du sort de ces déportés, les lettres d’adieu et les testaments des condamnés à mort ne seront pas transmis ; ni la famille, ni la presse ne seront avisées du décès ou de l’exécution d’un prisonnier N.N. ; leurs tombes ne porteront pas les noms des défunts. Cette volonté délibérée de faire disparaître tous les N.N. se manifestera en 1945 par l’organisation de « Marches de la Mort », des marches forcées dans lesquelles les prisonniers sont exterminés à mesure qu’ils tombent épuisés au long des routes. Dans les camps de concentration, les prisonniers N.N. ne travaillent pas dans des commandos extérieurs, ceci afin d’éviter tout contact. De même, dans les prisons, ils sont mis au secret dans des quartiers isolés. Cet isolement est insupportable ! Cette mise au secret constitue une véritable torture mentale, pour y résister les prisonniers déploient des trésors d’inventivité afin de s’informer et communiquer entre eux. A Esterwegen, un F.M, l’agent commercial JEAN SUGG, va risquer sa vie pour ramener de la« Kamer » un écouteur qui permettra de réaliser un poste-récepteur à galène. En 1943, le camp d’Esterwegen va être organisé de manière à respecter strictement les impératifs de mise au secret du décret « Nacht und Nebel » A l’arrivée, les prisonniers sont brutalement débarqués des camions. Dans la nuit, on devine l’entrée monumentale par quelques traits des lampes torches. Entrée monumentale du Camp d'Esterwegen Les « simples gardiens de prison » font l’accueil à leur manière. Leurs ignobles injures, les coups de leurs longues matraques, les aboiements et les morsures des chiens féroces… On le comprend vite, on quitte un monde pour un autre totalement différent … ! Un mirador. Schéma d’ensemble du camp Isolé en pleine campagne marécageuse, le camp est entièrement entouré d’un mur de 6 mètres de haut. A chaque coin, un « mirador » avec des gardes armés pour tirer sans sommation sur tout prisonnier qui ne respecterait pas l’interdiction de circuler entre les baraques. Une large allée centrale est bordée de part et d’autre de hauts barbelés très serrés. Elle sépare : - la partie nord, réservée aux prisonniers allemands de droit commun. - de la partie sud, destinée à recevoir les prisonniers politiques N.N. venant essentiellement de Belgique (plus de 80%) et de France Nord - Pas de Calais (10%) - auxquels seront joints quelques Hollandais ou autres. Toutes communications entre prisonniers des deux parties du camp, étaient interdites et rendues impossibles par la séparation centrale, et les miradors d’où les gardes étaient prêts à tirer. Réservées aux prisonniers politiques N.N., les 10 baraques de la partie sud, s’alignent parallèlement, à bonne distance l’une de l’autre, face à l’allée centrale. Au milieu du camp, un espace plus grand entre deux baraques : nous l’appelons la « Place Rouge ». Au centre de la place, une sinistre potence, menace permanente pour ceux qui voudraient tenter de s’évader. Les baraques 5 et 6 Dans chaque baraque, un sas d’entrée précède l’enfilade de deux grandes pièces, le séjour et le dortoir et une petite salle d’eau. Le séjour-réfectoire : de part et d’autre d’un couloir central : 2X5 tables, avec deux petits bancs sans dossiers. Elles comportent chacune 10 à 14 places assises. Derrière chaque place, une case en tôle pour le prisonnier. Au bout du couloir central à côté de la porte de communication menant au dortoir, un poêle rudimentaire est censé chauffer toute la baraque quand on y brûle quelques rares morceaux de tourbe. Le rayonnement sensible ne dépassera jamais 2 ou 3 mètres. Le dortoir vient ensuite avec ses châlits superposés. Sinistre… Des volets cachent les fenêtres en permanence. Pendant la journée c’est la pénombre, la nuit aucun éclairage. Il y fait toujours glacial et humide. Au coucher, les prisonniers doivent se dévêtir dans le séjour avant d’être enfermés dans le dortoir. Ils se regroupent à trois sur deux couchettes de manière à réunir leurs couvertures et à se réchauffer mutuellement. L’interminable nuit commence par des conversations à voix basse qui diminuent progressivement. Elles sont peu à peu remplacées par les ronflements, les cris, les gémissements et les hurlements qui peuplent les cauchemars des dormeurs… En même temps, dans l’obscurité totale, c’est un incessant va-et-vient vers le fond de la pièce où se trouve la porte à deux battants vers la salle d’eau. La salle d’eau est nettement plus petite. La pièce est traversée par 2 longs bacs avec une vingtaine de robinets à faible débit d’eau. Un trou dans le sol pour évacuer l’urine, en face, un tonneau pour les excréments. Au fond de la pièce, une porte donne sur l’extérieur à l’arrière de la baraque où se trouvent les latrines collectives seulement accessibles pendant une demi-heure le matin, lors de la «promenade sous surveillance ». Pendant celle-ci aucun contact n’est permis avec les prisonniers des autres baraques. Les mesures de secret imposées par le décret « Nacht und Nebel » sont donc strictement respectées. Elles vont conditionner la vie des prisonniers politiques d’Esterwegen et, paradoxalement sans doute, jouer un rôle majeur dans la création hasardeuse, dangereuse mais unique, de la Loge Liberté Chérie. En effet, tout contact étant interdit avec qui que ce soit, les N.N. ne peuvent être placés sous la surveillance directe de prisonniers de droit commun allemands choisis par les S.S. Dans les autres camps de concentration, ces « kapots » introduits dans les baraques par les S.S. sont des « mouchards » qui brutalisent et massacrent ceux qu’ils considèrent comme leurs esclaves. La gestion du camp reste donc aux mains des gardiens de prison qui s’y trouvaient au moment où les « N.N. » ont commencé à occuper la partie sud. Multipliant les coups, les brimades, les humiliations, les exactions et sévices de tous ordres, ces « simples gardiens de prison » vont manifester une ardeur exceptionnelle pour exécuter la mission qui leur est confiée. Survenant à l’improviste dans les baraques, armés de leurs longues matraques, ils distribuent des coups violents aux malheureux qui restent à leur portée. Pour prévenir toute surprise et éviter les brutalités des gardiens, dès l’arrivée des premiers convois, les prisonniers vont organiser dans les baraques des gardes permanentes du lever au coucher de manière à ce que TOUS les prisonniers soient avertis du danger. En 1947, au procès d’Oldenburg, les gardiens d’Esterwegen sont condamnés pour ‘’crimes de guerre’’ accusés d’avoir provoqué la mort de détenus et d’avoir porté des coups et blessures ou sévices graves à des centaines d’autres. Lors de son interrogatoire, le docteur Hillman, médecin chef des camps de l’Emsland déclare : (Le Soir 28 mars 1947) - les prisonniers se trouvaient dans un très mauvais état physique… - le 1er. cas de tuberculose fit son apparition le 1er juin 1943, le 1er. cas de diphtérie le lendemain, soit quelques jours à peine après l’arrivée des N.N. - Selon lui la plupart des victimes décédées ne seraient pas mortes si elles avaient été nourries suffisamment pour combattre efficacement la maladie. Mais, le Dr. Hillman se garde bien de dire que la misérable ration alimentaire prévue sera amputée de diverses manières avant de parvenir aux prisonniers N.N. En effet, comme dans la plupart des camps, il y a une porcherie dont les pensionnaires sont élevés au bénéfice des gardiens et de leurs familles. Les porcs sont bien sûr engraissés grâce à des prélèvements sur l’approvisionnement destiné aux prisonniers. Ce qui reste de provisions alimentaires parvient ensuite à la partie Nord du camp, où se trouvent les cuisines et, ce sont alors les prisonniers allemands de droit commun qui sont chargés de préparer la pitance. Bien évidemment ceux-ci se servent en 1er lieu avant de céder ce qui reste aux N.N. En fait, la ration quotidienne qui est attribuée à ceux ci est de 800 à 1000 calories !!! Aussi les prisonniers maigrissent régulièrement de 4 à 5kg par mois et meurent d’inanition quand ils n’ont pas été décimés par les sévices de tous ordres qu’ils ont subis et les maladies qu’ils ont contractées : tuberculose, diphtérie, scorbut, dysenterie et autres… Il est bien vrai que le camp d’Esterwegen n’a pas été communément le théâtre des atrocités connues dans d’autres camps plus tristement célèbres. Mais il est également vrai que l’on y mourait de faim – au sens littéral du mot- et que la faim déforme petit à petit la psychologie de celui qui en souffre. Il était des jours où l’on vivait une véritable atmosphère de folie… A Esterwegen, c’est l’anéantissement à petit feu dans l’isolement complet, la privation systématique, l’avilissement progressif et l’esclavage sans issue. Devant cette unique et inéluctable « certitude », il fallait avoir la tête solidement vissée au corps pour garder son courage et maintenir celui des autres. …devoir, à longueur de journée subir les assauts de la faim, se sentir sucer les dernières gouttes d’un sang appauvri par les poux et les punaises… Ne plus jamais recevoir de nouvelles des siens, entendre les râles des mourants, voir les cadavres jetés nus devant les portes des « blocs », toutes ces horreurs s’acharnaient à vous briser les dernières fibres de votre résistance physique et morale ! Mais en dépit de tout, les patriotes de tous rangs, communièrent dans le même optimisme. Parmi eux malgré leur détresse, quelques F Maç réunis dans une même baraque vont trouver le courage de surmonter leurs misères et d’affronter tous les dangers pour créer et organiser une Loge Maçonnique. Ils marqueront à jamais ceux qui leur ont été proches. Les deux premiers convois de prisonniers politiques « N.N. » arrivent à Esterwegen dans la seconde quinzaine de mai 1943.(les 21 et 28 mai 1943). Ils viennent de Bochum où ils étaient emprisonnés depuis de longs mois. Parmi les premiers arrivants, 2 F Maç Franz ROCHAT et Jean SUGG. Franz ROCHAT a 35 ans,il est né à Saint-Gilles le 10 mars 1908. Initié à la L « Les Amis Philanthropes » pendant ses études à l’U.L.B. Pharmacien , Docteur en Sciences Pharmaceutiques Chef de Service puis Directeur Technique des Laboratoires Optima à Bruxelles. En mai 1940, il fait la campagne des 18 jours comme lieutenant-pharmacien. Son activité clandestine débute en 1941 Collaborateur au journal clandestin « La Voix des Belges ». Il est actif dans les Services de Renseignements et Action et Chef de Groupe de l’Intelligence Service en Belgique. Il est arrêté le 28 février par la Geheimfeld Polizei pour espionnage et aide à l’ennemi 5 mois plus tard, son transfert en Allemagne est décrété par le Gouvernement militaire. Il arrive à Bochum dans un groupe de 37 prisonniers arrêtés dans la même affaire, « le réseau Mill ». Il sera transféré à Esterwegen en mai 43 en même temps que son ami Jean SUGG. Jean SUGG, a 46 ans et est d’origine suisse allemande. Comme Franz ROCHAT, il est membre de la même L « Les Amis Philanthropes » Agent commercial en pharmacie, il le connaît professionnellement depuis plusieurs années et est son ami. Actif dans la résistance dès 1941, il collabore avec lui dans la diffusion de la presse clandestine dont « La Voix des Belges » et traduit notamment des textes allemands et suisses. Il participe aussi à l’aide aux réfractaires et aux aviateurs. Il est arrêté par la Geheimfeld Polizei le 21 mars 1942 Inculpé d’espionnage et d’aide à l’ennemi comme Franz ROCHAT. Il est transféré avec lui à Bochum et à Esterwegen Parmi les arrivants du 2ième convoi venant de Bochum, deux autres F Maç : Guy Hannecart et Paul Hanson. L’avocat Guy Hannecart, 40 ans, a été initié à la L « Les Amis Philanthropes n°3 ». Dès 1941, il est membre du Directoire National du Mouvement Nl. Belge. Avec Louis Schmidt, il dirige le clandestin « La Voix des Belges » auquel collaborent également Franz Rochat et Jean Sugg. Tous trois se connaissent donc bien avant leur arrivée à Esterwegen. Guy Hannecart est arrêté le 27 avril 1942, transféré à Bochum 8 mois plus tard, puis à Esterwegen le 28 mai 1943. Le second est le Juge Paul Hanson, âgé de 54 ans . Il est membre de la L Hiram à l’Orient de Liège. Docteur en droit de l’Université de Liège, il est successivement avocat au Barreau de Liège, Substitut du Procureur du Roi à Mons puis à Liège et, en 1937, Juge de Paix du Canton de Louveigné. Il est arrêté le 23 avril 1942. Depuis 1941, il participait à un Service de Renseignements et d’Action comme les trois précédents. En mars 1942, il rend un jugement en faveur de 121 agriculteurs qui refusent le paiement de cotisations à la « Corporation Nationale de l’Agriculture et de l’Alimentation » créée par l’occupant. Le jugement de Paul Hanson favorable aux paysans déclare la C.N.A.A. anticonstitutionnelle et « sans existence légale ». Un mois après, le 23 avril 1942, il est arrêté. Il est emprisonné pendant 3 mois à la prison Saint Léonard. Il est ensuite transféré à Bochum puis Esterwegen Le juge Hanson aurait été arrêté sur dénonciation d’un collègue magistrat catholique et, comme celui des autres fondateurs de la L Liberté Chérie, son nom figurait sur les listes de F M publiées dans les journaux d’extrême droite avant la guerre. Le fait étant connu des nazis, sans en faire étalage, le Juge Hanson ne cachait pas qu’il était F Maç Le 28 mai 1943, arrive aussi Fernand Erauw, âgé de 29 ans Directeur au Ministère – Vérificateur à la Cour des Comptes. Lieutenant de l’Armée Secrète, arrêté le 4 août 1942 pour «aide à l’ennemi«. D’abord à la prison de Saint-Gilles pendant 2 mois et 10 jours, puis à Bochum et enfin à Esterwegen. Il sera le seul initié à la L Liberté Chérie. Tous les 5 sont donc à la baraque.6 dès leur arrivée au camp et les 4 FF n’ont guère tâtonné pour se retrouver et se regrouper à la table 3. Ils vont y créer le Cercle Fraternel qui deviendra La Loge LIBERTE CHERIE. Les 2 premiers convois ont donc amené 800 prisonniers à Esterwegen, ils sont répartis dans l’ensemble des baraques et, au début, aucune de celles-ci n’a un effectif trop nombreux.(+/- 80 prisonniers) Les vides se combleront peu à peu à l’arrivée de nouveaux convois venant de Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, notamment en octobre, novembre et décembre 1943. Dans la baraque 6, la population est des plus diversifiées, on y trouve des militaires de carrière, des fonctionnaires, des médecins, des juristes, des ingénieurs, des prêtres, des enseignants, des étudiants, des journalistes, des commerçants, des ouvriers, des artisans, des aristocrates…et, un unijambiste Liégeois qui faisait profession de mendiant au Quai de la Batte… Les regroupements aux tables se font en fonction des origines régionales, par affinités et par organisations de résistance. Les catholiques se rapprochent des deux prêtres et occupent surtout la partie droite de la baraque .Le soir, ils psalmodient des prières collectives à haute voix. Beaucoup moins nombreux, surtout au début, les « non-croyants » sont principalement aux deux premières tables avec le chef de baraque, Ephrem Van den Eede, et les partisans armés et aux autres tables de la partie gauche nettement plus clairsemées. A l’une de ces tables, les FF Rochat, Sugg, Hannecart et Hanson, leur « Cercle Fraternel » y sera pratiquement en réunion permanente. Le dimanche matin, les catholiques se réunissent dans le dortoir pour y entendre la messe célébrée par le Père Agnello qui est aveugle et l’Abbé Heymans. Pendant ce temps, les F Maç profitent de leur absence pour s’installer à une table délaissée par les catholiques et tiennent leurs réunions en toute quiétude à l’abri des regards indiscrets grâce aux armoires individuelles qui séparent les tables. Les 12 membres du R.N.J. et les 7 Francs-Tireurs Partisans Français sont en réunion à une autre table. Les autres non-croyants restés dans la salle de séjour, le Chef de baraque, Ephrem Van den Eede, 2 ou 3 de ses amis et 4 ou 5 Partisans armés dont René Deprez sont restés aux tables de part et d’autre de l’entrée. Ils surveillent le chemin de ronde et assurent la garde permanente. François l’unijambiste se tient à la porte du dortoir et en cas d’alerte, répercute le signal dans le dortoir. Toutes les réunions sont alors interrompues et chacun reprend sa place dans le réfectoire et s’y tient debout en silence. Quelques non-croyants assurent cette garde renforcée du dimanche matin et protègent en même temps la sécurité de la messe des catholiques, de la tenue de Loge maçonnique et celle de la réunion des Jeunes du R.N.J. et des F.T.P. Français. Il est évident que les F Maç ont profité de l’éloignement des nombreux catholiques pendant la messe pour se réunir dans des conditions de moindre promiscuité. Le « Chef de baraque », Ephrem Van den Eede, assistant social, échevin socialiste de Renaix, est bilingue et se débrouille très bien en allemand. Très courtois, il est apprécié de tous et maintient la concorde entre les différents groupes. C’est bien entendu avec son approbation qu’a été organisée la garde permanente. Jean Sugg, qui parle l’allemand lui aussi, est « interprète – homme de confiance » et travaille régulièrement dans les services administratifs du camp. De ce fait il a accès à « l’effectkamer » où sont entreposés les sacs contenant les vêtements et objets personnels des prisonniers. L’un de ceux-ci va lui demander de prendre, dans son sac, un écouteur téléphonique grâce auquel les prisonniers vont réaliser le poste-récepteur à galène qui permettra de capter les communiqués de Radio-Londres. Ils seront ensuite lus à haute voix dans les baraques et ces parias, que les nazis s’efforcent d’isoler totalement du reste du monde, sont finalement mieux informés que leurs gardiens sur le déroulement des opérations militaires. Pour les prisonniers, c’est surtout excellent pour garder un bon moral, indispensable condition de survie. Après les deux premiers convois importants de mai 1943, dans les mois qui suivent, les arrivées se succèdent par petits groupes venant de Belgique après une courte étape d’un jour ou deux à la prison de ESSEN. Le 28 août 1943, l’Abbé Froidure arrive à Esterwegen et, après un court séjour en baraque, il est admis au « Revier – Nord » dont il fera une terrible description, dans son livre « Le Calvaire des Malades au Bagne d’Esterwegen » publié en 1946. Le 12 octobre 1943, (donc 4 mois et demi après l’arrivée des 4 premiers) le journaliste, Luc Somerhausen, arrive à la baraque 6. Agé de 40 ans il a été initié à la L Action et Solidarité en 1925. Député auprès de GOB, Gr Secr Nat Adj de la Gr Commission, il est bien connu dans les milieux Maç Adjudant aux Services de Renseignements et d’Action, Juif, communiste et FM il a vraiment tout pour plaire aux Nazis. Il est arrêté par la Gestapo le 28 mai 43, transféré en Allemagne 4 mois plus tard. A la baraque 6, il rejoint la table des 4 FF qui l’y ont précédé. Le Cercle Fraternel compte donc ainsi 5 membres. Comme il connaît le mieux la procédure à suivre, il sera à l’origine de la création de la L. Liberté Chérie. En ce mois d’octobre 1943, d’autres groupes de prisonniers entrent à la bar.6. Parmi eux, quelques Partisans Armés Liégeois dont René Deprez qui vit toujours actuellement en 2009 à Durbuy. Le 15 octobre 1943, le Docteur Joseph Degueldre, un médecin de Pépinster arrive avec un groupe de l’Armée Secrète de la région de Verviers. Âgé de 39 ans, il a été initié à la L Le Travail en 1933. Membre de l’Armée Secrète depuis 1941, il a été agent actif de « Solidarité » Depuis la mi-1942 il appartenait à un Service de Renseignements et d’Action, le « S.A.R Bayard » en qualité de Chef de Sous-Section de Pépinster et environs. Arrêté sur dénonciation le 29 mai 1943 et interné à la citadelle de Liège. 5 mois plus tard, le 10 octobre 1943, il est déporté en Allemagne. Après 5 jours à la prison d’Essen, il est envoyé à Esterwegen le 15 octobre. A la baraque 6, avec ses six compagnons ils s’installent à la table 2. J. Degueldre ne se joint pas aux 5 FF à la table 3 et reste très discret, ses compagnons résistants de Verviers ne sachant pas qu’il est F Maç Il rejoint cependant les 5 FF de temps en temps et notamment le dimanche matin lorsque ses compagnons de la table 2 sont à la messe. Dès octobre 1943, ils sont donc 6 à participer aux travaux du Cercle Fraternel. En octobre 1943 arrive également Fernand Van Horn, le journaliste caricaturiste Horn du Journal « Le Soir ». Luc Somerhausen lui demandera de réaliser « un dessin symbolisant la lutte pour la liberté pendant la captivité qui servira de tapis de Loge. Le 15 novembre 1943, nous arrivons à 15 dirigeants nationaux et régionaux du Rassemblement National de la Jeunesse, une section du Front de l’Indépendance. Membres du « R.N.J. » depuis 1941, nous avons tous été pris par la Gestapo de Bruxelles, entre le 25 juillet et le 3 août 1943, dans une série de plus de cent arrestations en cascades que l’historien José Gotovitch appellera « La Razzia de Juillet 1943 ». Après quelques jours d’interrogatoires musclés au siège de la Gestapo à Bruxelles au 347 avenue Louise, nous sommes restés 3 mois à la prison de Saint-Gilles avant le transfert en Allemagne, via Essen et Esterwegen. Le 16 novembre 1943, 3 d’entre nous sont à la bar.5 et 12 à la baraque 6. Placés aux tables incomplètes, côté gauche de la baraque, 6 sont à la table 3 avec les F Maç, les 6 autres aux tables voisines. Jean Lagneau, licencié en sciences, diplômé de l’Université Libre de Bruxelles, Professeur à l’Athénée de Virton, peintre et historien de l’art, il est aussi journaliste communiste. Il s’installe à côté de son collègue Luc Somerhausen qu’il connaît bien et qu’il sait F Maç Joseph Berman, jeune juif bruxellois d’origine polonaise connaît lui aussi Luc Somerhausen. Il fait face à Jean Lagneau et est assis à côté du pharmacien Franz Rochat qui va rapidement s’attacher à lui. Berman, très intelligent et dynamique va sympathiser avec tous. En 1992, peu avant sa mort, il écrit un récit de captivité avec de saisissants portraits de compagnons tels qu’il les a connus alors qu’ils étaient déjà en Allemagne depuis plus d’un an dont 6 mois à Esterwegen. Voici, entre autres, ce qu’écrit Joseph Berman : « Le premier jour à la baraque 6 j’ai été placé à côté d’un homme très grand et squelettique. Il s’appelait ROCHAT, il était pharmacien et avait enseigné à l’U.L.B. Il savait à peine se tenir debout, il parlait très lentement et avec grand peine. Il n’était plus capable d’aller chercher sa ration et c’est tout naturellement que je me suis mis à son service. Je l’aidais comme je pouvais, il était si faible qu’il s’appuyait sur moi pour chaque déplacement. Sa longue captivité et la sous-alimentation l’avaient complètement épuisé. A la douche, c’était un squelette vivant, sa peau pendait comme un linge. Une ampoule électrique éclairait la salle de douche et il me semblait voir son squelette comme sur une radiographie. Comme s’il s’agissait d’une fatalité, il savait que pour lui c’était trop tard, ses forces diminuaient de jour en jour. Il voyait venir la fin. Il rêvait d’un tube de lait concentré, cela lui semblait le summum de la gastronomie. Il n’est pas rentré… Il était impossible que dans son état fin 1943, il ait pu tenir jusqu’à la libération. Guy Hannecart était un intellectuel, comme beaucoup de compagnons, il écrivait et utilisait pour cela une mine de crayon fixée sur un support de bois et le papier hygiénique qui nous était distribué parcimonieusement. A chaque distribution, je réservais quelques feuilles de papier à Guy Hannecart, c’est ainsi que j’ai sympathisé avec lui. Il écrivait des pièces de théâtre. Nous eûmes l’occasion d’apprécier son talent lors d’une des soirées que nous organisions certains soirs après l’appel. La lumière éteinte créait l’ambiance et, dans l’obscurité et le silence, nous avons écouté une pièce d’une grande intensité dramatique qui nous a tous émus. Ce fût un moment de rêve et d’évasion, nous étions tous sous le charme. A l’époque, Guy Hannecart était encore l’un des plus valides parmi le groupe des F Maç qui avaient déjà près de deux ans de captivité. Il avait une barbe superbe, blonde ou châtain clair, longue et étalée à la manière de Léopold II. Il émanait de sa personne, une force spirituelle, une dignité qui en imposait à tous. Le dr. J. Degueldre le surnomma « L’Empereur à la Barbe Fleurie ». Puis il y eut une inspection du camp par des officiers S.S. Sans doute trouvèrent-ils que nous ressemblions encore trop à des hommes. Ils donnèrent l’ordre à nos gardiens de nous faire raser, de supprimer les barbes et les moustaches. Pour Guy Hannecart, ce fut tragique. Sa barbe faisait partie de sa personnalité depuis sa jeunesse, elle lui donnait un style. Quand elle fut coupée, apparut un visage émacié, un cou maigre et fripé. Il n’était plus « l’Empereur à la Barbe Fleurie », il n’était plus qu’un détenu pitoyable, déguenillé et anonyme. Il m’a semblé que sa vitalité et son énergie se trouvaient dans sa barbe. En la perdant, il perdit tout à coup sa superbe, son courage et sa volonté de vivre. Guy Hannecart est mort non pas de sévices corporels ni de tortures physiques, il est mort de mort lente, épuisé par la faim, et par une trop longue captivité. Mais je reste convaincu que ce qui lui a porté le coup fatal, c’était d’avoir perdu sa barbe, par ordre d’un fonctionnaire arrogant et stupide qui pour affirmer la supériorité de sa race, voulait réduire les prisonniers à un troupeau anonyme de sous-hommes. De toutes les misères que nous avons vécues, rien n’est oublié, cela est comme occulté. Comme si mon esprit voulait rejeter les moments, pénibles dans l’ombre et mettre une lumière éclatante sur les moments de camaraderie, de solidarité et de chaleur humaine que nous avons partagés et qui nous ont aidés à survivre. Le Docteur Joseph Degueldre de Pépinster avait quarante ans à l’époque. Il avait été arrêté avec tout un groupe dont Henri Merland et le Baron Albert Del Marmol. C’était un personnage attachant, depuis Esterwegen jusqu’à notre libération, nous ne nous sommes pas quittés. Il avait un moral d’acier et malgré les circonstances beaucoup d’humour. Il veillait sur nous les jeunes comme un père. Il m’appelait le petit « Joseph » avec son accent de Verviers. Il avait un répertoire de chansons de carabins qu’il chantait fort bien lors des soirées que nous improvisions et nous reprenions les refrains au grand dam de certains curés scandalisés. On peut dire qu’il a contribué pour beaucoup au maintien du moral dans notre baraque. Je crois qu’il avait reporté sur nous l’affection qu’il ne pouvait donner à sa famille… Il m’a appris beaucoup de choses. Quand je pense à lui, c’est avec beaucoup d’émotion, non pas comme à un père mais plutôt comme à un frère aîné. Je considère que j’ai eu beaucoup de chance de vivre à ses côtés pendant près de 2 ans. » Le juge Paul Hanson a 54 ans et, après un an et demi de captivité, c’est déjà un vieil homme. Grand et fort avant son arrestation, il est terriblement amaigri lui aussi. Il est de ceux qui souffrent le plus de la faim. Malgré ses misères physiques, le juge Hanson garde toute sa lucidité et ses avis font autorité. Lors d’une mémorable discussion, chacun s’interroge quant à savoir si des compagnons ont éventuellement faibli devant les interrogateurs nazis. Le Juge Hanson clot les débats par un constat terrible mais d’une logique implacable : « Messieurs, s’il n’y avait pas de dénonciateurs parmi nous, nous ne serions pas si nombreux. » Jean Sugg, détaché à la « Kamer » comme ‘interprète homme de confiance‘, était peu présent à la baraque 6 et très discret. Nous l’avions surnommé « Sucre » Nous ne savions pas comment avait été réalisé le précieux poste à galène et ignorions la contribution importante de Jean Sugg qui, au péril de sa vie, avait réussi à ramener l’écouteur subtilisé à l’Effectkammer. Mais il était toujours le premier à nous annoncer l’arrivée des convois de nouveaux prisonniers venant de Belgique et, tous les dimanches matin, il participait aux réunions du Cercle Fraternel, plus tard, aux travaux de Liberté Chérie. Arrêté, un an après les 4 premiers, Luc Somerhausen, n’est arrivé à Esterwegen que depuis un mois. A 40 ans, il est encore relativement en bonne forme. Il a régulièrement de longs entretiens avec son collègue journaliste Jean Lagneau et son ami l’avocat communiste Fernand Lecocq arrêtés en même temps comme membres du Comité National du R.N.J. Parfois, le président national du R.N.J., l’Abbé Bourguignon, prend le risque de quitter subrepticement la baraque 5 pour venir se joindre à eux. Ces amis érudits, unis dans la lutte contre les nazis, se donnent la contradiction. Ils s’affrontent et opposent leurs arguments avec toute leur fougue. Ils ont soin pourtant de défendre leurs convictions philosophiques et politiques tout en restant courtois, à l’écoute l’un de l’autre. Dans ces échanges : - le prêtre Bourguignon est le bouillant zélateur. - Imperturbablement tolérant et amical, le scientifique Jean Lagneau est toujours prêt à douter et n’admet que l’évidence. - Lecocq est une sorte de timide, un faux sceptique qui cache pudiquement sa générosité débordante sous une argumentation parfois caustique. - A 40 ans, le F Maç Luc Somerhausen est l’aîné, le sage. Les 3 dirigeants du R.N.J., le prêtre et les deux militants communistes qui n’ont pas 30 ans, l’apprécient comme un médiateur qui, par sa seule présence tempère et catalyse leurs divergences. L’Abbé Bourguignon et le docteur Degueldre sont tous deux de Verviers et se connaissent bien. Parfois, le Dr. quitte la table 2 pour le rejoindre à la table 3 tandis qu’avec les deux frères Cauvain et le F.T.P. Français Abel Duthois nous venons assister à la réunion à laquelle bientôt les 5 autres F M participent eux-aussi. Nous étions jeunes alors et nous avons assisté, avec toute notre soif d’apprendre à ces merveilleuses joutes oratoires entre ces divers personnages érudits. C’était pour nous une école, une sorte d’université qui allait laisser une trace profonde et, plus tard, influencer toute notre vie. Dès les premiers jours à la baraque. 6, par Joseph Berman qui sympathise avec Franz Rochat et, Jean Lagneau ami de Luc Somerhausen, nous avions fait connaissance des 5 FF qui ne nous cachent pas leur appartenance à la F Maç.Par contre, le Dr. Degueldre restera toujours très discret à ce sujet, pourtant nous étions devenus de très bons amis. Ce n’est que bien longtemps après notre retour que nous en avons eu connaissance et tout récemment j’ai appris qu’il avait été initié en 1933. A la baraque, la vie est faite de la succession d’interminables journées d’inactivité et le premier objectif est de garder le moral cette indispensable condition de survie. Une brève promenade sous surveillance étroite sera le seul moment d’interruption. L’attente est pénible, la nourriture médiocre ne peut jamais calmer la faim lancinante qui tord l’estomac de crampes douloureuses et rend fou. Réunis par petits groupes, les prisonniers s’occupent en de longues discussions autour de divers conférenciers. Les aînés organisent des cours au profit des plus jeunes, des conteurs choisissent des sujets particulièrement intéressants et divertissants. A leur table, au centre de la partie gauche de la pièce, les F Maç marquent le déroulement des débats et leurs interventions sont très appréciées tant par la pertinence de leur argumentation que par leur attitude de tolérance. Souvent aussi, ils se rapprochent et s’entretiennent discrètement en petit cercle essayant d’éviter les importuns. Parfois, l’un des jeunes se met à fredonner…« Le temps des cerises », des chants révolutionnaires et est bientôt rejoint pour des chœurs improvisés notamment pour interpréter leur version du « Chant des Marais ». Pour les chrétiens, la prière occupe une place importante. Individuelle, elle est muette ou discrète à voix basse ; collective, elle est l’occasion de neuvaines dont la litanie couvre la voix des autres prisonniers non croyants. Le dimanche matin, les fidèles se réunissent au fond du dortoir pour une messe sans cérémonie ni communion. Au même moment, profitant de leur absence, les FF s’isolent discrètement à une des tables délaissées, le Cercle fraternel y tient réunion et c’est là que, plus tard, la R L LIBERTE CHERIE sera en travaux. A la baraque 6 les participants à la messe étaient les plus nombreux, il y avait pourtant plus de trente prisonniers qui s’en abstenaient : les Fr Maç, les 12 membres du Rassemblement Nl. de la Jeunesse, les 4 ou 5 P. A., les 7 FTP.français, le chef de baraque Ephrem Van den Eede, l’unijambiste Liègeois François,… Le 22 novembre 1943, un 7ième F Maç arrive à la baraque 6 : Amédée Miclotte, âgé de 41 ans Membre de la « L Les Vrais Amis de l’Union et du Progrès Réunis » Docteur en philosophie et lettres, il est professeur à l’Athénée de Forest Chef de section lui aussi aux Services de Renseignements et d’Action Il est arrêté, pour espionnage par la Geheim Feld Polizei le 29 déc. 1942. Il n’arrivera que 11 mois plus tard à Esterwegen. Ce 7ième Franc-Maçon rend la Loge juste et parfaite. Luc Somerhausen prépare le Cercle Fraternel à devenir une Loge régulière. Les modalités de la fondation furent exposées en détail aux cours de diverses réunions préliminaires par le F Somerhausen que sa qualité de député au Gr O et de membre de la Gr Com où il exerçait les fonctions de Gr Secr Adjoint avait familiarisé avec la procédure et les règles de formation des nouvelles Loges. Les fondateurs rédigent un texte de statuts d’une grande brièveté. Ils se mettent en relation avec le dessinateur Fernand Van Horen, « Horn » du Journal Le Soir arrivé à Esterwegen le 10 octobre 1943 et lui demandent de faire un dessin symbolique exaltant l’idée de la lutte pour la liberté pendant la captivité. Les fondateurs choisissent le nom de « LIBERTE CHERIE » Ils se sont très vraisemblablement inspirés des paroles du dernier couplet de la version du « Chant des Marais » que Luc Somerhausen chante avec nous : Mais un jour dans notre vie le printemps refleurira Liberté, Liberté chérie je dirai tu es à moi. La RL LIBERTE CHERIE est donc créée dans la seconde quinzaine de novembre 1943, probablement le 1ier dimanche après l’arrivée d’Amédée Miclotte soit le 28 novembre 1943. Les membres fondateurs sont : Franz ROCHAT (Secrétaire) et Jean SUGG arrivés à Esterwegen le 21 mai 1943. Paul HANSON (Vén. Maître) et Guy HANNECART à Esterwegen le 28 mai 1943 Luc SOMERHAUSEN (1ier Surv.) et Joseph DEGUELDRE arrivés en octobre 1943 Amédée MICLOTTE (Orateur) arrivé à Esterwegen le 22 novembre 1943. Le 7 février 1944, plus de 2 mois après la création de la Loge, un 8e FM arrive : Le F Jean-Baptiste De Schrijver âgé de 50 ans Membre de la L « La Liberté » à l’Orient de Gand. Colonel Breveté de l’Etat-Major. Actif dans un groupe de la Légion Belge dirigé par le Colonel Jules Bastin et qui compte 7 officiers de carrière. Le 2 septembre 1943, il est arrêté par la Geheimfeld Polizei et emprisonné à Louvain, pour espionnage et détention d’armes. Le 20 sept. 1943, il entre à Brendonck où il restera jusqu’au 3 février 1944 Après une brève étape à Saint-Gilles, il est transféré en Allemagne et arrive à Esterwegen le 7 février 1944, soit 5 mois après son arrestation. La loge ‘Liberté Chérie’ a été créée deux mois plus tôt et J.B. de Schrijver en sera le 1er. membre adhérent. Mais la dispersion du camp commence… Déjà à partir du 12 février 1944, plusieurs centaines de prisonniers N .N. d’Esterwegen dont quelques dizaines de la bar. 6, sont transférés à Börgemoor. Nous sommes dans le contingent avec les dirigeants du R.N.J. ainsi que René Deprez et l’un des fondateurs de « Liberté Chérie », le doct. Joseph Degueldre. Nous restons à Börgermoor pendant un mois : du 12 fév.au 13 mars1944. Pendant cette période, à la bar.6 , Joseph Degueldre étant à Börgermoor, Liberté Chérie compte 6 membres fondateurs et un adhérent J.B. de Schrijver qui occupe la stalle de second surveillant. A son retour d’Allemagne en 1945, le F Somerhausen nous dit que peu avant son départ d’Esterwegen, le 22 février 1944, « il participa activement à une cérémonie qui, pour être aussi simple que clandestine, consista dans l’initiation du profane Fernand ERAUW à qui il avait été proposé de se joindre aux fondateurs et qui avait accepté en parfaite connaissance de cause. Cette cérémonie eut lieu autour d’une des tables du réfectoire selon un rituel simplifié à l’extrême mais dont chaque partie était expliquée au néophyte qui participa ensuite aux travaux de l’Atelier. Fernand ERAUW sera le seul initié de « Liberté Chérie » qui compte ainsi un neuvième membre Entre-temps, tandis qu’arrivent encore de nouveaux prisonniers N.N. venant de Belgique, des groupes de plus en plus importants quittent Esterwegen et sont transférés vers d’autres lieux de détention plus à l’intérieur de l’Allemagne. Le 22 février 1944, Luc SOMERHAUSEN quitte Esterwegen et Liberté Chérie ne compte déjà plus que 7 FF.*. dont le nouvel apprenti Fernand Erauw. Le 13 mars 1944, le Dr. DEGUELDRE revient à Esterwegen en même temps que les membres du R.N.J. Le 15 mars 1944, Jean-Baptiste De SCHRIJVER part, il sera remplacé trois jours plus tard. Le 18 mars 1944, un mois après le départ de Somerhausen, le F Henri STORY arrive à Esterwegen. Il est âgé de 46 ans Membre de la L Le Septentrion à l’Orient de Gand. Il en a été VM et est 31e. Echevin de la Ville de Gand, directeur de banque. Capitaine des Services de Renseignements et d’Action, résistant par la presse clandestine, membre du Service Socrate, du Service Zéro, du Service Luc, il entretient le contact du Front de l’Indépendance avec l’Angleterre. Il est arrêté le 20 octobre 1943 et n’arrive à Esterwegen que 5 mois plus tard. Il sera le 2nd membre adhérent de « LIBERTE CHERIE » Le 24 mars 1944, dernier arrivage de prisonniers N.N. à Esterwegen . Paul HANSON part et sera tué au bombardement de Essen le 26 mars 1944. . Le 15 avril 1944 un gros contingent de N.N. est transféré vers Buchenwald mais 2 commandos de cent prisonniers chacun sont directement détachés du convois. Franz ROCHAT et 3 des dirigeants régionaux du R.N.J. font partie du 1er. qui est détourné vers la prison d’Untermansfeld. Dans le 2nd commando, le Docteur DEGUELDRE et 4 autres jeunes du R.N.J. : Joseph BERMAN, Marcel et Marius CAUVAIN et moi-même. Nous arrivons à la prison d’Ichtershausen où nous resterons jusqu’en avril 1945. Les 4 Mousquetaires (en 1994) de gauche à droite : Joseph Berman, Marcel Cauvain, Marius Cauvain, Franz Bridoux Le 17 avril 1944, Fernand Erauw quitte Esterwegen. Le 31 mai 1944, les 3 derniers membres de la L.LIBERTE CHERIE : Jean SUGG , Guy HANNECART et Henri STORY partent en même temps que les derniers « Nacht und Nebel » d’Esterwegen. Au printemps 1944, lors de cette dispersion, nos FF sont, hélas, au bout du rouleau… Leurs parcours se différencient mais presque tous s’acheminent inéluctablement vers un même aboutissement. - Le 26 mars 1944, Paul HANSON est tué dans un bombardement à ESSEN à 55 ans Il était l’aîné de la L LIBERTE CHERIE. - Le 5 décembre 1944, Henri STORY meurt à Gross-Rosen à 47 ans. - Le 6 janvier 1945, Franz ROCHAT meurt à Untermasfeld à 37 ans. - Le 8 février 1945, Amédée MICLOTTE meurt à Gross-Rosen à 42 ans. - Le 9 février 1945, Jean-Baptiste DE SCHRIJVER meurt à Gross-Rosen à 51 ans. - Le 25 février 1945, Guy HANNECART meurt à Bergen-Belsen à 41 ans. - Le 6 mai 1945, Jean SUGG meurt à Buchenwald à 48 ans, alors que le camp vient d’être libéré par les armées alliées. Deux jours plus tard, le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule… Les « survivants »… Des membres de LIBERTE CHERIE ont survécus et sont revenus en Belgique en mai 1945. Après Esterwegen, Luc Somerhausen et Fernand Erauw se retrouvent à Sachsenhausen, à la fin d’un parcours atroce. Fin avril, début mai 1945, ils sont évacués dans une « marche de la mort » qui conduit les survivants dans les bois de Crivitz. Ils y sont abandonnés par les S.S. dans la nuit du 3 au 4 mai 1945 et recueillis par les soldats soviétiques dans la matinée du 4 mai. Ils quittent ceux-ci pour rejoindre les troupes alliées. Le 20 mai, ils sont pris en charge par une mission de la Croix-Rouge et, rapatriés à Bruxelles le 21 mai 1945. Tous 2 sont mal en point: Fernand Erauw malgré son mètre 84, pèse 32 kg. Quant à Luc Somerhausen un rapport médical signale : « nervosisme, amaigrissement, tachycardie, point pleurétique, scorbut, double perforation du tympan, diminution de l’acuité visuelle et de la mémoire ». Il sera hospitalisé et la guérison tardant il fait un long séjour à Chamonix. En août 1945, Luc Somerhausen révèlera l’existence de Liberté Chérie en demandant sa reconnaissance par le Grand Orient de Belgique. Contrairement à ce que l’on a affirmé antérieurement il n’y eut pas deux survivants de la Loge d’Esterwegen mais TROIS. Le 3ème, le Doct. Joseph Degueldre ne s’est manifesté qu’après 1975 pour affirmer avoir participé à la création de la Loge Liberté Chérie. Après Esterwegen, le docteur Joseph Degueldre est resté avec nous, dans le commando de 100 à la prison d’Ichtershausen en Thuringe jusqu’en avril 1945. Le 30 mars 1945, le commando de la prison d’Ichtershausen est transféré par train vers la prison de Wolfenbuttel. C’est dans cette prison que l’on exécute les prisonniers par décapitation. Après une quinzaine de km, à la gare d’Erfurt qui a été bombardée la veille, notre train est bloqué à quai juste à côté d’un convoi militaire armé. Enfermés dans notre wagon nous sommes aux premières loges pour subir un nouveau bombardement intense le soir et tandis que des wagons volent en éclats sur les quais voisins, à part quelques débris de vitres le nôtre reste intact. Entre deux alertes les gardiens nous font descendre dans un abri souterrain à côté de militaires en débandade et de civils allemands complètement paniqués. Le lendemain les voies de chemin de fer étant détruites, nous quittons la ville d’Erfurth complètement en ruine et rentrons à pied à Ichtershausen. Le 7 avril, nous en repartons en convoi dans une « marche de la mort » vers les montagnes de Tchécoslovaquie Le 9 avril, notre commando est réquisitionné par les autorités locales de la ville de Pössneck qui a été bombardée la veille. Nous sommes affectés au déminage des bombes non explosées. Le 11 avril, nous nous évadons à 11 avec le Dr. Degueldre Mr. Senge Un fermier allemand, va nous sauver en prenant le risque incroyable de nous cacher et de nous héberger tous les 11 jusqu’à l’arrivée des troupes américaines le 15 avril 1945. Nous apprendrons plus tard que ce fermier est en réalité un professeur du secondaire révoqué pour n’avoir pas voulu adhérer au Parti Nazi et qui, depuis, fait partie d’une organisation de résistance au nazisme... En 1955 les évadés de Pössneck se retrouveront pour fêter Mr. Senge. Le 7 mai 1945, le Dr. DEGUELDRE est rapatrié avec nous par avion militaire. Lorsque nous arrivons à Bruxelles, le tocsin sonne dans les églises. Le lendemain, l’Allemagne capitule… Le docteur Joseph DEGUELDRE est décédé le 19 avril 1981 à 77 ans, Luc SOMERHAUSEN le 5 avril 1982 à 79 ans et Fernand ERAUW le 8 avril 1997 à 83 ans. Nous étions 12 membres du Rassemblement National de la Jeunesse à la baraque 6 à Esterwegen. En 1944, 6 ont été condamnés par le Volksgericht et décapités à la hache : Aimé Verneirt, Jean Lagneau, Victor Lecocq, Roger Devuyst, Maurice Orcher et Alfred Steux. Un septième, Simon Goldberg a été pendu sans jugement parce que juif. Cinq sont revenus en 1945 : Jean Carlens est décédé en 2005, Joseph Berman est décédé en 1996. Nous sommes encore 3 en vie actuellement : Marius Cauvain à Boussu Marcel Cauvain à Saint Ghislain et moi-même à Rixensart. Mémorial sur le parvis de la RL Hiram à laquelle appartenait le Juge Paul Hanson VM de la RL Liberté Chérie Ainsi, au printemps 1943, 4 FF-Maç se sont retrouvés au camp de concentration « nazi » d’Esterwegen. Mémorial à la gloire de la RL Liberté Chérie Malgré leurs souffrances, malgré leur santé délabrée, malgré les pires sévices, malgré les dangers permanents, ils ont le courage de se réunir en un « Cercle Fraternel » dans lequel ils reprennent leur travail maçonnique. D’autres FF les rejoignent et, dès que les conditions requises sont réunies, ils créent une « Loge juste et parfaite ». Comme les « Soldats de la Tourbe » en lui donnant le nom de ’Liberté Chérie’, ils lancent un vibrant cri d’espoir, mais aussi un cinglant défi aux nazis destructeurs impitoyables de toute humanité et de toute velléité de liberté à ceux qui ne partagent pas leurs convictions. C’est un message exemplaire adressé à tous. PLUS JAMAIS CA !!! Désormais, nul n’en ignore, il faut écraser la « bête immonde » et rester vigilant ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, pour éviter sa renaissance. Avec FORCE refusons toute intolérance Avec SAGESSE affirmons que la LIBERTE n’a de sens Que dans l’EGALITE et la FRATERNITE Oeuvrons ainsi à la BEAUTE du Temple de l’Humanité Suivons la trace de nos F de ‘LIBERTE CHERIE’ Et levons bien haut le ‘Flambeau’ qu’ils ont si fièrement dressé. J’ai dit V M F.B. (RL A P) 18 Février 2009 RL La Bonne Amitié n°2 Léopold De Hulster - NAMUR 6 Juin 2009 RL Le Maillon (Place Simonis) - BRUXELLES 10 Juin 2009 RL La Ligne Equitable (G.L) - MONS. 5 Octobre 2009 "Amis du Commerce et la Persévérance Réuni" - ANTWERPEN NOTE - Première intervention : Tenue des AP le 7/1/2002 - Première présentation de ma pl : Tenue des AP du 26/5/2003 - Deuxième intervention : Tenue de la L Franchise et Sérénité à Namur le 4/9/2003 - Deuxième présentation de ma pl (écourtée) Tenue mixte inter-obédientielle devant les Loges du mercredi rue du Persil (St.Jean d'Ecosse - Hermès - La Butte aux Cailles) 3°- Union et Charité Georges Pirson (Morlanwelz-La Louvière) 15/11/2003 4°- Maison de la Laïcité Charleroi 04/02/2004 5°- Imagine Bruxelles (Persil) 20/04/2004 6°- Hiram Liège 28/04/2004 7°- La Voûte Etoilée Huy 24/09/2004 8°- Sagesse et Raison Loupoigne 29/09/2004 9°- Amitié-Charité Sambre et Lumière (Onoz) 01/10/2004 10°- Tolérance et Liberté Verviers 17/01/2005 11°- Le Juste Milieu, Action et Progrès et ACSO 80 (rue du Persil) 13/05/2005 12°- La Nouvelle Alliance G.L Waterloo 15/06/2005 13°- Les Amis Philanthropes N°2 Oméga Bruxelles 04/10/2005 14°- La Truelle (D.'.H.'.) Ath 15/12/2005 15°-C.A.L. Rixensart 08/02/2006 16°- U.P. Bruxelles 21/03/2006 17°- La Parfaite Intelligence et l'Etoile Réunies Liège 26/01/2007 18°- Action et Solidarité n°1 15/09/2008 19°- La Bonne Amitié Léopold De Huslster Namur 18/02/2009 20°- Le Franc Maillon n°1 Bruxelles TBO 06/06/2009 21 °- La Ligne Equitable Mons 10/06/2009 En projet... Les Amis du Commerce et la Persévérance Réunis à Antwerpen 05/10/2009 A chacune des tenues où j'ai présenté cette planche le nombre de participants a été spécialement important (par rapport aux taux de fréquentations habituels) et les FF et les SS qui décoraient les col ont été particulièrement intéressés et m'ont fait part de leur émotion. Certains se sont déplacés jusqu'à trois fois à différentes tenues pour m'entendre et me réentendre, me poser des questions parfois à propos d'un grand-père ou d'un père, d'un ami que j'ai connu et dont j'avais cité le nom ou que j'aurais pu connaître à Esterwegen. Dans la suite, un certain nombre de communications téléphoniques de FF et de SS des différentes obédiences, pour demandes d'informations m'ont étonné ; entre autres celles d'un F, qui participe aux travaux de la GL en Flandre et alternativement à ceux d'ateliers de Ste Maxime sur la Côte d'Azur, et qui a l'intention de présenter une pl sur le sujet aux FF Français. J'ai reçu également des coups de fil de Luxembourg, de Lausanne d'un F qui se déplace ensuite pour me rendre visite en vue d'obtenir un maximum d'information afin de présenter une pl qui a été fort appréciée le 12 avril 2005, à la RL Le Progrès à l'Or de Lausanne. Plus tard encore c'est un Fr.'. Belge installé à Montpellier qui prend contact, vient me rencontrer chez moi pour s'informer et présente ensuite une planche à Montpellier, à Lille et à Bruxelles. J'ai également été contacté par "L'Ordre de Lyon" et L'Orient de Bordeaux. L'édition de la plaquette publiée par les A P est épuisée ainsi que celle du G.O.B. qui envisage une 3ème édition. Un éditeur qui m'a aussi demandé d'écrire mon autobiographie qu'il voudrait publier et diffuser largement dans les pays francophones et éventuellement en traductions !!!